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Les salles de ciné vont rouvrir le 19 mai et voilà comment ça va se passer

Publié le

par Louis Lepron

(© Sony Pictures)

Après des mois de fermeture, le septième art va respirer.

Deux cents jours qu’ils l’attendaient : le monde de la culture salue la réouverture progressive des salles de spectacles et d’exposition, mais pointe les nombreuses incertitudes qui demeurent. "C’est un soulagement, et un choc d’adrénaline !", s’exclame Cédric Aubry, un exploitant de salles obscures qui a posé en décembre la dernière pierre d’un cinéma flambant neuf à Bar-le-Duc (Meuse).

Il n’a depuis qu’une hâte : lever le rideau, et comme pour des milliers d’autres lieux culturels en France, fermés depuis fin octobre, ce sera chose faite mercredi 19 mai. Signe que cette annonce était très attendue, certains ont d’emblée annoncé leurs retrouvailles avec le public : le réalisateur Quentin Dupieux sortira dès le 19 mai sa dernière comédie absurde, Mandibules, quand la Collection Pinault a fixé au samedi 22 l’ouverture de son nouveau musée, à la Bourse du Commerce, au cœur de Paris.

"Nous sommes très heureux de rouvrir, c’est un événement très attendu par les spectateurs et les professionnels. Enfin, la France retrouve sa culture !", se réjouit le délégué général de la Fédération nationale des cinémas français (FNCF), Marc-Olivier Sebbag.

Comme les autres professionnels, il s’attend à voir mis en place des jauges successives de 35 %, 65 % puis 100 % de spectateurs, entre le 19 mai et la fin juin. Pas de quoi doucher son optimisme : "Les établissements étaient aidés [financièrement] à être fermés, ils seront aidés à ouvrir. Il faut prendre en compte la situation sanitaire, aujourd’hui tout le monde peut comprendre que le gouvernement avance pas à pas. On est très heureux qu’il avance", argumente-t-il.

Même soulagement du côté de certains lieux d’exposition, le président de Culturespaces (Atelier des Lumières et musée Jacquemart-André) saluant même une "divine surprise". "Comme tous les musées français, nous sommes prêts pour toutes les jauges, pour toutes les conditions. Et nous sommes surtout prêts pour restaurer le lien entre l’individu et l’art", a abondé Marianne Mathieu, la dirigeante du musée Marmottan Monet.

Attente de précisions

Mais entre incertitudes sur les jauges et craintes d’une reprise différenciée en fonction de la situation épidémique, tous ne sont pas aussi enthousiastes. Interrogé par l’AFP sur les conditions de la reprise, le ministère de la Culture n’a pas donné suite. À noter que le gouvernement a bien précisé que dans les départements où les taux d’incidence seraient trop élevés, c’est-à-dire supérieurs à 400 cas pour 100 000 habitants, les réouvertures pourront être bloquées. Aujourd’hui 30 avril, huit départements sont dans cette situation : les Bouches-du-Rhône, l’Oise, Paris, la Seine-et-Marne, l’Essonne, la Seine-Saint-Denis, le Val-de-Marne et le Val-d’Oise.

Côté festivals, le Printemps de Bourges n’a pas souhaité communiquer dans l’immédiat, expliquant attendre des "précisions", notamment sur les questions de jauge et de passe sanitaire. Interrogés par l’AFP, de grands musées publics ont préféré également attendre d’en savoir plus pour réagir publiquement.

Et comme les discothèques, les concerts debout, interdits depuis plus d’un an, dès le premier confinement, n’ont toujours pas de perspective, regrette Aurélie Hannedouche du Syndicat des musiques actuelles. Le plan de réouverture "ne correspond pas à ce qui nous avait été annoncé", regrette-t-elle.

Les jauges envisagées rendent une reprise des concerts assis "irréaliste" selon elle, d’autant que "personne n’est prêt" : "On ne rouvre pas une salle de spectacle comme ça, il faut faire une programmation, mettre en vente, il y a tout une logistique…" Le théâtre également est partagé : "C’est émouvant parce qu’on se dit enfin, on a des perspectives", veut souligner Jean-Marc Dumontet, à la tête de plusieurs scènes parisiennes.

"C’est de toutes les façons un cap, un déclic, un déclenchement dont on avait besoin, c’est le début de quelque chose de fort car on a vraiment hâte de rejouer, de retrouver le public, de créer des spectacles", ajoute-t-il, sans certitude toutefois d’être en mesure d’ouvrir dès le 19 mai.

"On n’a rien d’officiel", en ce qui concerne les conditions de la réouverture, s’indigne à l’inverse Benoît Lavigne, directeur général du théâtre Lucernaire et directeur du théâtre de l’Œuvre, à Paris.

Financièrement, "ouvrir […], c’est vous mettre en plus grande difficulté qu’aujourd’hui", souligne-t-il. "On a encore une circulation du virus qui est très forte et en termes de vaccination, on est encore très loin d’une vaccination d’une grande majorité de nos publics ; et surtout les artistes et les compagnies ne veulent pas y aller dans ces conditions".

Konbini avec AFP

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