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Accusé de détournement de fonds, DiCaprio a dû rendre des œuvres de Diane Arbus, Picasso et Basquiat

Publié le

par Chayma Mehenna

Soupçonné d’être associé à un scandale international de blanchiment d’argent lié au financement du Loup de Wall Street, Leonardo DiCaprio a récemment dû rendre des œuvres d’art qui lui avaient été offertes.

Depuis maintenant presque un an, Leonardo DiCaprio est impliqué dans un vaste scandale financier impliquant sa fondation écologiste, la production du Loup de Wall Street et le gouvernement malaisien. Dernièrement, il a dû donner à la justice américaine plusieurs œuvres d’artistes de renom, dont une toile de Picasso et un collage de Basquiat, afin de se blanchir. Pour vous aider à vous y retrouver, on fait le point avec vous sur cette complexe affaire de gros sous.

Tout commence en 2009. Najib Razak, le Premier ministre malaisien, créé le fonds d’investissement 1Malaysia Development Berhad (1MDB). Sur le papier, ce fonds est destiné au développement économique de la Malaisie. Sauf qu’en pratique les sommes versées dans ce fonds ont servi à toute autre chose. Au total, 3,5 milliards de dollars (environ 3,13 milliards d’euros), issus de fonds publics, ont été détournés par le Premier ministre à des fins douteuses. Cette vaste affaire de corruption s’est étendue au monde entier, avant d’être mise au jour en 2015 par plusieurs grands journaux, dont le Wall Street Journal. Des enquêtes ont été ouvertes dans les pays touchés, notamment aux États-Unis où le ministère de la Justice a lancé une procédure pour récupérer plus d’un milliard d’euros d’actifs illégalement acquis. Tout cela est fort intéressant, mais que vient faire la star hollywoodienne dans cette histoire ?

Riza Aziz, le gendre de Najib Razak, n’est autre que le cofondateur de la société de production et de distribution Red Granite Pictures, qui a financé à hauteur de 100 millions de dollars (91 millions d’euros) Le Loup de Wall Street. C’est notamment par ce biais que DiCaprio apparaît dans cette affaire d’argent sale, sous l’appellation "Hollywood actor 1" (même si la fondation écologiste de l’acteur aurait également servi à blanchir de l’argent). La justice américaine s’intéresse tout particulièrement aux liens entre l’acteur, Riza Aziz et l’homme d’affaires malaisien Jho Low (qui serait responsable de la "disparition" de 700 millions de dollars de 1MDB, d’après Le Temps). Les trois hommes se connaîtraient depuis 2010 et se seraient vus à de nombreuses reprises, notamment lors de grosses soirées à Las Vegas.

DiCaprio forcé de rendre un oscar de Brando

En juillet dernier, l’acteur est entré en contact avec la justice américaine, après avoir appris par la presse qu’une enquête visant certaines personnes du casting du Loup de Wall Street était en cours. L’acteur américain et ambassadeur de l’ONU a décidé de collaborer avec les autorités, afin de déterminer si lui-même ou sa fondation dédiée à l’environnement avaient reçu des cadeaux ou des donations "directement ou indirectement liés" à ce scandale. Pour prouver sa bonne foi, il annonçait dans un communiqué que toute donation suspicieuse sera "restituée aussi vite que possible".

Le jeudi 15 juin, le département américain de la Justice a fini par demander la saisie de 540 millions de dollars de biens qui auraient été achetés avec l’argent de ce fonds. Parmi ces biens ? Des cadeaux offerts par Jho Low à l’acteur, qui auraient servi à blanchir les milliards de dollars détournés. La star de Titanic a fini par rendre au FBI un collage de Basquiat (Redman One, estimé à 9 millions de dollars), une peinture de Picasso (Nature morte au crâne de taureau, estimée à 3,2 millions de dollars) ainsi qu’une photographie de Diane Arbus dont on ignore la valeur. Leonardo DiCaprio a "aussi rendu un oscar décerné à Marlon Brando et donné à monsieur DiCaprio comme cadeau de tournage par Red Granite", a expliqué un représentant de l’acteur à Artnet News. Le Loup de Wall Street n’est pas le seul film visé par les autorités, puisque les royalties de Dumb and Dumber De et Very Bad Dads, deux autres films de Red Granite, risquent d’être saisies. Dans un communiqué relayé par le HuffPost la société de production a déclaré être en discussion "active" avec les autorités.

Affaire à suivre.

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