Cinq questions que je me suis posées après avoir vu Mad Max : Fury Road

Après avoir vu Mad Max : Fury Road, cinq questions essentielles me sont venues à l'esprit. J'ai tenté d'y répondre.

On dit souvent que les plus grands films sont ceux qui nous restent en mémoire bien après la fin du générique. Ce sont ceux qui nous font nous demander ce que l'on fout ici et comment est-on supposés sortir du cinéma. À l'ère d'Internet, ces grands films sont aussi ceux qui nous font passer une éternité à chercher toutes les références et autres détails que nous n'avons pas entièrement saisis au premier visionnage.

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Et tout comme nous, vous vous posez plein de questions après avoir vu un film. Et comme on est sympas, on vous évite d'entreprendre toute sorte de recherche en répondant à cinq questions que nous nous sommes posées à propos de Mad Max : Fury Road de George Miller, qui cartonne actuellement en salles.

Combien de fois est-ce que Tom Hardy parle ?

Strong and mostly silent, Tom Hardy didn't have too many lines to learn for Fury Road.

Fort et silencieux la plupart du temps, Tom Hardy n'a pas eu beaucoup de texte à apprendre pour Fury Road. Petit veinard.

Ceux qui ont déjà vu la série originale Mad Max savent que notre héros est du genre peu loquace. Et même si vous n'avez pas vu les films précédents (ce qui n'est pas nécessaire à la compréhension du nouveau film, rassurez-vous), il semble que Tom Hardy est tombé sur l'un de ses rôles les plus monosyllabique de ces dernières années.

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On n'avait pas vu de figure masculine faisant preuve d'un tel stoïcisme depuis l'interprétation de Ryan Gosling dans Drive de Nicolas Winding Refn. Ce n'est pas une mauvaise chose pour ce film, car nous serions sûrement un peu dubitatifs si ce solitaire aux blessures psychologiques profondes, qui est en plus traqué à travers le désert, avait de longs monologues à répétition.

Sauf erreur de ma part, j'ai décompté pas moins de sept phrases complètes disséminées dans deux heures d'épopée. En contre partie, Max fait entièrement confiance à ses grognements, soupirs et autres expressions faciales d'exaspération pour communiquer. Et pour être honnête, ça fonctionne.

Propagande féministe ou renforcement de la femme forte ?

She may have beaten the crap out of him when they first met, but Furiosa is broken, just like Max.  Image courtesy of Warner Bros.

Elle l'a peut-être battu à plates coutures lors de leur première rencontre, mais Max et Furiosa sont tous deux brisés psychologiquement (Image reproduite avec la permission de Warner Bros).

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Vous avez peut-être vu cette info – plutôt drôle au demeurant – parue peu de temps après la sortie de Fury Road : certains activistes du MRA (Men's Rights Activists) "luttant" pour le droit des hommes ont senti leurs entrejambes menacées car ils se sont sentis trompés par un film de propagande féministe. Ils ont même appelé au boycott du film. Ils ont été surpris que le film ne soit pas juste une accumulation d'explosions provoquées par des mecs à la virilité exacerbée.

À la place, ils ont trouvé une sélection de personnages féminins forts essayant d'échapper non seulement à l'asservissement, mais aussi à leur rôle d'incubateur dont le seul but est d'enfanter la prochaine génération de "War Boys" d'Immortan Joe.

Les activistes du MRA se plaignent que le personnage incarné par Charlize Theron, Furiosa, "monopolise" non seulement la parole, mais aussi, grands dieux, le volant. Il est vrai que Fury Road va à l'encontre des codes habituels des films d'action communément  arrosés de testostérone, mais cependant, le peu de femmes que Max rencontre sur son chemin ont tout de même besoin de son aide afin de pouvoir s'échapper malgré leur force.

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Beautiful and branded, the 'Five Wives' flee with Furiosa. Image courtesy of Warner Bros.

Belles et asservies, les "Cinq Épouses" s'enfuient avec Furiosa (Image reproduite avec la permission de Warner Bros)

Tout comme Max, Furiosa est puissante bien qu'ayant des blessures, et elle essaie d'apporter de la protection et une échappatoire aux "Cinq Épouses." Ces femmes sont délicates, effrayées, et en ont assez d'être la propriété de quelqu'un.

Elles sont incarnées notamment par Rosie Huntington-Whiteley, Zoë Kravitz et Riley Keough, et elles semblent contrebalancer la détermination de Furiosa et ses missions parfois violemment efficaces pour retourner à sa terre natale.

Combien d'essence a été nécessaire pour ce film ?

Beaucoup. Tellement qu'il est impossible de savoir combien. Mais on comprend vite pourquoi le budget de Fury Road a été estimé à 100 millions de dollars. George Miller a dû pleurer toutes les larmes de son corps lorsqu'il a fallu passer à la caisse de la station service.

Image courtesy of Warner Bros.

Image reproduite avec la permission de Warner Bros.

Avec toutes ces explosions, énormes monster trucks, tours de forages et courses-poursuites, on court droit à la pénurie d'essence et à l'extermination prochaine de la couche d'ozone. Merci bien, George.

Les scènes extérieures ont été tournées dans le désert en Namibie durant cent vingt jours en 2012. Avec un peu de chance, Miller a pu payer sa facture d'essence en plusieurs échéances étalées sur plusieurs décennies étant donné que son projet a mis plusieurs années pour voir le jour.

Un road trip dystopique qui n'avait pas besoin d'être un road trip ?

Sans vouloir spoiler en aucune mesure, il semble que Max et Furiosa auraient pu s'épargner beaucoup de problèmes s'ils étaient juste parvenus à se libérer d'Immortan Joe d'une autre manière.

Bien sûr, il est presque ridicule de suggérer l'existence d'un film Mad Max sans voiture puisque la série entière est basée sur l'errance de Max dans un monde dystopique avec pour seule compagnie le grondement du moteur de sa voiture.

Half way there the group realised they'd forgotten to pack toothbrushes... Image courtesy of Warner Bros.

À mi-chemin, ils ont réalisé qu'ils avaient laissé le fer à repasser allumé : demi-tour pour tout le monde. (Image reproduite avec la permission de Warner Bros)

Mais en regardant Fury Road, on arrive à un point où l'on a envie de se tenir le front avec consternation lorsqu'ils décident de rebrousser chemin. On se demande même pourquoi est-ce qu'ils ont commencé ce fichu voyage.

Si le futur ressemble à ça, est-ce qu'il vaut la peine d'être vécu ?

Ceci peut sembler pessimiste, mais si ce film illustre le futur de notre planète, il ne reste plus qu'à espérer que nous ne durions pas longtemps.

Max est fou, parasité par des visions de membres perdus de sa famille, par la culpabilité et la solitude. Furiosa a été enlevée de sa maison et réduite en esclavage étant enfant, et bien que les "Cinq Épouses" soient dans une cage dorée, elles sont soumises à des rapports sexuels coercitifs avec Immortan Joe (ou tout moins, à être inséminées contre leur volonté et à subir des grossesses non-désirées) afin de perpétuer sa race de War Boys super-pâles.

Image courtesy of Warner Bros.

Image reproduite avec la permission de Warner Bros.

En plus de tout ça, il n'y a plus – ou quasiment plus – d'eau sur Terre, ce qui signifie que le monde est une terre vaine, stérile et aride. La population est constituée de gangs rivaux s'entretuant afin de mettre la main sur le peu d'essence restant.

Certes, ce futur constitue un cadre incroyable pour un film, mais si c'est ce qui nous attend, il faut reconnaître que la plupart des gens opteraient pour une échappatoire dès le début.

Article traduit de l'anglais par Marie Fabre

Par Kate Lismore, publié le 25/05/2015

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