Comment Thor a su se réinventer, pour notre plus grand plaisir

En changeant un peu sa recette, Marvel délivre avec Thor : Ragnarok l’une de ses meilleures productions.

"J’avais envie de faire quelque chose de différent. Cela fait déjà cinq ou six fois que je joue ce personnage, et je commençais un peu à m’ennuyer." C’est en ces mots que Chris Hemsworth nous explique le postulat de départ de ce Thor : Ragnarok. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il a été écouté.

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Profondément drôle, très second degré, sans aller jusqu’au génialement graveleux Deadpool (on est chez Disney, pour rappel), avec un script malin et des personnages correctement exploités, le nouveau film du Marvel Cinematic Universe est une véritable réussite. Il recueille d’ailleurs les meilleurs critiques de tout le MCU. Surfant sur le succès des vannes des Gardiens de la Galaxie, le réalisateur Taika Waititi a réussi à ressusciter la saga Thor après deux volets qui semblent désormais plutôt fades.

Un scénario efficace et une flopée de personnages

Ça tient en premier lieu à un scénario très bien ficelé, qui prend plusieurs directions, suit en parallèle deux aventures distinctes (ce qui est assez rare chez Marvel), utilise plusieurs arcs narratifs des comics – en l’occurrence Thor : Ragnarok, qui explore le cycle de vie, mort et résurrection des dieux nordiques d’Asgard, mais surtout Planète Hulk où le colosse émeraude devient un gladiateur sur une autre planète. Une réussite importante à souligner car elle est la force principale du film.

À ce sujet, Taika Waititi, nous explique que dès le début, Marvel avait une vision proche du résultat final :

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"La première version du scénario était différente, mais ils savaient qu’ils voulaient que Thor soit prisonnier quelque part dans l’univers, sur une autre planète, tout en voulant sauver Asgard. C’était le point de départ."

Il nous raconte surtout que Marvel l’a contacté pour insuffler une ambiance plus drôle et légère, plus colorée, malgré la gravité de la situation. Une caractéristique de sa filmographie. C’est la raison pour laquelle il s’est interdit de regarder Les Gardiens de la Galaxie avant de s’atteler à la tâche, afin d’amener une touche différente et d’éviter la comparaison.

Cela lui a permis également d’exploiter au mieux les personnages, tant les anciens, dont on découvre d’autres facettes, que les nouveaux. On pense notamment à Hulk, aux enfants d’Odin, bien sûr, mais aussi à Valkyrie, qui, bien que tombant par moments un chouia dans le cliché, apporte un souffle plutôt intéressant. Tessa Thompson nous raconte à ce sujet : "La première fois que j’ai discuté avec Taika, pour parler du film, il m’a dit : 'Je vois Valkyrie comme la Han Solo du film.'" Vous voyez l’idée.

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Une flopée de protagonistes secondaires font leur apparition, plus que d’habitude, et sont plutôt bien exploités (sauf Skurge, interprété par Karl Urban, qui est insupportable tout au long de l’histoire et ne rend pas du tout justice au personnage, particulièrement puissant dans les comics). Une petite pensée pour Korg, géniale créature faite de roche, interprétée par Taika Waititi himself, à la voix fluette et à l’intelligence discutable, qui est le perso le plus drôle du long-métrage.

On ne parlera pas de la beauté des effets spéciaux ou des combats, Marvel nous y a habitués depuis des lustres. C’est sur le reste que Thor : Ragnarok marque un virage important, voire nécessaire. Et si les studios continuent à alterner aventure intergalactique et histoire à plus petite échelle, offrant ainsi à son public des spectacles vraiment différents, on ne va pas se plaindre, loin de là.

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Par Arthur Cios, publié le 27/10/2017

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