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Le sanglant The House that Jack Built est dispo gratuitement sur Arte

Publié le

par Lucille Bion

On vous prévient : ce film n'est pas pour tout le monde.

Présenté en hors compétition au Festival de Cannes en 2018, The House that Jack Built a marqué le retour de Lars von Trier, l'enfant terrible du cinéma, dans le plus bel endroit où on le célèbre. Pendant la projection, de nombreux sièges ont claqué, bientôt suivis de tweets incendiaires déplorant la violence insoutenable du film.

Encore faut-il rappeler que sept ans plus tôt, lorsque le réalisateur présentait son Melancholia à la Croisette, il avait tenu des propos antisémites, s’enlisant dans des plaisanteries autour de la question juive. Malgré son statut de persona non grata, le film était reparti avec une distinction, à savoir un Prix d'interprétation pour Kirsten Dunst. Lars von Trier s'est donc imposé comme la personne que l'industrie adore critiquer. 

Le tableau de l'enfer

Divisé en cinq chapitres, le film considéré comme "choc" dépeint avec horreur les confidences de Jack, terrifiant tueur en série, sur une période de douze ans. Sa première victime ? Uma Thurman dont la voiture vient de tomber en panne. Son visage d'ange déboussolé par ses incompétences en mécanique finit défiguré par un coup de cric. 

Outre les escalades de morts empilés dans une chambre froide – on vous aura prévenus –, la mise en scène intègre des images d'archives de bâtiments historiques, connectant les crimes de Jack à son appétence pour l'art. Car derrière ses impulsions morbides incontrôlables, notre héros est un architecte raté qui rêve de pouvoir construire sa maison. 

Derrière les lunettes de Jack, Matt Dillon incarne un être maniaque et solitaire après son retour des enfers, de La Coccinelle revient à Braquage à l'ancienne. Réhabilité dans un rôle glaçant, l'acteur se voit confier par Lars von Trier la lourde tâche de camper un tueur en pleines digressions, à la limite de la misogynie.

Plus philosophique qu'il n'y paraît, ce tableau du Mal dépeint les inquiétudes du sadisme. Il faut dire que dès 2014, le cinéaste avait prévu de faire de l’enfer son prochain sujet de film. C'est pourquoi il déroule The House that Jack Built avec un point de vue subjectif, introduisant le personnage de Verge, qui fait référence à Virgile guidant Dante à travers les enfers de la Divine Comédie.

Le film est disponible jusqu'au mercredi 11 novembre sur la plateforme d'Arte, de quoi occuper votre jour férié.

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