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Le nouveau Disney, Raya et le Dernier Dragon, domine timidement le box-office

Publié le

par Arthur Cios

Un semi-échec qui devrait conforter Disney dans sa stratégie. Explications.

Alors que les spécialistes américains attendaient beaucoup de la réouverture des cinémas new-yorkais après un an de fermeture, le premier blockbuster à atterrir en salles a reçu un accueil timide. Une tendance confirmée à travers le globe pour la nouvelle production Disney, Raya et le Dernier Dragon.

Le film a en effet récolté en ce premier week-end d’exploitation 26 millions de dollars, dont 8,5 seulement pour le territoire américain. Côté international, c’est en Chine et en Russie que le film a attiré le plus de monde en salles (8,4 millions pour la Chine, 2,8 millions pour la Russie).

Pour un premier week-end d’un film Disney, 26 millions, ce n’est pas énorme. Même en temps de Covid. Tom et Jerry avait récolté 14 millions de dollars dans les cinémas du pays de l’oncle Sam – et ce alors qu’il était sorti en simultané sur HBO Max. Les Croods aussi avait fait mieux que Raya, avec 9,7 millions de dollars récoltés pendant Thanksgiving.

Sauf que quand on y regarde de plus près, c’était à prévoir. Déjà parce que les ouvertures des cinémas new-yorkais sont soumises à des règles précises (pas plus de 25 % de sièges occupés). Mais surtout parce que Disney n’avait pas enclenché des négociations avec les exploitants sur le statut de cette sortie, qui est à la fois disponible en salles et en achat sur Disney+ pour la bagatelle de 30 dollars.

En effet, Cinemark, le troisième plus gros réseau de salles, ainsi que Harkins, Cinépolis et Cineplex ont décidé de ne pas rendre le film disponible dans leurs établissements. Cela cumulé aux quelques grandes villes toujours sans salles (dont deux de ses plus grands marchés, à savoir Los Angeles et San Francisco), vous comprendrez la débandade. Raya n’a été montré que dans 2 045 cinémas aux États-Unis, soit près d’un tiers des établissements américains seulement.

Sauf que cela ne s’arrête pas aux frontières américaines. Le film n’a pas été distribué au Canada ni en Amérique du Sud, où Cinemark et Cinépolis sont très importants. Et ne parlons pas du fait que plusieurs pays n’ont pas encore rouvert leurs salles (rien qu’en Europe, quatre des plus gros marchés sont fermés, à savoir l’Allemagne, l’Angleterre, la France et l’Italie). Ou que les rares salles ouvertes ont des restrictions assez sévères.

Néanmoins, tout n’est pas perdu. Soul, qui avait fait la moitié de ce score pour son premier week-end en Chine, avait fini avec plus de 57 millions de dollars. Disney sait qu’il peut compter sur les marchés chinois, russe, coréen et taïwanais. Tout n’est qu’une question de semaines.

On reste malgré tout loin des centaines de millions de dollars que l’entreprise aux oreilles rondes accumulait il y a peu. Mais ça, c’est sans compter sur les chiffres des ventes de Disney+. Pour l’instant, la firme n’a pas communiqué sur les résultats des ventes en ligne, mais au prix de 30 dollars l’achat du film, cela risque de représenter un beau pactole.

Pactole qui tombe directement dans les poches de Disney, contrairement aux tickets de cinéma dont une partie revient aux exploitants, et à d’autres acteurs. Pour faire simple, quand un foyer achète un film 30 dollars en ligne, cela équivaut à cinq ou six tickets de cinéma vendus. C’est donc tout bénéf.

Ce qu’on a le plus à craindre, c’est que la mise à disposition des films sur la plateforme, vu les chiffres du box-office, ne devienne la nouvelle norme. S’il est plus rentable de mettre en ligne ses films plutôt que de les montrer en salles, Disney pourrait pérenniser cette pratique dangereuse pour les salles. Même pour un blockbuster type Black Widow.

Et vu les récents propos du nouveau PDG de Disney, on a de quoi prendre peur pour l’avenir des films en salles.

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