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Expo : James Bond, l'espion qu'on aimait

Publié le

par Juliette Geenens

Du 16 avril au 4 septembre, le plus grand agent secret de l'histoire du cinéma prend ses quartiers à la Grande Halle de la Villette à Paris.

James Bond fait l'objet d'une immense exposition à la Villette à Paris. (© Columbia Pictures Industries, Inc.)

Retracer 50 années de cinéma autour du cultissime espion anglais, c'est là l'ambition de l'exposition James Bond 007qui ouvre ses portes à Paris, à partir du samedi 16 avril, à la Grande Halle de la Villette. Au programme, des accessoires utilisés sur les tournages, les mythiques Aston Martin, sans oublier les authentiques gadgets de l'agent 007, soit plus de 500 objets exposés, issus des 23 films réalisés depuis James Bond 007 contre Dr No, en 1962.

Toutes les ères y sont présentées : des débuts de la saga avec Sean Connery dans les années 1960, à l'interprétation de Roger Moore de 1973 à 1985, en passant par l'époque de Pierce Brosnan jusqu'au James Bond contemporain interprété par Daniel Craig, depuis 2006.

Divisée en plusieurs salles, l'expo de la Grande Halle prend des allures de décors hollywoodiens où les visiteurs pourront se perdre entre les story-boards, les maquettes et miniatures qui ont servi en préproduction ainsi que les costumes flamboyants des méchants, les smoking de James Bond et les robes de ses acolytes féminines. James Bond 007, l'exposition, en plus d'être quasiment exhaustive, propose de découvrir en avant-première en Europe, les objets du film Spectre. Initialement montée en 2012, cette exposition a voyagé dans le monde entier avant d'arriver en France. Laurent Perriot, spécialiste de James Bond, nous accompagne dans ce tour d'horizon sur l'évolution du plus populaire de tous les espions de fiction.

La célèbre Aston Martin DB5 de James Bond, grandeur nature, est présente à l'exposition. (© James Bond 007 l’exposition - Photo : David Merle)

Les gadgets

Une salle entière est dédiée à cet aspect indissociable de 007 : les gadgets pensés par Q. Toujours en avance sur son temps mais sans jamais tomber dans la science-fiction, James Bond a fait rêver le public avec ses GPS intégrés, ses voitures amphibies et ses montres hyperperfectionnées. Mais à l'heure où les technologies nous sont de plus en plus accessibles, les outils du grand espion sont-ils toujours crédibles ?

"Certes, les gadgets de l'époque peuvent nous paraître désuets, aujourd'hui, avoue Laurent Perriot. Nous avons tous des smartphones qui font GPS, des photos d'une qualité époustouflante. Mais dans le contexte des années 1960, c'était incroyable." Dans le film Skyfall, lorsque Q fournit à 007, un revolver et une microradio, celui-ci semble extrêmement déçu. Une façon de signifier que l'époque des stylos explosifs est bien révolue, sans pour autant décevoir le public. Laurent Perriot explique :

"James Bond ne peut plus impressionner le spectateur avec un gadget, mais plutôt avec la façon dont il va l'utiliser et la manière dont il va se sortir d'une situation."

Q à 007 dans Skyfall : "Vous attendiez-vous à un stylo qui explose ?"

Les méchants

En cinquante ans, le monde a bien changé, que ce soit au niveau technologique, sociétal ou politique. Dans ce domaine, les films de 007 ont nettement évolué, en accord avec ces changements géopolitiques. À chaque décennie, un nouvel acteur faisait son entrée au panthéon des James Bond, avec un nouveau méchant à combattre. Pour Laurent Perriot, les ennemis malfaisants sont intimement rattachés à l'époque à laquelle ils ont été créés, tout en restant fidèles à l'esprit des romans de Ian Fleming, créateur du personnage de James Bond, en 1953 :

"La situation géopolitique a changé depuis les années 1960. Dans les premiers films, James Bond combattait le grand réseau criminel Spectre. À partir de 1970, il tente de stopper les mégalomaniaques qui veulent anéantir la vie sur Terre et recréer une nouvelle race."

Blofeld, chef de Spectre, interprété par Donald Pleasence dans <em>On ne vit que deux fois</em>, en 1967.

La Guerre froide a aussi beaucoup influencé les aventures de l'agent secret. Laurent Perriot poursuit :

"Quand le bloc soviétique éclate en 1989, il faut trouver un autre ennemi. Dans Quantum of Solace, Greene veut contrôler l'eau, dans Demain ne meurt jamais, Elliot Carver veut contrôler l'information, dans Le monde ne suffit pas, il s'agit du pétrole. Il a aussi été question de barons de la drogue..."

Ces vilains, aussi importants que le héros, racontent une histoire qui fait sensiblement écho à la nôtre.

Les femmes

Rosamund Pike dans le rôle de Miranda Frost, dans <em>Meurs un autre jour</em>. (© 20th Century Fox.)

Dans l'exposition James Bond, la salle du Casino dévoile la collection des costumes portés par les personnages de la saga à travers les années. Aux côtés des élégantes tenues de l'agent secret, on trouve aussi les robes toujours plus splendides des James Bond Girls, jouées par des actrices considérées comme des canons de beauté. Et si on a souvent associé les partenaires de James Bond à de simple potiches, Laurent Perriot réfute totalement cette idée :

"En 1962, il est vrai que les femmes aux côtés de James Bond n'ont pas un rôle équivalent. Elles ne sont pas son égal en termes d'importance dans l'histoire et dans leur compétences. Aujourd'hui, cela a radicalement changé. Elles sont toujours belles, mais ce sont des femmes fortes, et surtout égales à 007."

On pense notamment à Judy Havelock (Carole Bouquet) dans Rien que pour vos yeux, et ses désirs de vengeance, ou encore la redoutable Miranda Frost (Rosamund Pike), agente qualifiée du MI6 dans Meurs un autre jour. 

L'agent secret

Laurent Perriot qualifie l'exposition d'hommage à la création du personnage de James Bond. Car s'il a évolué au cours des décennies, l'espion favori de Sa Majesté a gardé le même ADN :

"Dans tous les films, 007 est un ancien marine écossais, devenu agent secret pour le gouvernement britannique. C'est un homme qui aime les belles voitures, les belles femmes et les beaux costumes, et qui boit des vodka-martini mélangés 'au shaker, pas à la cuillère'."

Quarante ans séparent ces maillots de bain. Malgré tout, ils sont révélateurs d'un même ADN présent dans la saga depuis 1962. ( © James Bond 007 l’exposition - Photo : David Merle)

Mais en cinquante ans d'existence, James Bond a-t-il toujours été le même personnage ? "Oui et non", selon Laurent Perriot : "Chaque acteur a apporté sa touche d'humanité à l'agent secret qu'il interprète." On dit souvent que Daniel Craig joue une face plus sombre de l'espion anglais. Laurent Perriot est d'avis qu'il est le plus proche du personnage des livres de Ian Fleming :

"Il doute, il est sombre, froid et moins playboy, c'est vrai. En 1989, dans Permis de tuer, Timothy Dalton est l'archétype du James Bond incarné par Daniel Craig." 

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