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Les 13 films incontournables de Cannes

Publié le

par Charles Carrot

Comment s'y retrouver parmi les dizaines de films présents à Cannes pour cette 69e édition du festival ? On vous a concocté une petite sélection maison de 13 longs métrages qui devraient faire parler d'eux.

Elle Fanning dans <em>The Neon Demon</em> de Nicolas Winding Refn, en compétition officielle. (© The Jokers / Le Pacte)

Ce mercredi marque enfin le début de la 69e édition du Festival de Cannes : de Xavier Dolan à Pedro Almodóvar en passant par les vénérables Jim Jarmusch et Paul Verhoeven, les noms de réalisateurs prestigieux venus concourir pour la Palme se bousculent cette année encore. Avec 21 films en compétition officielle, il y a déjà de quoi se perdre parmi tous les projets présentés – alors si l'on ajoute les 18 longs métrages de la Quinzaine des Réalisateurs, ceux de la sélection Un certain regard et les films hors compétition, on peut s'y perdre.

Histoire d'y voir un peu plus clair dans la programmation, on vous a sélectionné 13 films de toutes catégories, 13 projets très différents qui pourraient marquer Cannes.

Casting de luxe pour La Danseuse

Soko dans <em>La Danseuse</em> (© Shanna Besson / Wild Bunch Distribution)

Premier long métrage écrit et mis en scène par Stephanie di Giusto, connue pour son travail comme réalisatrice et photographe de mode, La Danseuse s'annonce comme un film aux forts choix esthétiques. Inspiré d'une histoire vraie, il a pour lui un casting impeccable : la chanteuse Soko y interprète le rôle de Loïe Fuller, pionnière de la danse moderne à la Belle Époque.

Croisant sur son chemin des personnages interprétés notamment par Gaspard Ulliel, Mélanie Thierry et François Damiens, Fuller se retrouve surtout en conflit avec la jeune prodige Isadora Duncan, un des premiers grands rôles de Lily-Rose Depp.

Un certain regard – le 13 mai

Alejandro Jodorowsky, toujours là, toujours présent

Cinéaste mythique, précurseur du mouvement des midnight movies avec son psychédélique El Topo en 1970, Alejandro Jodorowsky a aussi pratiqué son art dans bien d'autres domaines. Toujours en forme à 87 ans, le réalisateur franco-chilien revient à Cannes avec Poesía sin fin, récit autobiographique de sa période "poète" dans les années 1940 et 1950 à Santiago.

Jugez plutôt : il suffit d'un coup d'œil vers la vidéo ci-dessus pour constater la passion intacte et communicative de Jodorowsky, pour un dernier projet à la fois artistique, historique et politique.

À la Quinzaine des réalisateurs – le 14 mai

Steven Spielberg la joue comme Disney

Adaptation du classique de la littérature jeunesse écrit par Roahl Dahl en 1982, Le Bon Gros Géant (BGG pour les intimes) se présente comme la prouesse technologique du festival. Il s'agit à la fois du retour en règle de Spielberg vers un cinéma familial et de ses retrouvailles avec Mark Rylance, oscarisé pour son rôle dans Le Pont des espions.

C'est ce dernier qui été choisi pour interpréter le fameux géant de l'histoire, à grand renfort de motion capture. On espère que la débauche de moyens numériques servira le récit, et que le voyage de Sophie et du BGG pour sauver l'Angleterre saura nous toucher autant que le livre.

Hors compétition – le 14 mai

Park Chan-wook fait son retour

Sympathy for Mister Vengeance (2002), Old Boy (2003), Thirst (2009) ou plus récemment Stoker (2013) : Park Chan-wook est désormais une figure cinématographique incontournable en Corée du Sud. Pour son retour à Cannes, douze ans après Old Boy, le cinéaste propose Mademoiselle, adaptation d'un roman de la Britannique Sarah Waters, Du bout des doigts (2002).

Les ingrédients ? De la trahison, du sexe, de l'amour lesbien, des enlèvements d'enfants comme de la folie. Tout cela dans le cadre historique de l'occupation de la Corée par le Japon au cours des années 1930. Park Chan-wook parviendra-t-il cette fois-ci à choper la Palme ? Réponse dans dix jours.

En compétition officielle – le 14 mai 

Gérard fait un Tour de France

Far'Hook (le rappeur Sadek) et Serge (Gérard Depardieu) dans <em>Tour de France</em> de Rachid Djaïdani. (© Mars Films)

Présenté comme une histoire de réconciliation entre deux facettes de l'Hexagone, Tour de France mérite déjà le détour pour le nombre d'éléments Kamoulox qu'il contient dans son synopsis. Jeune prodige du rap, Far'Hook (le rappeur Sadek dans un rôle proche du sien) est contraint de quitter Paris après un règlement de comptes dans son crew.

Il est alors accueilli par Serge (Gérard Depardieu), un maçon du Nord, pour un voyage sur les traces du peintre du XVIIIe siècle Joseph Vernet, célèbre pour ses paysages marins. De port en port, leur périple doit les mener jusqu'à Marseille pour un concert final : on croise les doigts pour que le flow de Depardieu soit à la hauteur.

À la Quinzaine des réalisateurs – le 15 mai

Mean Dreams, le thriller façon Canada

Le scénario ?

"Jonas et Casey décident de fuir les abus dont ils sont victimes au sein de leurs domiciles. Pour acquérir leur liberté, ils volent un sac rempli d’argent provenant d’un trafic de drogue qui a servi à corrompre le père de Casey, officier de police."

Pour son second long métrage, le Canadien Nathan Morlando a décidé de mélanger une histoire d'amour avec la tension du thriller, avec pour résultat Mean Dreams, sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs, lieu idéal pour présenter un film de "genre", comme Blue Ruin en 2013, It Follows en 2014 ou Green Room en 2015.

En 2011, avec Edwin Boyd : Citizen Gangster, Nathan Morlando avait reçu le prix du meilleur premier film au Festival international du film de Toronto. Pour sa première venue à Cannes, on attend beaucoup de lui.

À la Quinzaine des réalisateurs – le 15 mai

Jeff Nichols fait dans l'amour dramatique

Seulement deux mois après la sortie de Midnight Special, Jeff Nichols revient avec Loving. Terminé les références à papa Spielberg et le mélange entre drame intimiste et science-fiction : place à Loving, une histoire vraie qui se déroule dans l'Amérique ségrégationniste de 1958. Au programme, un couple, Mildred et Richard Loving.

Leur "particularité" ? Elle est noire, lui blanc, et ils se sont mariés. Condamnés à vivre en Virginie, ils vont tout faire, pendant neuf ans, pour défendre leur mariage, leurs droits, rentrer chez eux et fonder une famille.

Ruth Negga et Joel Edgerton incarnent le couple Loving.

Pour interpréter le couple, Jeff Nichols a fait appel à Joel Edgerton et Ruth Negga. À leurs côtés, on retrouve – presque logiquement tant il est de chaque film du réalisateur – Michael Shannon. Une belle histoire d'amour qui devrait placer Jeff Nichols parmi les meilleurs cinéastes américains de sa génération. En tout cas, c 'est ce qu'on lui souhaite.

En compétition officielle – le 16 mai

Olivier Assayas retrouve Kristen Stewart

Après Sils Maria en 2014, pour lequel Kristen Stewart avait obtenu le César de la meilleure actrice dans un second rôle, Olivier Assayas renouvelle sa collaboration avec la star américaine : il revient cette semaine à Cannes avec Personal Shopper, dans lequel Kristen Stewart joue le rôle de Maureen, une Américaine à la recherche d'un signe de l'au-delà.

Partie à Paris sur les traces de son frère décédé, la jeune femme s'occupe de la garde-robe d'une célébrité le jour, pour payer son loyer, et attend un message d'outre-tombe le reste du temps. Assez confidentiel pour l'instant, Personal Shopper pourrait réunir les ingrédients d'une bonne surprise cannoise.

En compétition officielle – le 17 mai

Mortensen en Captain Fantastic

Captain Fantastic est le second long métrage du discret Matt Ross, principalement connu comme acteur dans les séries Silicon Valley ou American Horror Story. Le film intrigue par la présence de Viggo Mortensen dans le rôle principal : celui de Ben.

Vivant depuis des années dans une forêt reculée du Nord-Ouest Pacifique, coupé du monde, ce patriarche bourru est forcé de retourner à la civilisation après la mort de sa femme... En amenant ses six enfants avec lui. On est clairement curieux de vérifier si Mortensen, barbe épaisse et regard hanté par le deuil, conserve la même justesse dans le film entier que dans sa bande-annonce ci-dessus.

Un certain regard – le 17 mai

Un Seven venu de Corée du Sud

Na Hong-jin. Ce nom ne vous dit peut-être rien, mais il s'agit d'un cinéaste connu à la fois pour sa présence répétée à Cannes comme pour la violence de ses deux premiers films. Avec The Chaser (Séance de minuit en 2008) puis The Murderer (Un certain regard en 2011), le réalisateur sud-coréen a marqué la Croisette par son sens du rythme et ses personnages coincés dans des situations complexes.

Pour son troisième long, Gokseong (aka The Wailing en anglais), présenté hors compétition au festival, Na Hong-jin fait collaborer un chaman et un policier alors qu'une mystérieuse épidémie s'est répandue dans un petit village de montagne. Une bande-annonce a déjà été dévoilée :

Hors compétition – le 18 mai 

Xavier Dolan (pour la 37e fois)

Xavier Dolan, pour commencer. Derrière, Marion Cotillard, Léa Seydoux, Vincent Cassel, Nathalie Baye et Gaspard Ulliel. Ce dernier incarne un écrivain, de retour dans son village natal, pour annoncer une nouvelle importante : sa mort prochaine.

Pour son retour à Cannes – on ne compte plus ses apparitions sur la Croisette – le réalisateur québécois propose pour la première fois un film très "français". Le casting comme le scénario, adapté d'une pièce de Jean-Luc Lagarce (dramaturge français, mort du sida en 1995), écrite en 1990  sont clairement originaires de l'Hexagone.

Juste la fin du monde nous parvient deux ans après Mommy, qui avait remporté le Prix du jury à Cannes, ex æquo avec Adieu au langage de Godard, en 2014. Pour (enfin) avoir la Palme d'or ?

En compétition officielle – le 19 mai

Un documentaire riské

Laura Poitras n'a pas fini de dénoncer. Après Citizenfour, portrait d'Edward Snowden qui avait réussi à choper l'Oscar du meilleur documentaire en 2015, la réalisatrice et productrice américaine n'entend pas avoir de meilleures relations avec la NSA ou le Pentagone.

Cette fois-ci, avec Risk, elle a décidé de s'en prendre à une autre figure iconique du monde des lanceurs d'alerte, en la personne de Julian Assange, le fondateur de Wikileaks. Sur liste noire depuis ses premiers documentaires, dont un sur la situation militaire en Irak, Laura Poitras ne devrait pas décevoir avec ce nouveau docu, présenté à la Quinzaine des réalisateurs.

À la Quinzaine des réalisateurs – le 19 mai

L'horreur selon Nicolas Winding Refn

The Neon Demon marque le retour en force de Nicolas Winding Refn à Cannes, trois ans après un Only God Forgives incompris par la critique et le public. Le réalisateur de Drive délaisse Ryan Gosling et change d'univers pour se pencher sur celui de la mode : on suit ici le parcours de la jeune Jesse (Elle Fanning), fraîchement arrivée à Los Angeles pour devenir mannequin et dont la beauté intoxique de jalousie toutes celles qui l'entourent.

Les bandes-annonces laissent déjà présager d'un film visuellement époustouflant et Fanning apparaît comme un choix parfait de casting. À dix jours de sa projection cannoise, The Neon Demon est déjà dans l'esprit de nombreux festivaliers.

En compétition officielle – le 20 mai

 Article écrit en collaboration avec Louis Lepron

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