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Désexualisée dans Space Jam 2, Lola Bunny suscite l’indignation sur Twitter

Publié le

par Lucille Bion

Les misogynes en PLS.

Si beaucoup pensent que le reboot de Space Jam était loin d’être une nécessité, une polémique prouve à quel point il était indispensable d’apporter une relecture au film culte de 1996, réalisé à l’époque par Joe Pytka.

Après avoir dévoilé ses premières photos riches en couleur et en CGI (effets spéciaux), Space Jam 2 s’est retrouvé au cœur d’une tempête sur Twitter à cause… du physique de Lola Bunny. La raison ? Ses seins ne sont pas assez gros, ses hanches pas assez pulpeuses et sa tenue pas assez sexy. Oui, vous avez bien lu.

Lapine iconique des aventures des Looney Tunes, elle incarne la coolitude par excellence selon Princess Weekes, journaliste du média féministe The Mary Sue :

"Elle est la seule femme de premier plan, elle interagit principalement avec des hommes et elle est sexualisée par le public masculin qui l’entoure. Mais en même temps, Lola possède le terrain, elle est la meilleure joueuse de l’équipe à l’exception de Michael Jordan, et quand les gens flirtent avec elle, elle y coupe court. Être sexy ne veut pas dire qu’elle n’est pas cool."

Mais pour d’autres, qui ont étalé leur frustration sur Twitter, c’est son sex-appeal qui prime. Ces derniers ont crié à l’hérésie en voyant le nouveau design de la lapine, qui affiche effectivement un physique moins sulfureux qu’en 1996.

Réinventer un personnage féminin fort

Malcolm D. Lee, le réalisateur du film, a déclaré à Entertainment Weekly qu’il avait volontairement désexualisé ce personnage :

"Lola [Bunny] était très sexualisée, comme une sorte de Betty Boop mélangée à une Jessica Rabbit. Lola n’était pas politiquement correct… c’est un film pour enfants donc pourquoi est-elle en crop top ? Ça ne me semblait pas nécessaire mais en même temps c’est tout une histoire dans le domaine des cartoons."

Si la tenue courte et les minauderies de la lapine ont été imaginées par des animateurs masculins dans les années 1990, le cinéaste prouve qu’il est attentif aux enjeux et problématiques de notre époque en affirmant que ces critères physiques ne servent aucunement le récit. Il a donc remanié avec son équipe l’image de l’icône pour mettre en avant ses atouts athlétiques et ses traits de caractère :

"Nous sommes en 2021. Il est important de refléter l’authenticité de personnages féminins forts et capables. Nous avons donc retravaillé beaucoup de choses. D’abord son look, pour nous assurer qu’elle avait une longueur de short appropriée et qu’elle soit féminine sans être objectifiée. Et puis on a voulu lui donné une vraie voix. Pour nous, l’idée était d’ancrer le personnage dans ses prouesses athlétiques, ses qualités de leader. Faire d’elle un personnage aussi entier que les autres."

Vingt-cinq ans après le film original, on peut se réjouir de l’évolution des mentalités de l’industrie, où certaines voix s’élèvent pour proposer un autre regard sur les femmes. Depuis #MeToo, l’industrie du cinéma prend soin, lentement mais sûrement, de s’interroger sur les nouvelles typologies de rôles féminins en éradiquant les personnages féminins objectifiés, sexualisés et victimisés. La société semble avoir encore beaucoup de schémas à déconstruire. Le fait que Lola Bunny se soit retrouvée en "tendance" sur Twitter démontre qu’il y a encore du chemin à faire.

Pour ce nouvel opus, LeBron James remplacera Michael Jordan, entouré d’une flopée de personnages d’animation cultes, le temps d’un match de basket interplanétaire. Il faudra attendre le 14 juillet prochain (si tout va bien) pour découvrir les compétences de cette fameuse Lola Bunny réinventée. 

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