En Thaïlande, Hunger Games souffle toujours un vent de révolte

Une chaîne de cinémas thaïlandaise a cessé la diffusion du troisième épisode de Hunger Games. Six mois après le coup d’État de l'armée, le film continue d'être un symbole de rébellion contre le pouvoir militaire.

Le salut de la liberté de Katniss Everdeen

Le salut de la liberté de Katniss Everdeen

En Thaïlande, le film Hunger Games : La révolte ne porte que trop bien son nom. Une chaîne de cinémas a décidé de retirer le film de ses salles après l'arrestation de trois personnes, selon le site de la chaîne NBC.

Publicité

Alors que depuis fin mai l'armée dirige le pays après avoir renversé le gouvernement, la population conteste toujours fortement la légitimité du général Prayuth Chan-ocha, le Premier ministre désigné par les militaires. Dans ce contexte tendu, le deuxième épisode de Hunger Games, dystopie politique pour ados, avait trouvé une résonance particulière. Le salut à trois doigts qu'effectuent silencieusement les personnages du film contre la tyrannie avait rapidement été récupéré par les Thaïlandais pour protester contre la junte.

"Activisme politique"

Avec la sortie récente de Hunger Games : La Révolte, la franchise se trouve à nouveau récupérée politiquement. Ainsi trois personnes (dont deux étudiants) ont été arrêtées mardi pour avoir utilisé le fameux signe de la main durant un discours du général Chan-ocha. C'est peu après cette arrestation que la chaîne de cinémas Apex, qui possède deux cinémas dans Bangkok, a décidé de retirer Hunger Games de ses écrans.

Apex a déclaré que ce retrait n'était pas lié à la triple arrestation de mardi, mais à une vente spéciale de 200 tickets pour Hunger Games, dont 160 auraient été récupérés puis offerts sur Facebook par un groupe anti-armée. L'initiative, précise NBC, s'appelait "Levez trois doigts , amenez du pop-corn et allez au cinéma".

Publicité

Apex déclare avoir voulu éviter que ses écrans soient "utilisés à des fins d'activisme politique". La chaîne remplace donc Hunger Games par Magic In The Moonlight de Woody Allen, autrement moins subversif.

Par François Oulac, publié le 20/11/2014

Copié

Pour vous :