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Jennifer Aniston a un message poignant pour les gens obnubilés par son utérus

Publié le

par Ariane Nicolas

Jennifer Aniston à la cérémonie des Oscars, en 2015. (IMDB)

L'actrice publie une tribune dans le Huffington Post où elle s'érige contre les conventions qui veulent que les femmes accomplies soient forcément mariées ou mères.

Jennifer Aniston à la cérémonie des Oscars, en 2015. (IMDB)

La tribune est titrée "pour info" ("for the record") et met des mots justes sur des sentiments partagés par de nombreuses femmes dans le monde, stars hollywoodiennes ou pas. Dans un texte publié sur le Huffington Post, et traduit en français par le site, Jennifer Aniston s'érige contre les tabloids qui commentent, depuis quelques semaines, la forme de son ventre, dont la non verticalité radicale serait le signe d'une grossesse.

"Pour info, je ne suis pas enceinte. Ce que je suis, c'est fatiguée de tout ça", écrit l'actrice. Contrainte par les paparazzis de se livrer à un tel déballage, pour couper court à toute rumeur, Jennifer Aniston saisit cette opportunité pour dénoncer non seulement les diktats de l'apparence et revendiquer son droit à manger des hamburgers, mais aussi les conventions sociales qui obligent, plus ou moins explicitement, les femmes à se marier et devenir mères :

"Si, d'une certaine façon, je symbolise quelque chose pour certaines personnes, alors je suis clairement un exemple de l'angle sous lequel nous, en tant que société, observons nos mères, filles, sœurs, épouses, amies et collègues femmes.

La 'chosification' et la surveillance que nous imposons aux femmes est absurde et inquiétante. La manière qu'ont les médias de me représenter n'est qu'un reflet de la manière dont nous voyons et représentons les femmes en général, mesurée à l'aune d'une norme déformée de beauté."

"Nous sommes accomplies avec ou sans compagnon, avec ou sans enfants"

C'est la première fois que Jennifer Aniston s'exprime avec autant de clarté et de conviction sur un sujet qui concerne des millions de (jeunes) femmes. Sa tribune est aussi à l'image des contradictions qui traversent l'industrie du cinéma : il faut avoir la taille mannequin MAIS ne pas donner l'impression qu'on fait des efforts pour ; il faut se justifier quand on n'est pas enceinte MAIS ne pas tomber enceinte si l'on veut poursuivre sa carrière sans se faire radier des castings.

"Ce dernier mois en particulier a mis en lumière à mes yeux combien nous évaluons une femme sur la base de son statut marital et maternel.

Le seul volume de ressources que la presse alloue en ce moment même à essayer de découvrir si je suis enceinte ou pas (pour la milliardième fois... mais qui compte, de toute façon ?) illustre la perpétuation de cette idée que les femmes sont d'une certaine façon inachevées, ratées ou malheureuses si elles ne sont pas mariées et avec des enfants."

Leçon de féminisme

Tout en livrant une leçon de féminisme que le monde de la presse people a bien besoin d'entendre, l'actrice s'adresse, en filigrane, aux curieux. Elle explique ainsi qu'elle n'a pas non plus renoncé à avoir un enfant, mais que le cirque médiatique qui l'entoure doit cesser.

"Nous sommes accomplies avec ou sans compagnon, avec ou sans enfants. C'est à nous de décider pour nous-mêmes ce qui est beau pour nos corps [...] Nous n'avons pas besoin d'être mariées ou mères pour être accomplies. C'est à nous de déterminer, pour nous-mêmes, notre propre 'ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants'.

Oui, je serai peut-être mère un jour, et puisque j'en suis à tout déballer, si jamais ça m'arrive, c'est moi qui vous mettrais au courant. [...] Je déteste qu'on me fasse sentir que je suis 'moins que' parce que mon corps change et/ou parce que j'ai pris un burger au déjeuner et que j'ai été photographiée sous un angle bizarre et donc suis susceptible soit d'être 'enceinte' soit d'être 'grosse'."

S'il y a bien une chose intime sur cette Terre, qui mérite d'être traitée avec respect et discrétion, c'est l'utérus des femmes. Que les personnes obnubilées par celui de Jennifer Aniston écoutent ses sages paroles, trouvent une autre occupation dans leur vie et, comme elle le formule elle-même, "arrêtent d'acheter ces conneries" de journaux.

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