Lucy, Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu ? : ces films français qui marchent à l'étranger

Alors que Lucy est devenu le plus gros succès français à l'étranger de ces vingt dernières années et que Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu ? cartonne en Allemagne, retour sur les films hexagonaux qui font vibrer les box offices hors de nos frontières.

L'affiche française et l'affiche allemande de "Qu'est ce qu'on a fait au bon Dieu".

L'affiche française et l'affiche allemande de "Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu ?".

C'est un double triomphe. Tout d'abord pour Lucy de Luc Besson qui, selon UniFrance, vient de dépasser les 50 millions d’entrées à l’international. Il devient ainsi le plus grand succès enregistré pour un film français dans les salles étrangères, et ce depuis 1994 et le démarrage des statistiques d'UniFrance dans ce domaine.

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La super-production bat ainsi le record établi seulement deux ans auparavant par Taken 2, une autre production EuropaCorp signée Besson, qui avait réuni 47,8 millions de spectateurs dans plus de 80 territoires. La troisième place est, quant à elle, occupée par Le Cinquième Élément de... monsieur Besson toujours, avec 35,7 millions d'entrées.

Ce double triomphe, Lucy le partage avec Qu'est ce qu'on a fait au Bon Dieu ? : le film de Philippe de Chauveron qui a rassemblé près de 12,2 millions de spectateurs dans les salles françaises et près de cinq millions dans le reste du monde en attirait il y a quelques semaines 2,8 millions en Allemagne.

Si le phénomène français s'exporte si bien – et aura bientôt une suite, il est tout de même loin de réaliser le record allemand d'Intouchables, qui avait fait près de 9 millions d'entrées. Mais sa carrière à l'international n'est pas encore finie, puisque comme le rappelle Les Inrocks, la comédie doit encore être distribuée en Corée du Sud, en Espagne, en Italie, dans des pays d’Europe de l’Est et d’Amérique latine et enfin en Chine courant 2015.

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Le cinéma français à l'international va bien

Le cinéma français à l'étranger se porte donc bien. Il a même une très bonne réputation, puisqu'il est celui qui s'exporte le mieux, juste après le cinéma américain qui continue de dominer les marchés mondiaux.

En 2012, il a battu tous les records (301 millions d'euros de recettes) grâce au film d'Olivier Nakache et Eric Toledano, Intouchables, qui était aussi devenu – à l'époque – la production de langue non anglaise à avoir connu le plus grand succès de tous les temps sur le marché international. Ce succès hors Hexagone a été également accompagné par ceux, un peu plus modestes, de Taken 2 et de The Artist.

Liam Neeson dans Taken 2

Liam Neeson dans Taken 2

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Suite à ce cru d'exception, 2013 a été une année forcément plus décevante, avec des recettes en baisse de plus de 50%. En tête du classement, on retrouvait Malavita (Luc Besson), Amour (Michael Haneke), Un plan parfait (Pascal Chaumeil), ou encore La vie d'Adèle (Abdellatif Kechiche).

Et ce qu'il convient de noter, c'est que bien que l'on retrouve évidemment des films sur le modèle des blockbusters américains, les films d'auteur et surtout les comédies ont également la cote.

Une étude réalisée en début d'année par Opinionway pour UniFrance dans 14 pays révèle qu'en plus d'être le deuxième qui s'exporte le mieux, le cinéma français est également le deuxième le plus apprécié – toujours derrière l'américain.  Lors d'une conférence de presse, Jean-Paul Salomé, président d'UniFrance déclarait :

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Cette étude vient conforter l’excellente image dont bénéficie le cinéma français à travers le monde tout en soulignant les disparités de perception liées aux territoires, même si la beauté et la singularité des œuvres reste universellement reconnue.

Les comédies françaises plébiscitées

Oui, les comédies françaises font rire hors de nos frontières. Leur humour est donc un succès à l'international puisque selon l'étude, la comédie et la comédie romantique sont les genres cinématographiques français plébiscités (tous deux à 36%), devant les drames, les films d’action, les comédies dramatiques, les films historiques et les documentaires.

Mais qu'est-ce qui plait dans ce genre, que ce soit en France et à l'étranger ? Lorsque l'on compare les comédies qui ont trôné ces dernières années en tête des box offices mondiaux, une chose saute au yeux : les ingrédients utilisés dans chacune d'entre elles sont les mêmes. Comme le souligne Slate, il s'agit de "comédies communautaires".

Que ce soit Bienvenue chez les Ch'tis, Intouchable et dernièrement Qu'est ce qu'on a fait au Bon Dieu ?, tous relatent l'histoire d'une rencontre entre des communautés "opposées", puis de disputes, de réconciliation et finalement d'amour dans un prévisible happy end. Le tout saupoudré de ressorts comiques reposant sur des clichés parfois grinçants.

Omar Sy et François Cluzet dans Intouchables

Omar Sy et François Cluzet dans Intouchables

Dans un siècle où les barrières peuvent tomber plus facilement et la tolérance envers l'autre est prônées – malgré des tensions sociales toujours présentes - ce genre de comédie fait donc du bien au public. Et selon Laurent Jullier, professeur d’études cinématographiques, ces films font partie d’un cinéma de "l’être ensemble" :

Ce sont des films sur la ressemblance. La différence est seulement de surface. Si on la dépasse, on trouve des points communs sur les choses fondamentales : l’amitié, l’amour, fonder une famille, etc.

Le monde veut donc voir de l'amour au cinéma, et pas que de la romance. De l'amour entre les communautés, une harmonie parfaite qui semble trancher avec les climats hostiles ambiants qui continuent malheureusement de régner. Outre le succès de ce type de comédies à l'international, force est de constater que les films français calqués sur le modèle américain attirent également beaucoup de spectateurs. Comme en témoigne l'immense succès de Lucy ou encore Taken, qui utilisent tous deux les ficèles des super-productions US.

Ainsi, selon l'étude d'UniFrance, Luc Besson apparaît comme le cinéaste français le plus connu à l'étranger, juste devant François Truffaut dont les films ne perdent pas de leur rayonnement, même plus de trente ans après sa disparition.

Par Constance Bloch, publié le 07/11/2014

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