James Bond, mourir peut attendre

Ébranlés par le coronavirus, les cinémas français appellent à l'aide de l'État 

Sorties de films annulées, salles de plus en plus vides ou fermées... L'industrie du cinéma commence à s'inquiéter.

En plus d’être une crise sanitaire, la propagation du coronavirus est en train de mettre à mal l’économie du pays. À ce jour, d’après les sources officielles de l’AFP, 125 293 cas d’infection ont été recensés dans 115 pays et territoires, causant la mort de 4 600 personnes. Partout dans le monde, les évènements culturels s’annulent ou se voient reportés.

Box-office mondial en baisse, salles fermées, sorties de films annulées, tournages interrompus… L’industrie du cinéma commence à s’inquiéter. Si le prochain James Bond, Mourir peut attendre, Pinocchio ou encore Miss ont été déprogrammés des salles, d’autres longs-métrages pourraient subir le même sort dans les semaines à venir.

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Solidarité dans l’industrie du cinéma

Pour remédier à ce désert cinématographique, les professionnels demandent à l’État un coup de pouce, comme le rapporte Le Monde. Au total, deux organisations syndicales d’exploitants et trois distributeurs demandent au gouvernement de laisser les salles ouvertes afin "d’éviter une spirale déprogrammation suivie d’une baisse de fréquentation", a déclaré Marc-Olivier Sebbag, délégué général de la Fédération nationale des cinémas français (FNCF).

Pour Éric Lagesse, le coprésident du syndicat des distributeurs indépendants DIRE, "après une fermeture de salle, le public ne revient pas". Pour lui, il "serait préférable de laisser ouvertes les salles, quitte à limiter le public", en cas de mesures drastiques.

Pour le moment, si le gouvernement a interdit les rassemblements de plus de 1 000 personnes sur le territoire, la France n’a pas décidé de fermer les salles ni de suivre les préventions italiennes. Ce lundi 9 mars, le Premier ministre italien Giuseppe Conte a annoncé qu’il allait élargir la quarantaine afin de stopper la propagation du coronavirus. Ainsi, le pays a imposé une limitation stricte des déplacements aux habitants, avec la fermeture de tous les lieux culturels.

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Comme le rappelle Le Monde, la France a fermé quelques salles dans le Morbihan et a limité l’accès à certaines d'entre elles, dans l’Oise ou le Haut-Rhin, afin d’éviter un trop gros rassemblement et de limiter la propagation du virus.

Une aide du CNC

Pour anticiper ces pertes, estimées à 5 milliards de dollars dans le monde, les acteurs de l’industrie ont demandé un bonus au gouvernement français. Lors d’une rencontre organisée entre les pouvoirs publics, les exploitants des salles de cinéma et les distributeurs, ce mercredi 11 mars, le Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC) a affirmé qu’il mettrait en place quatre mesures d’urgence pour soutenir l’industrie :

  • Paiement accéléré dès mars des subventions Art et essai pour les 1 200 établissements classés ;
  • Paiement accéléré dès mars des soutiens sélectifs aux entreprises de distribution ;
  • Possibilités de report de paiements en 2020 de la TSA pour les exploitants ;
  • Instruction d’une mesure permettant aux exploitants, distributeurs et producteurs de mobiliser par anticipation leur fonds de soutien.

Dominique Boutonnat, le président de l’institution, a également rappelé que le CNC se mobiliserait "aux côtés des entreprises qui connaîtront des difficultés". Mais selon le Figaro, cette somme possiblement débloquée et chiffrée à 180 millions d’euros sera puisée dans les fonds réservés et ne relève pas de nouvelles subventions ou d’argent nouveau.

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Ce soir, Emmanuel Macron prendra la parole pour intervenir sur le coronavirus. Le pays est actuellement au stade 2 de l’épidémie, ce qui signifie que "l’objectif des pouvoirs publics est de freiner la propagation du virus sur le territoire et d’empêcher ou, tout du moins, de retarder aussi longtemps que possible le passage au stade 3".

Par Lucille Bion, publié le 12/03/2020