L’entrée du Musée du Phallus en Irlande

Voilà ce que l'on trouve dans le seul musée du pénis au monde

L'Islande accueille depuis 1997 un Musée du Phallus. Le documentaire The Final Member, projeté jeudi 20 novembre à la Gaîté Lyrique dans le cadre du Club Docu Konbini, s'accorde à présenter l'histoire de l'institution.

Entrée

L'entrée du Musée du Phallus en Islande (Crédit Image Marjorie Du Manoir)

Publicité

En Islande, il n'y a pas que les volcans, les geysers ou la bouillonnante scène musicale locale qui vaillent le détour. Depuis 1997, le pays accueille un musée unique en son genre : celui du phallus. Il se dresse aujourd'hui de tout son long dans le centre-ville de la capitale Reykjavik.

Son impressionnante collection a fait la célébrité de son fondateur qui se passionne depuis son plus jeune âge pour l'étude des pénis.

Passion Phallus

Sigurður Hjartarson a toujours collectionné les phallus. De hobby alors qu'il était encore proviseur de lycée, cette passion se concrétise en 1997 dans une institution unique en son genre. Grâce à l'obtention d'une bourse de 200 000 couronnes islandaises (1 300 euros), le Musée Islandais de la Phallologie ouvre ses portes en août de cette année.

Publicité

Malgré la bienveillance de nombreux Islandais à l'égard du projet, pendant des années le musée se maintient difficilement à flot. En 2003 il n'accueille que 5 200 visiteurs par an et Sigurður peine à couvrir ses frais de gestion. Une fois à la retraite, fauché, il tente de vendre puis propose d'offrir gracieusement sa collection à la ville de Reykjavik.

Faute de repreneurs, l'homme est obligé de délocaliser son musée à Husavik, petit village de pêcheurs dans le nord du pays. Là, il ouvre un restaurant en plus du musée, et fait construire un monument à l'image du projet. Une énorme sculpture de phallus en bois en signale alors l'entrée.

Sigurður "Siggi" Hjartarson le boss du Musée Islandais du Phallus - Crédit Image Julien Potart

Sigurður "Siggi" Hjartarson le boss du Musée Islandais du Phallus (Crédits image : Marjorie Du Manoir)

Publicité

En 2012, Siggi (son surnom) lègue sa chère collection à Hjörtur Gísli Sigurðsson, son fils. Coup de buzz, celui-ci invite l'équipe islandaise de handball récemment médaillée d'argent aux J.O de Londres sur place. Il moule alors leurs sexes dans de l'argent et en fait une sculpture intitulée The Icelandic National Handball Team. La nouvelle tape alors dans l'oeil de la presse internationale, à commencer par la version américain du site d'information Slate.

Fort de sa notoriété naissante, le musée déménage à nouveau pour la capitale. À Reykjavik, il ouvre sur Laugavegur, célèbre artère commerciale, où il prospère depuis. Aujourd'hui, ce sont près de 11.000 personnes qui viennent chaque année dans le musée phallologique islandais.

À la recherche du dernier pénis

Aujourd'hui le but du musée reste le même que lors de son ouverture : rassembler les parties génitales de l'ensemble de la faune islandaise et promouvoir la très sérieuse phallologie. Vieille de 25 ans, la discipline – selon le site internet de l'institution – est en effet toujours à la recherche de ses lettres de noblesse.

Publicité

On y retrouve des objets traditionnels (plus de 300, comme on l'apprend sur Wikipedia) ainsi que 217 phallus de provenances très différentes recueillis grâce à l'aide de nombreux sympathisants. On y croise les membres de cétacés, de mammifères terrestres, de phoques et même, précise t-on, d'un ours, tout ça conservés dans du formol. Mais pas de sexe humain. 

Formol

Dans le formol, des phallus de mammifères (Crédits image : Marjorie Du Manoir)

En février, on apprenait que ce manque avait finalement été comblé. Jonah Bekhor et Zach Math, réalisateursont documenté dans The Final Member ce moment charnière de l'histoire du musée.

The Final Member, "cockumentary"

Faire entrer un sexe humain dans un musée, ce n'est pas si simple. La loi, le manque de volontaire ont longtemps empêché Siggi d'achever l'oeuvre de sa vie.

Ce rêve vieux de 15 ans, il le touche enfin du doigt en 2012. Après des années de prospection, le collectionneur se retrouve en effet face à un choix cornélien. Deux hommes lui offrent leurs pénis : d'un côté Páll Arason, iconoclaste ami du curateur qui lui lègue son sexe à titre posthume ; de l'autre Tom Mitchell – patriote américain – prêt à se faire émasculer de son vivant pour le bien de la collection.

Une seule question : qui réussira à léguer son sexe au musée ?

The Final Member raconte cette histoire surprenante. Le documentaire est projeté jeudi 20 novembre à la Gaîté Lyrique, à Paris, dans le cadre du Club Docu Konbini.

Par Tomas Statius, publié le 13/11/2014

Copié

Pour vous :