Le mythique cinéma Louxor va rouvrir ses portes

Après plus de 20 ans de fermeture, le cinéma "Louxor" au 170 boulevard Magenta réouvre ses portes demain. 

Louxor

C'est une curiosité architecturale de la ville de Paris trop longtemps tombée dans l'oubli qui réouvre ses portes demain. Il a été achevé en 1921, a été construit à partir d'un bâtiment Hausmanien à l'initiative d'un ancien propriétaire de Casino (Henri Silberberg) pour un style inspiré de l'iconographie de l'Égypte Antique (comme l'indique son nom).

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Le Louxor n'a plus été le siège de projections cinématographiques depuis son rachat en 1983 et sa conversion en boite de nuit. Il répondait alors aux doux noms de La Dérobade puis Le Megatown.

Louxor, période faste

Si son nom a peu à peu disparu de la mémoire collective, des traces de sa popularité subsistent. Car avant la décrépitude dans laquelle il a été laissé pendant plus de vingt ans (depuis 1987), le Louxor a bel et bien connu une période faste, racheté en 1929 par Pathé, siège de projections fréquentes et intégré à l'axe Barbès-Clichy, fourmillant de cinémas indépendant.

Depuis, tout a disparu, ou presque. Il est l'une des salles mythiques des années 50

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Mise à part l'influence du lieu pour la vie culturelle de la capitale, c'est également son architecture qui détonne. Une esthétique inspirée de l'Égypte Antique, pour un bâtiment pensé par un illustre inconnu, Henri Zipcy.

Et c'est en partie une refonte architecturale, tout en gardant l'esprit du lieu, qui caractérise ce néo-Louxor, dont la réhabilitation a débuté en 2003 à l'initiative de la mairie de Paris.

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Une rénovation conservant l'esprit du lieu

D'abord conserver ce qui est à conserver et, en ce sens, les plans de Phillipe Pumain, en charge cette cure de jouvence offerte au bâtiment, tentent de répondre à cet impératif. La grande salle iconique correspond à l'esthétique initiale du lieu avec une capacité réduite (de 1100 à 334 places) pour un accueil plus confortable des spectateurs.

En sus de celle-ci, deux espaces plus restreints ont été aménagés au sous sol à la décoration sobre (136 et 71 fauteuils)

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L'autre particularité du cinéma tient désormais à l'investissement de la puissance publique dans réhabilitation mais aussi dans le fonctionnement du cinéma à proprement parler. Seul cinéma de la capitale dont les murs appartiennent à la municipalité (25 millions d'euros ont été investis à ce titre), le Louxor a été classé salle "Art et Essai".

Le sud et le jeune public comme axe de programmation

En ce sens, c'est un "triumvirat" qui est chargé de la programmation : Carole Scotta et Martin Bidou, la première dirigeante et de la société de production indépendant Haut et Cour, le second directeur des ventes au sein de la même société. Le duo est complété par Emmanuel Papillon, responsable de section à la Fémis.

Photo François Bouchon / Le Figaro

Pour une programmation que l'on promet orienter plus particulièrement vers le sud (en lien avec son intégration voulue dans la vie de quartier de Barbès) mais aussi le jeune public ainsi que des activités para-cinématographiques (la salle annonce par exemple l'organisation d'un université populaire du cinéma).

Mais on verra également des sorties plus axées sur l'actualité au Louxor avec, dès demain, des séances du nouveau long métrage de Wong Kar Wai The Master. 

 

Par Tomas Statius, publié le 17/04/2013

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