#MeToo : des règles pour encadrer les scènes de sexe

Le principal syndicat d’acteurs d’Hollywood vient de publier une liste de missions précises pour les coordinatrices d'intimité.

Si certains ont choisi de silencier les victimes de #MeToo (coucou les César), le mouvement fait indéniablement bouger des lignes.

Depuis peu, on entend parler d’un tout nouveau métier du cinéma : la coordinatrice d’intimité. Majoritairement féminine, cette profession s’exerçait initialement dans le monde du théâtre pour aider les metteurs en scène à chorégraphier les scènes dénudées pendant les répétitions. Si Intimacy Directors International, la première agence de coordination d’intimité a été fondée en 2016, la présence de cette profession sur les plateaux ne s’est pas imposée immédiatement.

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Puis #MeToo est arrivé et la profession s’est peu à peu démocratisée. C’est HBO, network pionnier dans l’épanouissement du sexe à l’écran, qui a été le premier à annoncer que des coordinatrices d’intimité seraient systématiquement embauchées sur les plateaux de toutes ses productions comprenant des scènes sexuelles.

Leur mission est claire : encadrer les scènes de sexe afin que les acteurs et les actrices se sentent à l’aise sur le plateau, n’aient pas à dépasser leurs limites et ne soient en aucun cas contraints de faire des choses qu’ils ne souhaitent pas. Cependant, les contours exacts de cette fonction n’étaient pas ou peu délimités.

Un protocole précis pour les coordinatrices d’intimité

La Screen Actors Guild-American Federation of Television and Radio Artists (SAG-AFTRA), le principal syndicat d’acteurs d’Hollywood, fort de 160 000 adhérents, a décidé d’envoyer un message fort à l’industrie en publiant un protocole clair et disponible sur son site afin d’encadrer au mieux cette fonction.

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Ce document détaille l’expérience et l’expertise requises pour exercer cette fonction, comme du coaching de mouvement et de techniques de dissimulation ou encore une assistance en cas de traumatisme.

Une liste de missions précises et exhaustives pendant la phase de pré-production, de tournage et de post-production vient compléter le document. Il est ainsi stipulé que les coordinatrices d’intimité devront organiser des réunions en amont de la production afin d’établir le degré exact de nudité et le nombre de scènes de sexe simulées présentes dans le scénario. Des rencontres individuelles avec les acteurs devront ensuite avoir lieu pour s’assurer de leur consentement. 

Sur le tournage, elles devront s’assurer que des barrières physiques sont bien mises en place et que les acteurs portent des vêtements de protection durant les scènes de sexe. Elles devront assister le réalisateur afin de chorégraphier au mieux ces moments délicats sans entraver la sécurité des comédiens.

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Enfin, en post-production, il leur faudra s’assurer que le montage final respecte les obligations contractuelles établies tout en se tenant à la disposition des comédiens une fois le tournage terminé.

En encadrant la profession de coordinatrice d’intimité, la SAG-AFTRA prouve qu’elle prend le sujet au sérieux et envoie un message fort à l’industrie. Si le monde des séries semble s’être emparé du sujet, espérons qu’il en soit rapidement de même pour le cinéma.

Par Manon Marcillat, publié le 31/01/2020