Les 10 choses à savoir sur le film culte 10 bonnes raisons de te larguer

La célèbre rom-com vient d'atteindre la majorité, c'est donc l'occasion de revenir sur les dessous de ce film culte.

Le 31 mars dernier, un Joseph Gordon Levitt bien nostalgique a partagé sur Twitter une photo du tournage de 10 bonnes raisons de te larguer pour célébrer les 21 ans de cette comédie romantique qui a marqué toute une génération d’adolescents. Il y déclare sa reconnaissance envers ce film qui l’a révélé sur le grand écran, malgré sa réticence initiale à jouer dans des comédies adolescentes.

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Dans sa célèbre rom-com, le cinéaste Gil Junger nous raconte les multiples tentatives du bad boy du lycée pour séduire l’énigmatique rebelle féministe de la classe afin d’aider un camarade à sortir avec sa petite sœur tout en gagnant un peu d’argent sur le dos du beau gosse de l’école.

Malgré un scénario un peu tiré par les cheveux et des airs d’inoffensive comédie romantique adolescente, 10 bonnes raisons de te larguer est un teen-movie drôle, sensible et bien plus féministe qu’il n’en a l’air grâce, bien sûr, au personnage de Kat très au point sur le sujet mais aussi grâce à la virilité non toxique de Patrick et à des personnages féminins en colère.

10 bonnes raisons de te larguer est également servi par d’excellents personnages secondaires, du prof de littérature sarcastique, qui rit des privilèges bourgeois de la rebelle Kat et de l’appropriation culturelle des rastas blancs, à la conseillère pédagogique la plus je-m’en-foutiste, dont les rares répliques font pourtant tout le sel du film.

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Pour célébrer la majorité de 10 bonnes raisons de te larguer, on a décidé de revenir sur le film en dix anecdotes. 

Une adaptation moderne de Shakespeare

Le film est une adaptation moderne de la pièce de William Shakespeare, La Mégère apprivoisée. Ce genre d’adaptation était monnaie courante à Hollywood dans les années 1990. Clueless, avec Alicia Silverstone et Paul Rudd, sorti en 1995, convoque le même procédé en adaptant librement Emma de Jane Austen. 

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Les références à la pièce sont multiples dans le film : la meilleure amie de Kat est par exemple une fervente admiratrice du dramaturge anglais ; le nom de famille de Patrick Verona, incarné par Heath Ledger, est tiré de Vérone, le lieu de naissance de Petruchio, son équivalent dans la pièce et lorsqu’il voit Bianca pour la première fois, Cameron – le personnage de Joseph Gordon Levitt – cite librement Shakespeare en déclamant : "I burn, I pine, I perish".

10 bonnes raisons de te larguer, c’est également une efficace stratégie de trans-média puisque le film, adapté de la pièce, a ensuite donné lieu à la publication d’un roman éponyme, écrit d’après le scénario du film en 1999 par David Levithan.

Un titre approximatif

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Le titre original du film, 10 Things I Hate About You, serait à l’initiative d’une des scénaristes du film qui aurait retrouvé dans son journal intime d’adolescente une liste des choses qu’elle détestait chez son petit ami de l’époque.

Bien qu’effectivement percutant, le titre est inexact, puisque Kat énumère en réalité douze choses qu’elle déteste chez Patrick lorsqu’elle lui clame son poème de haine/amour.

Coup de foudre à l’audition

Ashton Kutcher et Josh Hartnett ont également été considérés pour le rôle de Patrick Verona avant que celui-ci ne revienne au regretté et talentueux Heath Ledger.

On apprend d’ailleurs dans cette longue interview croisée du New York Times que l’acteur australien pensait avoir raté son audition alors que de son côté, Gil Junger, le réalisateur du film, a eu un véritable coup de foudre artistique pour Ledger.

À l’issue de l’audition, il aurait d’ailleurs déclaré aux directrices de casting présentes ce jour : "Mesdames, je n’ai jamais voulu coucher avec un homme mais si je le devais, ça serait avec lui. S’il vous plaît, donnez-lui le rôle."

Premiers pas aux États-Unis

Il s’agit d’ailleurs du premier film américain d’Heath Ledger, qui n’avait jusqu’alors tourné que dans deux films australiens assez confidentiels.

L’année d’après, il partagera l’affiche de The Patriot : Le Chemin de la liberté de Roland Emmerich aux côtés de Mel Gibson, nommé trois fois aux Oscars. 

Un casting façon Rubik’s Cube

Du côté du casting féminin, Katie Holmes et Kate Hudson ont également été envisagées pour interpréter les sœurs Stratford.

L’interview du New York Times révèle que plusieurs membres du casting convoitaient des rôles différents du leur. Joseph Gordon-Levitt a par exemple d’abord auditionné pour le rôle de son ami Michael et Larisa Oleynik voulait quant à elle interpréter Kat avant de se voir attribuer le rôle de sa jeune sœur. 

Can’t Take My Eyes Off You : une idée de Heath Ledger

Une des scènes les plus mémorables de 10 bonnes raisons de te larguer, c’est définitivement le karaoké improvisé par Patrick Verona pour tenter de reconquérir Kat au son de "Can’t Take My Eyes Off You".

Mais la chanson initialement proposée dans le scénario était “I Think I Love You" avant que l’équipe n’envisage “I Touch Myself”. Mais selon Heath Ledger, les propositions n’étaient pas assez romantiques pour coller à la personnalité de Patrick et c’est donc lui qui aura l’idée d’interpréter "Can’t Take My Eyes Off You".

Les vraies larmes de Julia Stiles

Les larmes de Kat au moment où elle se porte volontaire pour lire son poème destiné à Patrick à haute voix n’étaient pas simulées puisqu’elles n’étaient pas prévues dans le scénario. Mais le tournage touchant à sa fin, Julia Stiles se serait laissée submerger par ses émotions, pour un résultat finalement bouleversant et authentique.

Cette scène totalement spontanée a d’ailleurs été tournée en une seule prise. C’est une méthode de travail qu’affectionne particulièrement Gil Junger, qui aime laisser le champ libre à l’improvisation pour restreindre le nombre de prises et qui donne ce style volontairement télévisuel au film.

Le faux mauvais français de Joseph Gordon-Levitt

Cameron, le personnage interprété par Joseph Gordon-Levitt, tente de séduire Bianca en lui donnant des cours de français. On le voit donc potasser des manuels de langue et converser avec son élève dans un très mauvais français.

Mais en réalité, l’acteur, connu pour être un francophile avéré, parle couramment notre langue. C’est d’ailleurs pour son niveau de français que Robert Zemeckis le voudra quelques années plus tard pour interpréter le funambule français Philippe Petit dans The Walk.

Une gueule de bois productive

Pour accompagner sa jeune sœur, Kat accepte à contre-coeur de se rendre à la fête du lycée. Alcoolisée, elle finira la soirée en dansant seule sur une table. Mais Julia Stiles, qui avait 17 ans au moment du tournage, n’avait jamais expérimenté l’alcool en quantité. C’est donc Heath Ledger, plus âgé et averti en la matière, qui lui aurait donné de précieux conseils sur l’art d’être saoule. 

C’est également cette fameuse scène qui a permis à Julia Stiles de décrocher par la suite son rôle dans The Last Dance où elle interprète une jeune danseuse classique qui déménage à Chicago et s’initie aux danses urbaines pour s’intégrer dans son nouveau collège.

De nombreuses références féministes

Le personnage de Kat parsème le film de références féministes. Entre deux chansons des Raincoats ou des Bikini Kill, elle dénonce l’invisibilisation des femmes dans l’art en citant Sylvia Plath, Charlotte Brontë et Simone de Beauvoir. De son côté, Patrick partira en quête de La Femme mystifiée dans les rayonnages de la bibliothèque du lycée.

Par Manon Marcillat, publié le 10/04/2020