Court-métrage : l'univers de Wait va vous rappeler vos premiers crushs

Un univers doux et efficace filmé en 16 mm qui raconte le pouvoir des SMS tendres sur les cœurs d'artichaut.

Vous avez peut-être déjà vu ses photos colorées, mais Thibaut Buccellato est aussi un réalisateur, avec son propre univers. À 11 ans, il s’achète son premier caméscope, à force d’économies, et réalise de petits films dans son jardin avec son entourage, avant d’étudier le cinéma au lycée puis à la fac et de concrétiser sa passion avec des courts-métrages plus aboutis.
 

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De The Space Between Us, sur le célibat, à The Moments I Miss, sur le deuil, en passant par Je suis une rencontre, dans le cadre du Nikon Film Festival il parle souvent d’amour, grâce à de jeunes comédiens français, comme américains. 
 
Dans Wait, son nouveau court-métrage, le cinéaste originaire du Val-d’Oise suit une jeune adolescente, main greffée à son téléphone, attendant impatiemment un message de son crush, avec qui il y a eu, visiblement, un bon feeling. Tourné en 16 mm et en un après-midi, le film sublime Ekaterina Samsonov, qu’on a pu découvrir à Cannes dans You Were Never Really Here aux côtés de Joaquin Phoenix. 

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N’importe qui peut se retrouver dans cette situation, où l’écriture d’un message est une épreuve périlleuse, et l’attente d’une réponse interminable. Cet instant, plein d’adrénaline, nous transforme en boule de nerfs où l’on passe par toutes les émotions, l’espoir, la déception, la colère… jusqu’au bip fatal : "Vous avez un nouveau message."
 

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Ce joli film révèle en seulement deux minutes des sentiments puissants que l’on essaye d’enterrer, en cette phase de vulnérabilité. Le décor de la chambre, élément primordial dans les teen-movie ajoute un certain charme à Wait, simple et efficace. 

1#. Comment as-tu convaincu Ekaterina Samsonov, de You Were Never Really Here, de rejoindre ton projet ?

Je suis allé à New York pour trois jours sur un coup de tête et j’ai écrit un court-métrage que je pourrais faire rapidement. J’ai contacté Ekaterina via Instagram la veille de mon départ en lui disant que je voulais lui faire parvenir un scénario. Elle m’a envoyé le mail de son agent et je l’ai envoyé. Quand j’ai atterri à NYC, j’ai reçu un mail de son agent me disant qu’elle était intéressée et disponible. J’avais donc deux jours pour tout préparer puisqu’on tournait le troisième. J’ai trouvé un chef-op et on a décidé de tourner en pellicule (16 mm).

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2#. Quelles sont tes inspirations ?

D’habitude, je fais plus des films mélancoliques et poétiques sur l’amour et le deuil, mais pour celui-ci je voulais quelque chose de plus léger, sans partir trop dans la comédie. Évidemment Sofia (et Gia) Coppola sont des inspirations mais aussi Matthew Frost ou encore Andrea Arnold.
 
Je voulais vraiment faire un film sur et pour (et par) cette génération qui passe son temps sur son téléphone au point de se faire des scénarios invraisemblables à l’attente d’un SMS. Je pense qu’on a tous connu ce moment-là, et imaginé ce qui se passait de l’autre côté du téléphone. En tout cas moi, oui…

3#. Quels sont tes prochains projets ?

Je suis en ce moment même en montage d’un autre court-métrage que j’ai réalisé à New York il y a quelques mois, avec Rebecca Dayan et Jeremy McClain. Je prépare aussi un autre court-métrage que je vais faire à Paris cet hiver. Et à côté j’écris un long-métrage.

Par Lucille Bion, publié le 20/12/2019

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