Le vrai Loup de Wall Street se serait fait arnaquer par le producteur du film

L'arnaqueur arnaqué.

Après l’arroseur arrosé, l’arnaqueur arnaqué. Dans la vraie vie, le trader Jordan Belfort, dont la vie a été mise en scène par Martin Scorsese dans Le Loup de Wall Street a été victime d’un complot par des producteurs, qui ont apparemment confondu la réalité et la fiction rapporte Variety. 

Jordan Belfort a porté plainte pour fraude contre Granite Pictures et son PDG Riza Aziz, le producteur du film à qui il a vendu les droits de son livre racontant son histoire. Ce dernier a toujours clamé qu’il ignorait que le film avait été financé avec des millions de dollars volés au gouvernement malaisien. 

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Selon les chefs d’accusation, sa société de production aurait reçu 248,17 millions de dollars en 2011 et 2012 issus du fonds d’investissement Malaysia Development Berhad (1MDB). Si au départ, ce fonds est destiné au développement économique de la Malaisie, il désigne rapidement l’un des plus gros scandales financiers. 

Tout commence en 2009. Najib Razak, le Premier ministre malaisien, créé le fameux fonds d’investissement 1Malaysia Development Berhad. Au total, 3,5 milliards de dollars (environ 3,17 milliards d’euros), issus de fonds publics, ont été détournés par le Premier ministre à des fins douteuses. Cette vaste affaire de corruption s’est étendue au monde entier, avant d’être mise au jour en 2015 par plusieurs grands journaux, dont le Wall Street Journal.

Des enquêtes ont été ouvertes dans les pays touchés, notamment aux États-Unis où le ministère de la Justice a lancé une procédure pour récupérer plus d’un milliard d’euros d’actifs illégalement acquis. Dans cette affaire, la justice s’est particulièrement intéressée aux liens entre Riza Aziz et l’homme d’affaires malaisien Jho Low qui serait responsable de la disparition de 700 millions de dollars de 1MDB, d’après Le Temps. 

En juillet 2019, Riza Aziz a été mis en examen, accusé de blanchiment. Il a plaidé non coupable de cinq chefs d’accusation de blanchiment d’argent au cours d’une audition devant un tribunal de Kuala Lumpur avant d’être libéré contre une caution d’un million de ringgits (250.000 dollars) rapporte BFMTV.

Aujourd’hui, Jordan Belfort a décidé de revenir à la charge en accusant le producteur de lui avoir menti sur la légalité des financements. Selon lui, cet argent sale, lié à ce scandale financier largement médiatisé, a ralenti ses affaires. "S’il avait su, il n’aurait certainement jamais vendu les droits" peut-on lire dans le procès que s’est procuré Variety. 

Par Lucille Bion, publié le 24/01/2020