On a demandé à Rupert Grint de nous parler de ses projets après Harry Potter

C’est le plus british des jurés du Festival du film britannique de Dinard. Rupert Grint, alias l’inénarrable Ron Weasley dans la saga Harry Potter, a accepté d’évoquer pour Konbini, avec bonne humeur et décontraction, l’après Poudlard et ses projets futurs.

© Mars Distribution

Casquette vissée sur la tête. Démarche nonchalante. Gros pull à capuche. Rupert Grint, 30 ans, traverse le Festival du film britannique de Dinard avec un flegme et une bonhomie de tous les instants. Accessible et affable, il se prête volontiers, avant chaque projection, au jeu des photos en compagnie des fans, à qui il répond gentiment et (toujours) avec le sourire.

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Membre du jury présidé cette année par la sublime Monica Bellucci, l’ancien pensionnaire de Poudlard, qui a campé l’emblématique Ron Weasley dans la saga Harry Potter, confie tout de go, comme de circonstance : "Je recherche toujours de la magie au cinéma, quelle que soit la nationalité du film que je visionne. Et je peux vous dire qu’à Dinard, on voit des choses très surprenantes."

Depuis près de 30 ans, la commune d’Ille-et-Vilaine accueille en effet le meilleur de la production anglaise, de Billy Elliot à The Full Monty. Et c’est bien pour ça que Rupert Grint a accepté d’y séjourner quelques jours, au pied de l’eau, lui qui, sans être chauvin, défend ardemment le septième art de sa contrée natale.

"Le premier film anglais que j’ai adoré, c’est This is England de Shane Meadows. Ça a été un vrai choc", confesse-t-il. Et on le comprend tant cette plongée au cœur de l’extrémisme des skinheads faisait froid dans le dos. "C’est un cinéaste incroyable, qui sait panacher l’humour et la noirceur. J’aime son authenticité et sa façon brutale de traiter le réel. J’avais beaucoup apprécié également Dead Man's Shoes."

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Outre-Manche, ce n’est pas le seul metteur en scène qui enthousiasme le jeune comédien. Des noms comme Mike Leigh, Ken Loach ou Andrea Arnold font immédiatement briller ses yeux expressifs : "Leur manière d’appréhender le cinéma me passionne. Ils ont visiblement des procédés de mise en scène tellement forts et organiques."

Mais ce que Rupert Grint semble rechercher actuellement, par-dessus tout, ce sont les œuvres noires : "Je regarde une variété de genres, c’est vrai. Cela étant, je suis constamment attiré par les aspects sombres de l’humanité, même quand ils sont abordés par le prisme de la comédie. J’aime le dark art, qu’il provienne du cinéma, de la peinture ou de la littérature…"

Pas étonnant que la saga Harry Potter, riche en personnages maléfiques, à l’instar de Lord Voldemort, lui ait autant plu. Les journalistes reviennent d’ailleurs souvent sur ce pan de sa carrière. "Je comprends qu’on me parle en permanence de Ron Weasley. C’est difficile de l’effacer, voire impossible. J’ai beaucoup donné de ma personne pour construire ce personnage. Je suis très touché par lui et fier de l’avoir incarné. Sans ça, je ne serais pas là où je suis aujourd’hui."

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Et quand on évoque les prémices de cette grande aventure, son visage s’illumine. Un sourire de nostalgie s’y matérialise. "J’ai l’impression que c’était hier, admet-il. À la base, j’étais un grand fan des livres de J. K. Rowling. J’ai envoyé une vidéo dans laquelle je rappais. J’ai passé cinq auditions avec Daniel Radcliffe et Emma Watson. Ils ont fini par me conduire au bureau de production. La nouvelle est tombée. Soudainement, ma vie a changé."

Pendant des années, les millennials vont ainsi grandir avec son personnage attachant et l’aimer de manière inconsidérée. Conséquence ? Jusqu’à ce jour, Rupert Grint a beaucoup de mal à faire trois mètres sans que les aficionados n’affluent. Il le sait : ça fait partie du jeu et il remercie la Warner d’avoir réussi à le protéger au maximum, comme ses partenaires à l’écran. "Ce n’est pas facile de dire au revoir à la notion d’anonymat. Je ne me souviens plus de ce que ça fait de sortir dans la rue incognito. Avec les années, je me suis adapté."

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Pour autant, Harry Potter, qu’il considère comme "une longue et intense expérience, riche en sacrifices", n’a pas entravé sa simplicité. Rupert Grint semble garder les pieds sur terre. Il se dit prêt, non sans un pincement au cœur, à faire le deuil de Poudlard : "Il y a eu une dernière prise et tout s’est terminé. Comme moi, mes petits frères et sœurs étaient tristes à la maison." Il faut apprendre à aller de l’avant, à se réinventer. Il en est conscient et veut désormais s'essayer à des personnages différents (et qui ne lui prendront pas autant d’années de sa vie) : "Après avoir vécu aussi longtemps sous les traits de Ron, c’est très rafraîchissant de visiter d’autres héros."

Présent au cinéma (Charlie Countryman, Moonwalkers) et à la télévision (Sick Note), l’intéressé fera bientôt face à John Malkovich dans la mini-série The ABC Murders, adaptée du roman A.B.C. contre Poirot d’Agatha Christie. John Malkovich incarnera le célèbre détective. On lui souhaite une suite… magique !

Par Mehdi Omaïs, publié le 01/10/2018

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