AccueilCinéma

Des livres au cinéma : voici les plus belles adaptations animées

Publié le

par Lucille Bion

Du bossu de Notre-Dame à Akira.

Robert Redford et, plus récemment, Leonardo DiCaprio se sont tous les deux glissés dans la peau de Gatsby, ce célèbre milliardaire solitaire et mystérieux crée par Francis Scott Fitzgerald. Plutôt médiocres et peu convaincantes, ces deux adaptations de Jack Clayton (sur un scénario de Francis Ford Coppola) puis de Baz Luhrmann laissent penser que ce chef-d’œuvre littéraire reste inadaptable sur grand écran. Pourtant, un nouveau projet d’adaptation va voir le jour, sous la forme d’un film d’animation cette fois-ci, a révélé Variety.

Dans l’industrie, on considère aujourd’hui qu’un livre sur cinq a été adapté à l’écran, qu’il s’agisse d’un long-métrage ou d’une série. Un chiffre qui déçoit souvent les amoureux de la littérature. En réalité, l’industrie du cinéma n’est pas plus paresseuse qu’autrefois.

Elle a toujours été consciente de son insuffisance et a toujours fait travailler les écrivains, en les employant comme scénaristes ou en adaptant leur livre. On a donc profité de cette actualité inattendue pour vous prouver que cet exercice, aussi périlleux soit-il, offre parfois de très beaux moments de cinéma. Voici les meilleures adaptations littéraires en films d’animation.

Notre-Dame de Paris

C’est indéniable : Disney excelle dans l’art de transformer un livre en film iconique. Alice au pays des merveilles, Robin des bois, Le Livre de la jungle… la plupart des classiques Disney, qui font aujourd’hui l’objet de remakes en live action ou de reboot, se sont inspirés de contes ou de romans. Parmi eux, Le Bossu de Notre-Dame de Paris, le roman phare de Victor Hugo publié en 1831.

Si en 1905, Alice Guy s’était déjà penchée sur l’adaptation du roman avec La Esmeralda, suivie d’une dizaine de cinéastes qui ont décidé de livrer leur propre interprétation des aventures de Quasimodo et la bohémienne, aucun n’a pu rivaliser avec la version de Disney qui, pour la première fois, conçoit une scène hors de son studio américain puisque quinze minutes du film ont été réalisées à Montreuil, en Île-de-France.

Vulgarisée et partiellement transformée pour plaire au jeune public, l’adaptation a fait rugir les descendants de Victor Hugo, s’indignant alors dans une lettre ouverte publiée dans Libération de la récupération de ce classique de la littérature par Disney à des fins commerciales. Récompensé d’un Oscar et d’un Golden Globe, Le Bossu de Notre-Dame de Paris a laissé une empreinte éternelle au sein de l’empire Disney, entre les mélodies des cloches de Notre-Dame et son romantisme noir.

Persepolis

En couchant d’abord son récit à travers quatre albums de bandes dessinées à succès, l’autrice Marjane Satrapi décide de passer à la réalisation, avec Vincent Paronnaud. Inspiré de la jeunesse de la cinéaste, le récit questionne l’émancipation féminine, entre tracas et éclats, à travers une réalité crue : celle de l’instabilité politique à Téhéran lors de la chute du régime du Chah et l’instauration de la République islamique.

Transposé à l’écran dans le même noir et blanc que les bandes dessinées éponymes, l’histoire de la jeune Marjane est un voyage unique en son genre et bouleversant de sincérité. Un film inoubliable et didactique qui permet à l’animation française de retrouver une place éminente sur la scène internationale. Prix du Jury au Festival de Cannes 2007, une nomination aux Oscars, deux César… en plus de son succès critique cette adaptation a su conserver l’âme de ses quatre tomes pour toucher en plein cœur plus d’un million de spectateurs en salles, le temps d’un moment poignant de cinéma.

L’Étrange Noël de monsieur Jack

(© Étrange Noël de M. Jack © Disney)

Fasciné par le romantisme brut d’Edgar Allan Poe, Tim Burton n’a jamais caché l’influence du poète sur son travail. Si dans son court-métrage Vincent, on peut entendre un passage du Corbeau, le cinéaste s’est également lancé dans la poésie. L’un d’eux a d’ailleurs inspiré le scénario de L’Étrange Noël de monsieur Jack. Alors qu’il travaillait encore chez Disney au début des années 1980, le cinéaste a écrit un poème qui conjuguait les fêtes d’Halloween et de Noël.

Ce film de Noël iconique met en scène une flopée de créatures, des fantômes comme des vampires en passant par des sorcières. Parmi ces monstres, un squelette se meurt de monotonie dans sa ville d’Halloween et pénètre par hasard dans la ville de Noël, où il va renverser les codes festifs.

Ce conte atypique et noir a d’ailleurs souvent condamné Henry Selick à rester dans l’ombre de Tim Burton, tant sa signature crève l’écran. Contrairement à une idée reçue, Tim Burton est seulement le scénariste et le producteur de ce film qu’il devait initialement réaliser avant de laisser sa place afin d’achever le tournage de Batman : Le Défi.

Ma vie de courgette

Ma vie de courgette, de Claude Barras. (© polyband Medien GmbH)

Lorsque Claude Barras réalise son premier film, Ma vie de courgette, en 2016, il s’impose comme l’un des réalisateurs de films d’animation les plus prometteurs. Outre son travail considérable en stop motion, pendant lequel il a dû fabriquer et peindre une centaine de décors et de marionnettes, le cinéaste signe une histoire déchirante et nostalgique, coécrite par Céline Sciamma. Le duo s’est librement inspiré du roman Autobiographie d’une courgette de Gilles Paris.

Icare a 9 ans et se fait appeler Courgette. Il est placé en foyer après le décès de sa mère alcoolique. Seul, avec une canette de bière vide et un cerf-volant comme lot de consolation, il se lie d’amitié avec Simon et Camille qui, eux aussi, renferment de sombres souvenirs d’enfance.

Ces petits héros en pâte à modeler, avec leurs yeux grands comme des billes et leur petit nez rouge, ramènent en enfance n’importe quel adulte normalement constitué. En seulement une heure, ce joli film parvient à établir ses propres règles pour se démarquer de Pixar et Ghibli, les deux mastodontes de l’animation.

Nausicaä de la vallée du vent

Tout le monde connaît l’œuvre cinématographique d’Hayao Miyazaki qui a cofondé le studio Ghibli mais peu de gens savent que l’artiste japonais a également conquis le monde littéraire. Au tout début de sa carrière, avant qu’il ne bâtisse son empire, il a notamment publié les mangas Nausicaä de la vallée du vent dans le magazine japonais Animage monthly entre 1982 et 1994.

Fantastic Mr. Fox

Si Wes Anderson est l’un des rares cinéastes contemporains à faire l’effort d’inventer ses propres histoires, le merveilleux Fantastic Mr. Fox fait figure d’exception. Le récit du plus rusé des voleurs de poules et de sa famille est une adaptation d’un roman de Roald Dahl, dont l’œuvre alimente régulièrement le septième art, entre Charlie et la Chocolaterie et James et la Pêche géante.

Pour la petite histoire, si le scénario a été coécrit par Wes Anderson et Noah Baumbach, le cinéaste s’est installé à la Gipsy House, propriété familiale de Roald Dahl à Great Missenden, en Angleterre pour écrire. Il voulait ainsi s’imprégner de l’univers de l’auteur et de l’environnement dans lequel il vivait et écrivait. Réalisé en stop motion, Fantastic Mr. Fox reste un bijou de l’animation incontournable et l’une des plus grandes prouesses de Wes Anderson.

Akira

Œuvre intemporelle et précurseuse, récit riche et esthétique cyberpunk bluffante… Akira est un classique du septième art qui continue de traverser le temps et d’inspirer les générations en auscultant à la fois l’instabilité politique, la délinquance juvénile, l’addiction aux drogues ou l’apocalypse.

Créé par Katsuhiro Otomo, Akira a d’abord été publié en feuilleton au Japon entre 1982 et 1990. Composée de plusieurs milliers de planches, l’œuvre a été condensée en 1988 dans ce fameux anime du même nom, qui lui a donné une renommée mondiale. Akira étant considéré comme l’un des meilleurs films d’animation par les spécialistes, Taika Waititi et Leonardo DiCaprio s’accordent actuellement pour sortir un remake en live action.

Le Géant de fer

Surtout connu pour son travail sur les Indestructibles, Brad Bird a également signé un classique de l’animation en 1999 : Le Géant de fer. Cette histoire d’amitié entre un robot et un petit garçon a d’abord été imaginée par Ted Hughes, dans une nouvelle publiée en 1968.

Décédé en 1998, l’écrivain a eu tout juste le temps de donner son accord à Brad Bird et la Warner mais n’a jamais pu découvrir sur grand écran cette adaptation libre. Ovationné par les critiques à sa sortie, Le Géant de fer a paradoxalement peiné à rapporter la moitié de son budget aux États-Unis.

Considéré comme un échec commercial, il s’est imposé depuis deux décennies comme une référence indéniable pour les cinéphiles. Parmi les plus célèbres ? Dans Ready Player One, Steven Spielberg a rendu hommage à ce robot iconique, à l’instar de Paul Grimault dans Le Roi et l’Oiseau mais aussi Hayao Miyazaki dans Le Château dans le ciel.

À voir aussi sur konbini :