Les films avec des scènes de sexe non simulées ne seront plus interdits aux mineurs

C’est désormais officiel : une scène de sexe non feinte n’entraînera pas automatiquement l’interdiction d’un film aux moins de 18 ans.

Interdit au moins de 18 ans, Love de Gaspard Noé n'avais pas plus aux catho-grincheux de l'association Promouvoir. (© Wild Bunch Distribution)

Avec des scènes de sexe non simulées, Love de Gaspar Noé n’avait pas plu aux catho-grincheux de l’association Promouvoir, mais s’en était sorti avec une interdiction pour les moins de 16 ans. (© Wild Bunch Distribution)

C’est André Bonnet de l’association Promouvoir qui va faire la gueule. Il y a un an, à la mi-janvier, le ministère de la Culture de l’époque proposait à travers un décret d’assouplir les restrictions concernant la classification des films au cinéma. Ce mardi 23 janvier, il a été validé par le Conseil d’État, après avoir été attaqué par l’association catho conservatrice.

Publicité

Désormais, si un film contient des scènes de sexe non simulées, il ne sera pas d’office interdit aux moins de 18 ans. Encore aujourd’hui, un texte datant de 2003 impose le label "interdit aux mineurs" à tous les films qui comportent des séquences dans lesquelles les rapports sexuels sont authentiques, ainsi que des scènes de "grande violence" (art. 3-1). L'ancienne ministre de la Culture, Audrey Azoulay, s’était déjà exprimée à ce sujet, il y a presque deux ans.

Avec ce nouveau décret validé, "l’interdiction aux moins de 18 ans ne sera plus appliquée automatiquement aux œuvres comportant des scènes de sexe non simulé", affirmait le ministère, avant de poursuivre :

"Elle sera réservée aux œuvres comportant des scènes de sexe ou de violence de nature à heurter gravement la sensibilité des mineurs."

Publicité

Cette décision de rendre plus flexibles les critères de restriction des films en France a été soutenue par un rapport remis au gouvernement en février 2016. Cette étude avait été menée par le président de la Commission de classification des œuvres cinématographiques du CNC, Jean-François Mary.

Ce dernier, qui a rejoint le CSA, assure que le fait qu’une scène de sexe soit simulée ne change pas forcément son caractère explicite. Un rapport sexuel feint à l’écran peut être tout aussi déconcertant pour un mineur, qu’une scène de sexe véridique.

Moins d’autocensure au cinéma

L’assouplissement de la classification permettrait d’éviter l’autocensure de certains réalisateurs, qui craignent des répercussions économiques causées par les restrictions. Le nouveau décret permettra une sécurité économique plus stable et plus confortable pour les films diffusés sur le territoire français.

Publicité

Comme l’explique BFM, un long-métrage restreint à un public majeur se retrouve contraint à bien des niveaux. Ainsi, lors de sa sortie en salles, il n’est pas diffusé dans les cinémas UGC et Pathé, ces deux sociétés refusant de programmer des films interdits aux mineurs.

Pour sa diffusion à la télévision française, il n’est autorisé que sur des chaînes privées et payantes entre minuit et 5 heures du matin. Même le service de vidéo à la demande d’iTunes tourne le dos aux films interdits aux moins de 18 ans.

L’asso Promouvoir et sa chasse aux sorcières

Pour passer outre cette obligation, certains réalisateurs font tout pour que leurs films ne soient interdits qu’aux moins de 16 ans. Des productions comme Love de Gaspar Noé, Nymphomaniac et Antichrist de Lars Von Trier, ou encore Saw 3D (sorti en 2010), ont tenté de contourner l’interdiction aux moins de 18 ans, bien que leur contenu puisse être sujet à controverse. L’association Promouvoir a ainsi saisi la justice pour que ces longs-métrages soient interdits aux plus jeunes.

Publicité

Article publié le 19 janvier 2017, mis à jour le 23 janvier 2018

Par Juliette Geenens, publié le 23/01/2018

Pour vous :