Sean Connery a campé le personnage de James Bond dans 6 films de la franchise, entre 1962 et 1971.

James Bond et la CIA : liaisons dangereuses

Selon un universitaire américain, les relations entre l'écrivain de James Bond et le patron de la CIA étaient encore plus profondes que prévu. À tel point que le créateur de 007 a convaincu la CIA d'utiliser des gadgets qu'il avait inventés pour le personnage de 007.

Sean Connery a campé le personnage de James Bond dans six films de la franchise, entre 1962 et 1971.

Ça ressemble à une théorie complotiste, pourtant ce n'en est pas une. Grâce à l'étude de documents secrets aujourd'hui déclassés, il apparaît aujourd'hui que les romans de Ian Fleming ont souvent influencé la CIA, notamment en ce qui concerne les gadgets chers à 007 et développés par l'agent Q, l'ingénieux boss du département R&D du MI6. Par ailleurs, l'écrivain s'est assuré de brosser une image de plus en plus élogieuse de l'agence de services secrets américaine.

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Le docteur Christopher Moran de l'Université de Warwick a publié une étude intitulée Ian Fleming and the Public Profile of the CIA. À l'issue de son travail, il déclare : "Il y a une influence bi-latérale surprenante entre la CIA et les romans James Bond durant la Guerre froide et elle découle de l'admiration qu'éprouvaient Allen Dulles [patron de la CIA entre 1953 et 1961] et Ian Fleming l'un pour l'autre. Cela couvre un grand spectre de techniques, de la dague empoisonnée planquée dans la chaussure dans From Russia With Love à l'agent lisant des romans de 007 pour le rendre indétectable."

Ian Fleming a travaillé pour les services secrets britanniques avant de devenir l'écrivain de romans d'espionnage le plus célèbre au monde.

À l'époque, Alen Dulles et l'écrivain et créateur de James Bond se connaissent et s'apprécient. Les deux hommes ont tous les deux un point commun : l'espionnage. Ian Fleming, avant de devenir l'écrivain best-seller qu'on sait, a joué un rôle important pendant la Seconde Guerre Mondiale en permettant la capture du nazi Rudolf Hess.

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"brillant et plein d'esprit"

Dans une édition de 1964 du magazine Life, le dirigeant de l'agence américaine décrit Fleming comme un être "brillant et plein d'esprit", en référence à une rencontre entre les deux hommes cinq ans plus tôt. C'est pendant cette entrevue que Fleming aurait reproché à la CIA de ne pas assez donner dans les "dispositifs spéciaux"... Dulles n'avait pas d'autre choix que de l'écouter. Moran le rappelle :

Pendant des années, les romans James Bond avaient le monopole de l'image publique de la CIA et l'agence l'a utilisé à son avantage.

En conséquence, Dulles a exhorté ses chercheurs à développer le plus de gadgets de James Bond possible. Ainsi, la chaussure armée d'une dague enduite de poison de From Russia With Love a-t-elle été déclinée dans la réalité. Ce n'était donc pas que du cinéma.

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Mieux que des rangers en cas de danger.

L'admiration entre Dulles et Fleming étant partagée, l'écrivain prend soin de dresser un portrait de plus en plus élogieux de la CIA dans ses romans. Ainsi l'agent américain Felix Leiter devient l'ami de James Bond. Ceci dit, il reste moins talentueux et moins futé que 007 dans les romans des années 50. "Dans Live and Let Die, par exemple, Leiter apparaît comme un peu maladroit, incapable de se fondre dans la population locale et forcé de s'appuyer sur des informateurs payés", déclare Moran.

CIA rules

Remarquez qu'à mesure que l'amitié entre Dulles et Fleming s'épaissit, l'agent Leiter ainsi que l'agence américaine gagnent en substance et trouvent grâce aux yeux de Fleming. Ainsi, "dans les derniers livres, comme l'amitié entre Dulles et Fleming s'approfondit, un tableau beaucoup plus favorable de la CIA se dégage", explique Christopher Moran. Par ailleurs, dans Thunderball, l'agent M (le chef de James Bond, ndr), fait littéralement l'apologie de l'agence américaine... et Dulles finit par faire lui-même l'objet de mentions honorables dans les livres suivants. Qui a dit "conflit d'intérêts" ?

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On note que de l'autre côté du Bloc on avait vent des relations entre l'homme de fiction et le patron des services secrets américains. De sorte que le journal russe Izvestia écrivait en 1962 : "Les propagandistes américains doivent être dans une très mauvaise situation pour avoir recours à un agent britannique à la retraite reconverti en écrivain médiocre".

Source : Mashable

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Par Théo Chapuis, publié le 19/07/2013

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