Hollywood au Super Bowl : des films en panne d'inspiration

En 2013, Iron Man 3, Fast and Furious 6 et Man of Steel sortiront en grande pompe dans le monde entier. Constat amer au Super Bowl : la vitrine Hollywood option blockbusters a perdu de sa superbe.

super bowl

Au-delà de la victoire de l'équipe de Baltimore, le Super Bowl est aussi le thermomètre des prochains blockbusters américains. Au cours de la mi-temps, des bandes-annonces en pagaille ont été diffusées. Parmi les têtes d'affiche du moment, on a retrouvé J.J Abrams (Star Trek Into Darkness), le réalisateur qui dirigera la suite de la franchise Star Wars.

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Mais pas seulement : Brad Pitt (World War Z), Vin Diesel (Fast & Furious 6), dont l'actualité cinématographique peut se résumer à tourner des suites de la franchise en tant que producteur et acteur et, bien sûr, Robert Downey Jr qui rempile pour un troisième épisode d'Iron Man.

Huit bandes-annonces pour un film original

Ces trailer diffusés à coup de centaines de milliers de dollars démontrent une chose : un grande partie des investissements du plus grand producteur de films au monde sont à destination de scénarios non-originaux. Car sur les huit bandes-annonces présentées au cours de la soirée :

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    • trois sont des suites et des franchises (Fast anf Furious 6, Star Trek Into Darkness, Iron Man 3 );
    • une est tirée d'un jeu vidéo (God of War);
    • une autre est tirée d'une série télévisée américaine (The Lone Ranger);

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    • une autre est une adaption (Le Monde fantastique d'Oz) d'un roman culte de L. Frank Baum publié en 1900.
    • une septième adapte World War Z : Une histoire orale de la guerre des zombies de Marx Brooks (World War Z).

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Seul un film a échappé à une histoire qui ne soit pas dictée par la télévision, le succès ou le système des franchises : Infiltré, du réalisateur et ancien cascadeur Ric Roman Waugh avec Dwayne Johnson.

La vitrine Hollywood a des traces

Le Super Bowl n'est pas seulement une vitrine nationale propre à contenter les spectateurs américains. Il est aussi une vitrine internationale. Il est donc évident que l'industrie cinématographie américaine, dont l'objectif est de ravir tout public confondu à travers le monde, se devait de présenter, au cours de la soirée, ses dernières créations qui seront le ciment du box-office de 2013.

En janvier 2012, une infographie de The Short of The Week avait noté un manque d'innovation, d'invention : la prise de risque était évitée comme la peste et les suites perçues comme des investissements avantageux. En 1981, sept des plus gros cartons au box-office américain étaient des films originaux. Trente ans plus tard, on n'en trouve plus qu'un seul alors que 8 sur 10 sont des suites.

Crise économique : pas de risque

Andrew S. Allen, le journaliste derrière l'infographie de The Short of Week, remarque avant tout que la crise économique empêche les professionnels du cinéma de mettre de l'argent dans des projets originaux. Au moindre film qui ne fait pas recette, une entreprise peut couler. Résultat, les investisseurs se tiennent à carreau et les scénaristes travaillent sur des films calibrés.

Mais comme il le souligne, Hollywood n'est pas une entité immobile. Ce n'est pas un vivier de réalisateurs et de scénaristes ayant tous les mêmes compétences. Et réaliser un film original ne signifie pas réaliser un bon film.

En parallèle à ce tabeau noir, des producteurs misent tout sur l'originalité et un certain cachet indé pour rassurer et, surtout, rafler des récompenses aux Oscars. On pense bien sûr à Harvey Weinstein qui continue, année après année, de capitaliser sur les films qu'il produits : depuis 2011, l'Américain a réussi à ravir deux Oscars du meilleur film (Le discours d'un roi, The Artist).

Pour 2013, Son chouchou Happiness Therapy a été nominé dans huit catégories dont quatre rien que pour ses acteurs : Bradley Cooper, Jennifer Lawrence, Robert De Niro et Jacki Weaver.

Peter Jackson, dans une interview donnée au Figaro en 2009 à la sortie de District 9 dont il était le producteur, pointait du doigt les studios :

Il me semble qu’aujourd’hui, à Hollywood, les films deviennent lents et formels. Ils n’ont plus aucune originalité… Ce n’est pas dû aux réalisateurs mais plutôt aux studios. Nous devons prendre des risques, tenir tête aux majors, être plus originaux et nous battre contre cet affligeant penchant qui aplatit tous les films hollywoodiens. C’est pour cela que je suis fier de District 9…

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Par Louis Lepron, publié le 05/02/2013

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