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"Les temps changent" : à Saint-Sébastien, le discours fort de Jessica Chastain

Publié le

par Louis Lepron

"Les femmes ont été traitées injustement de trop nombreuses fois."

La façon dont les médias et l’industrie du cinéma traitent les femmes s’est considérablement améliorée, a estimé vendredi l’actrice américaine Jessica Chastain, invitée du festival de cinéma de Saint-Sébastien en Espagne.

"Les temps changent. Nous sommes en train de vivre une époque, surtout aux États-Unis, où nous réexaminons la façon dont les femmes ont été traitées par les médias", a déclaré l’actrice lors d’une conférence de presse. "Les femmes ont été traitées injustement de trop nombreuses fois, car on s’est toujours intéressé à leur apparence, à leur pouvoir de séduction, jamais à ce qu’elles faisaient ou disaient", a-t-elle ajouté.

Jessica Chastain, présente à Saint-Sébastien (Nord) pour la promotion du film Dans les yeux de Tammy Faye, a notamment salué les récents documentaires ou séries évoquant avec un œil neuf la vie de la chanteuse Britney Spears ou l’affaire Monica Lewinsky, l’ex-stagiaire de la Maison-Blanche qui avait eu une relation avec le président Bill Clinton.

Pour l’actrice, les femmes prennent désormais une place de plus en plus importante dans l’industrie cinématographique. "Cela fait dix ans que je suis dans le métier et je peux vous assurer qu’il y a une différence énorme", a-t-elle poursuivi, saluant le fait que les plus grandes récompenses aux Oscars, aux festivals de Sundance, Cannes et Venise, "soient allées à des réalisatrices" cette année.

Dans son dernier film, l’actrice deux fois nommée aux Oscars interprète la télé-évangéliste Tammy Faye Bakker, personnalité américaine contestée qui a souvent été parodiée dans des émissions de télévision aux États-Unis. Elle a dit s’être "sentie coupable de l’avoir jugée" sur la base de ces parodies "éloignées de sa véritable histoire".

Tammy Faye "n’a jamais cessé d’offrir amour et pardon et a toujours été fidèle à ce qu’elle prêchait", a poursuivi l’actrice, jugeant ce rôle "techniquement difficile" car elle a dû chanter et utiliser un ton de voix très aigu.

Les femmes raflent tout à Saint-Sébastien

Dans la foulée de ce discours, le festival de cinéma de Saint-Sébastien a décerné sa plus haute récompense à une réalisatrice, la Roumaine Alina Grigore, sacrée pour son premier long-métrage à l’issue d’une 69e édition au cours de laquelle les femmes ont tout raflé.

Le jury de cette 69e édition, présidé par la réalisatrice géorgienne Dea Kulumbegashvili, a remis le prix de la Meilleure réalisation (la Coquille d’argent) à la Danoise Tea Lindeburg pour As in Heaven, un film qui dépeint la vie au Danemark au XIXe siècle à travers le regard de trois femmes : Lise, âgée de 14 ans, sa tante et sa grand-mère.

L’actrice principale de ce long-métrage, la Danoise Flora Ofelia Hofmann Lindahl, a quant à elle obtenu le prix de la Meilleure interprétation, ex aequo avec l’actrice américaine Jessica Chastain. Cette récompense était pour la première fois cette année mixte, pour ne pas faire de différences entre hommes et femmes, à l’instar de la Berlinale, le premier grand festival de cinéma à décerner cette année un prix d’interprétation "non-genré".

Considéré comme un tremplin pour le cinéma latino-américain en Europe, le festival a distingué une réalisatrice mexicano-salvadorienne, Tatiana Huezo, pour Noche de fuego. Le film, déjà remarqué à Cannes en juillet dans la section Un certain regard et récompensé d’une mention spéciale, se déroule dans une zone rurale du sud du Mexique où les femmes, mères et filles, vivent dans la peur des enlèvements.

Konbini avec AFP

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