Cannes : Leila Hatami encourt une flagellation publique pour sa bise

La semaine dernière, une bise échangée sur le tapis rouge entre l'Iranienne Leila Hatami, membre du jury du Festival de Cannes, et son président Gilles Jacob a déclenché une nouvelle polémique en Iran. L'actrice risque désormais la flagellation publique.

L'actrice Leila Hatami

L'actrice Leila Hatami

"Qu'elle soit artiste ou non, la femme iranienne est le symbole de la chasteté et de l'innocence, donc une telle attitude inappropriée n'est pas conforme à nos principes religieux." C'est en ces termes que le vice-ministre de la culture iranien, Hossein Noushabadi, a sévèrement rappelé à l'ordre Leila Hatami, l'actrice révélée en 2011 dans Une séparation d'Asghar Farhadisur la chaîne de télévision Irib.

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Avant d'ajouter :

Celles qui participent à des événements internationaux devraient prendre en compte la crédibilité et la chasteté des Iraniens afin de ne pas montrer une mauvaise image des Iraniennes.

En cause, une simple bise échangée par l'actrice iranienne sur le tapis rouge avec Gilles Jacob, le président du festival de Cannes lors de la soirée d'ouverture de la 67e édition. Il n'en fallait pas plus pour mettre le feu aux poudres et que Leila Hatami, membre du jury du Festival, se retrouve au cœur d'une polémique surréaliste.

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Capture d'écran Canal +

Capture d'écran Canal +

Les images de "l'événement" ont immédiatement été relayées par certains médias iraniens pour le dénoncer, tout en prenant bien soin de flouter la scène - pour mieux en appuyer le caractère prohibé. Dans la foulée, Gilles Jacob a pris la défense de l'actrice en s'exprimant sur son compte Twitter :

C'est moi qui ai fait la bise à Mme Hatami. À ce moment, elle représentait pour moi tout le cinéma iranien, ensuite, elle est redevenue elle-même. Cette polémique basée sur une coutume habituelle en Occident n'a donc pas lieu d'être.

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Depuis, le scandale a pris une toute autre tournure. Un groupe d'étudiants faisant partie du Hezbollah a porté plainte auprès de la justice iranienne, et demande désormais la flagellation publique de l'actrice, rapporte The Telegraph :

Nous soussignés, groupe d'étudiants frères et soeurs musulmans, demandons à la branche culturelle et média de la justice de poursuivre Leila Hatami pour avoir péché en embrassant un étranger publiquement, ce qui, selon l'article 638 du code pénal islamique, mérite la prison.

De plus, l'action de cette vedette de cinéma a blessé les sentiments religieux des martyrs d'Iran, et nous demandons qu'elle soit condamnée à la flagellation comme stipulé dans la loi.

Elle encourt ainsi jusqu'à 50 coups de fouets. Ce nouveau rebondissement met encore une fois en exergue la déplorable condition de la femme en Iran. En effet, selon la loi islamique en vigueur dans le pays, une femme ne peut pas avoir de contact physique avec un homme étranger à sa famille.

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De plus, les conservateurs iraniens ont également récemment réclamé la stricte application du port du voile islamique dans les lieux publics, après que des centaines de femmes ont fait tomber le voile sur les réseaux sociaux.

Par Constance Bloch, publié le 23/05/2014