À New York, des policiers placés dans des salles pour la projection du Joker

Une initiative très sérieuse (et flippante).

Police en civil dans les salles de projections, armée prête à intervenir, salles de projection qui mettent en garde les parents : la sortie du nouveau film de Todd Philipps crée des remous impressionnants outre-Atlantique, entre hystérie collective et peur d'un long-métrage interdit aux moins de 17 ans. 

Alors qu’Indiewire publiait une liste des cinémas qui présenteraient le Joker en 70 et 35 mm, Alamo Draft House – une chaîne de cinéma réputée pour son règlement strict sur les conditions de visionnage  – a averti les adultes, mardi 1er octobre, que le film évènement de Todd Philipps était inapproprié pour les enfants, comme le rapporte CNET :

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"Avertissement aux parents (ce n’est pas une blague). Joker est R-Rated et pour une bonne raison. Il y a beaucoup de mots difficiles, de la violence très brutale, et par-dessus tout, de mauvaises vibes.

C’est un portrait à la Taxi Driver, graveleux, sombre et réaliste d’un homme qui sombre dans la folie. Ce n’est pas pour les enfants et ils ne l’aimeront pas, de toute façon. Ce n’est pas Batman." 

Joaquin Phoenix incarne Arthur Fleck, un comédien raté et un homme mentalement dérangé qui voit sa maladie évoluer à la suite d’une succession d’évènements tragiques. Ses multiples échecs et les humiliations qu’il subit lui font renoncer à son humanité : il finit par hanter les ruelles de Gotham City et se métamorphose en criminel.

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Des applaudissements à la Mostra aux interviews piquantes

Si beaucoup de critiques considèrent que le film est "un chef-d’œuvre", qui a fait couler beaucoup d’encre à la suite de sa première mondiale à la Mostra de Venise, quelques journalistes avaient cependant émis des réserves, en soulignant la violence du personnage, n’hésitant pas à rapprocher le Joker d’Alex, dans l’Orange mécanique de Stanley Kubrick, qui inspire davantage de sympathie que de répulsion. 

Aujourd’hui, à quelques jours de la sortie en salles, cet aspect violent semble prendre le dessus sur l’histoire et déterminer la promotion du film. 

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Il y a d’abord eu la "question déplacée" du journaliste Robbie Collin du Telegraph : "N’êtes-vous pas inquiet d’inspirer la violence avec ce film ?", qui a (beaucoup) énervé Joaquin Phoenix, à tel point qu’il a laissé le journaliste en plan ; une anecdote qui a fait le tour du monde. Récemment, Jimmy Kimmel a également provoqué Joaquin Phoenix en montrant à son public, sous les yeux de son invité, comment l’acteur insultait son directeur de la photographie

Phobie américaine de la violence civile

On a ensuite eu droit aux inquiétudes de la police américaine qui craint une nouvelle fusillade, après celle d’Aurora qui s’est déroulée dans la nuit du 19 au 20 juillet 2012, après la projection de Batman : The Dark Knight Rises de Christopher Nolan. Cette tuerie de masse, qui fit 12 morts et 70 autres blessés, a encouragé les militaires et la NYPD (New York City Police Department) à prendre des mesures.

Comme l’explique The Playlist, l’armée américaine a demandé à ses soldats d’être à l’affût du moindre débordement lors du premier week-end d’ouverture, dès ce vendredi. De leur côté, la NYPD (New York City Police Department) a affirmé qu’ils placeraient des policiers en civil dans les salles de projections "au cas où il faudrait apaiser rapidement" une situation, comme on peut le lire dans les colonnes de Deadline.

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Joker sortira mercredi 9 octobre en France et, on vous rassure, les soldats et la police vous laisseront tranquillement regarder le film. 

Par Lucille Bion, publié le 03/10/2019

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