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L’hyperactif Takeshi Kitano fait l’objet d’un documentaire génial sur Arte

Publié le

par Paul Bled

Citizen Kitano, le docu d’Yves Montmayeur, dresse le portrait du talentueux réalisateur, acteur et homme de spectacle.

Takeshi Kitano, personnage intrigant, maître absolu du septième art au Japon et créateur véritablement insatiable est mis en avant dans un documentaire sur Arte, disponible depuis le 24 mars. Une bonne manière de se familiariser avec cet ovni de la culture cinématographique nippone.

La chaîne franco-allemande nous gratifie d’un reportage sur la carrière de l’illustre réalisateur, acteur, humoriste et peintre Takeshi Kitano, en nous exposant ses talents aussi divers que complets.

Le réalisateur du documentaire a entre autres, et ce n’est pas rien, écrit le scénario d’Amour, le chef-d’œuvre de Michael Haneke, avant de développer un intérêt croissant pour le cinéma asiatique, et plus particulièrement pour l’œuvre du réalisateur qu’il a décidé de mettre en exergue.

L’enfance de Takeshi Kitano à Tokyo, plutôt démunie et compliquée à la vue de ses rapports avec sa famille, a fait grandir en lui des sentiments antisystèmes. Assez rebelle, comme l’illustre son attrait pour les Yakuzas, Takeshi a rapidement su transformer tous ces éléments pouvant avoir une connotation négative en une créativité qui, au fur et à mesure, s’est montrée sans limites.

Pendant sa carrière, le cinéaste a puisé dans deux aspects de sa personnalité. D’un côté, celle du cinéaste déjanté Takeshi Kitano connu dans le monde occidental pour les remarquables, Aniki, mon frère, Hana-bi, L’Été de Kikujiro. De l’autre, une facette plus reconnue dans son pays, celle de son alter ego médiatique Beat Takeshi, qui se met en scène dans des émissions de divertissement japonais comme Takeshi’s Castle et est aussi concepteur de jeux vidéo absurdes et même chanteur.

Suite à un grave accident de moto en 1994, il commence à s’exercer à la peinture et à la poésie, allant même jusqu’à explorer un aspect plasticien de son travail. Ce dernier avait d'ailleurs présenté en janvier 2010 une exposition à la Fondation Cartier pour l'art contemporain à Paris.

La raison de cet accident reste encore mystérieuse mais cet obstacle a décuplé sa détermination et sa soif de production. Une vie à l’image de son œuvre : riche, complexe et hors catégorie.