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Lars von Trier est de retour avec le teaser sanglant de The House that Jack Built

Publié le

par Arthur Cios

(© Les films du losange)

Vraiment sanglant.

Lars von Trier vs Festival de Cannes, épisode 16 : la douce réconciliation. Sept ans après être devenu persona non grata au festoche, de manière assez légitime, voilà que le sulfureux réalisateur danois, que l’on n’avait pas revu depuis 2014 et la deuxième partie de Nymphomaniac, viendra contre toute attente présenter son nouveau long-métrage sur la Croisette. Hors compétition, certes, mais c’est déjà un grand pas.

Pour fêter ça, le cinéaste a dévoilé un premier teaser assez timide du projet en question : The House that Jack Built. On y suivra Jack, un serial killer campé par Matt Dillon, sur 12 années de sa vie à travers toute une série de meurtres, perpétrés notamment dans les années 1970 à Washington. Un récit raconté du point de vue du tueur en série, alors que la police se rapproche dangereusement de lui. Le film n’a pas de date de sortie pour l’instant — il faudra probablement attendre la fin du Festival de Cannes pour que cette dernière soit communiquée.

Pour rappel, Lars Von Trier n’était plus le bienvenu au Festival de Cannes depuis des propos tenus en 2011 lors d’une conférence de presse, lorsqu’il avait répondu à une question sur son rapport à l’esthétique nazie. On vous retranscrit tout ici, car on n’a surtout retenu qu’un bout de phrase, alors que toute la déclaration est hallucinante :

"J’ai longtemps cru que j’étais juif. J’étais très heureux d’être juif. […] Puis il s’est avéré que je n’étais pas juif. […] Je voulais vraiment être un juif, puis j’ai découvert que j’étais un nazi, parce que ma famille était allemande, "Hartmann", ce qui m’a aussi fait plaisir. Qu’est-ce que je peux dire ? Je comprends Hitler. Mais je pense qu’il a fait des mauvaises choses, oui, absolument, mais je peux le voir assis dans son bunker à la fin. […]

Je crois que je comprends l’homme. Il n’est pas ce que vous appelez une bonne personne mais je le comprends vraiment, et je sympathise avec lui un petit peu, oui. Mais je ne suis pas pour la Seconde Guerre mondiale, et je ne suis pas contre les juifs. […] Je suis vraiment pour les juifs — non, pas tant que ça, parce qu’Israël fait chier, mais bon… Comment se sortir de cette phrase ?

Non, ce que je veux dire, à propos de l’art, c’est que je suis très porté sur Speer [Albert Speer était un architecte allemand qui fut ministre du Troisième Reich, ndlr]. J’aimais Speer. Il n’était peut-être pas un des meilleurs enfants de Dieu, mais il avait du talent qu’il pouvait utiliser pendant… OK, je suis un nazi."

Une séquence gênante, qui restera dans les annales du festival — même si l’époque où l’on pensait ne jamais revoir le Danois sur la Croisette semble désormais révolue.

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