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Sexisme : l'industrie du jouet a fait pression pour changer le sexe du méchant d'Iron Man 3

Publié le

par Ariane Nicolas

Gwyneth Paltrow et Guy Pearce dans Iron Man 3. (Marvel Studios)

Le sexisme à Hollywood, épisode 12 854. 

Gwyneth Paltrow et Robert Downey Jr. dans <em>Iron Man 3</em>. (© Marvel Studios)

Vous vous souvenez de Guy Pearce dans Iron Man 3, ses cheveux blonds coiffés en arrière, ses costumes impeccables, son regard fourbe ? Eh bien, dans le scénario original, il n'aurait jamais dû apparaître. Son personnage aurait en effet dû être interprété par une femme. Le réalisateur Shane Black, aujourd'hui à l'affiche pour The Nice Guys, l'a révélé dans une interview à Uproxx, lundi 16 mai.

Preuve que le sexisme perdure à Hollywood, les studios Marvel ont refusé qu'une version féminine d'Aldrich Killian apparaisse à l'écran. La raison est commerciale et d'un cynisme absolu : il fallait un garçon pour vendre davantage de jouets. Tant pis si, comme l'explique Shane Black, le rôle d'une femme méchante aurait pu donner un vrai plus à Iron Man 3.

Voilà comment les choses se sont passées, selon le cinéaste :

"Il y avait une première version d'Iron Man 3 pour laquelle nous pressentions qu'il pourrait y avoir un petit problème. Nous avions écrit un personnage de femme pour le rôle de méchant.

Nous avions fini le scénario quand on nous a opposé un refus, au motif que, non c'était pas possible, et que finalement il fallait changer d'avis parce que, après consultation, il était acquis que les jouets ne se vendraient pas puisque le méchant était une femme.

Nous avons dû changer tout le scénario, juste à cause de l'industrie du jouet."

"Ils ne m'ont jamais dit qui avait pris cette décision"

Shane Black, qui ne cache pas son amertume, continue de défendre la version première du scénario, même après avoir accepté de changer le sexe du méchant.

"J'aime bien quand, un peu comme dans la série Remington Steele, vous pensez que c'est l'homme derrière l'histoire mais qu'en fait vous vous rendez compte que c'est une femme qui tire les ficelles depuis le début."

À qui doit-on attribuer ce revirement ? Shane Black ne cite pas de nom clairement. Il prend la défense de Kevin Feige, l'actuel directeur des studios Marvel, et assure que la décision incombe à l'équipe précédente, en se référant simplement au "Marvel corporate". "Ils ne m'ont jamais dit qui avait pris cette décision. [...] Mais bon, aujourd'hui, on n'a plus ce genre de problème", assure-t-il.

Si Iron Man 3 n'est pas le seul blockbuster concerné par le sexisme de l'industrie du jouet (dans Star Wars VII, la figure de Rey aurait été délibérément exclue des produits dérivés par Disney), il est nettement plus rare qu'un réalisateur regrette publiquement qu'on lui ait forcé la main pour satisfaire ce type d'enjeu financier. Une leçon à retenir pour l'écriture d'un hypothétique Iron Man 4 ?

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