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Johnny Depp, décrit en mari violent par le Sun, perd son procès en diffamation

Publié le

par Louis Lepron

C'est officiel.

L’acteur américain Johnny Depp a perdu son procès en diffamation contre le tabloïd britannique The Sun, qui l’avait dépeint en "mari violent" à l’égard de son ex-femme Amber Heard. La société éditrice du quotidien, News Group Newspapers (NGN), a montré que ce qu’elle avait publié était "substantiellement vrai", c’est pourquoi "le requérant n’a pas gagné son action" en diffamation, a indiqué le juge Andrew Nicol dans son jugement publié lundi par la Haute Cour de Londres.

En attaquant en diffamation la société éditrice du quotidien, News Group Newspapers (NGN), l’acteur d’Edward aux mains d’argent et Pirate des Caraïbes entendait laver son honneur. Mais les trois semaines de procès en juillet à la Haute Cour de Londres, souvent en présence du comédien et de son ex-femme Amber Heard, ont donné lieu à un déversement de révélations peu reluisantes sur leur vie privée, de son addiction à la drogue aux accusations de tromperie, en passant par des excréments retrouvés dans le lit conjugal.

À lire : Johnny Depp : retour sur trois semaines d’un procès hors normes

Johnny Depp et Amber Heard s’étaient rencontrés sur le tournage de Rhum Express en 2011, avant de se marier en février 2015 à Los Angeles, en Californie. Le couple avait divorcé avec fracas début 2017. L’actrice avait alors évoqué "des années" de violences "physiques et psychologiques", accusations vivement rejetées par Johnny Depp.

L’acteur américain de 57 ans a reconnu une consommation abusive de drogues et d’alcool mais affirme n’avoir jamais levé la main sur une femme, soutenu sur ce point par les témoignages écrits de ses ex-compagnes Vanessa Paradis et Winona Ryder, la chanteuse française le décrivant dans un témoignage versé à la procédure comme "un homme et un père gentil, attentif, généreux et non violent". Johnny Depp a accusé en retour de violences Amber Heard.

Un "douloureux" procès

Dans sa plaidoirie, l’avocat de l’acteur, David Sherborne, avait demandé au juge de "laver le nom" de Johnny Depp de ces "accusations scandaleuses" et "fausses" qui l’ont conduit à engager ce procès "douloureux".

Son avocat s’est attaché à méthodiquement souligner failles et modifications dans les déclarations d’Amber Heard, pour discréditer l’ensemble du récit de celle qu’il a qualifiée de "menteuse compulsive". Amber Heard, 34 ans, qui avait le statut de témoin dans ce procès, a quant à elle maintenu ses déclarations et déploré que les "détails les plus traumatisants et les plus intimes" de sa vie avec Johnny Depp aient été exposés devant la justice et "diffusés dans le monde entier".

"Je l’aimais et je ne voulais pas perdre ça […], son autre face était celle d’un monstre, mais j’ai toujours gardé l’espoir qu’il se désintoxiquerait", a déclaré lors du procès l’actrice de The Danish Girl et d’Aquaman. S’appuyant essentiellement sur les déclarations de l’actrice, le Sun invoque 14 épisodes de violences, tous contestés par Johnny Depp.

Lors du procès, l’avocate du quotidien, Sasha Wass, a étrillé les excès de l’acteur, "sujet à des changements d’humeur irrationnels" quand il a bu et consommé des stupéfiants.

Johnny Depp s’est lancé dans cette procédure non sans risque pour sa réputation après plus de 35 ans de carrière et une filmographie impressionnante. Il a en tout cas conservé le soutien de nombreux fans, qui ont salué par dizaines la star en criant lors de son départ de la Haute Cour à la fin du procès, fin juillet. Le procès pourrait aussi nuire à la carrière d’Amber Heard.

Emily Cox, avocate spécialisée dans les poursuites en diffamation, interviewée par l’AFP en juillet, avait déclaré que si Johnny Depp perdait son procès, les conséquences seraient "catastrophiques pour sa carrière", son nom restant "à jamais entaché de ces accusations".

Konbini avec AFP

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