AccueilCinéma

Les cinémas français ont fait le plein en 2014, mais pas grâce aux meilleurs films

Publié le

par Aline Cantos

Cette année en France, le cinéma s'est bien porté cette année. En témoigne l'impressionnante affluence dans les salles obscures qui ont totalisé 208,43 millions d’entrées.

Le streaming et le téléchargement ont beau attaquer l’industrie audiovisuelle, rien ne semble démotiver les Français dans leur prise d’assaut des salles obscures.

Plus de 208 millions de personnes se sont rendues au cinéma en 2014, soit la troisième meilleure année de l'histoire du cinéma hexagonal après 2011 (217,1 millions) et 1967 (211,7 millions).

Passant de 33,8% du marché à 44,0% en douze mois, l'industrie cinématographique bleu-blanc-rouge n'y est pas pour rien dans ce record d'affluence. Elle concurrence désormais de très près le géant américain, qui occupe 45,1% de la diffusion sur le territoire français.

Etude CNC, 02/01/2015

Cette montée en puissance repose en grande partie sur l’aide du Centre National du Cinéma (CNC). Principal atout des productions françaises, il apporte une aide financière considérable, permettant à nombre de projets de voir le jour.

Les films les plus vus ne sont pas forcément les meilleurs

Voir le top 3 des cartons cinématographiques en France composé de Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu ?, Supercondriaque et Lucy peut laisser perplexe. Des Dany Boon, Christian Clavier ou Luc Besson caracolent sans cesse au sommet, au détriment de nombreux films de qualité. Aussi, si 36 films français réussissent à passer la barre du million de spectateurs en salles, 210 autres sont loin derrière, peinant à s'imposer sur le marché.

Le peu de renouveau de ces productions ainsi que les salaires mirobolants des acteurs donnent désormais à croire à des blockbusters à la française. Des scénarios bien rodés, une bonne dose de compassion, d’humour potache et de stéréotypes seraient-ils donc la clef du succès français ?

La tendance semble être au chiffre d'affaire plus qu'à la précision et à l'innovation. Face à cela, nombre de producteurs indépendants peinent à s'imposer. C'est notamment le cas de ceux qui ont pris le parti du drame.

Le public français attendrait aujourd'hui de la détente, du prêt-à-consommer. L'heure n'est plus à la réflexion ou à la tristesse, la crise économique occupe bien trop le rôle de catalyseur de mauvaises pensées chez les Français. Il est plus aisé pour l'audience de miser sur des valeurs sûres de l'humour, au risque d'évincer les casting "découverte" ou les scénarios s'écartant un peu trop du moule traditionnel, que l'on réservera aux cinémas moins "grand public" que les multiplexes habituels.

Cependant, la récente décision de plafonnement des salaires des stars prise par le CNC apparaît comme une aubaine qui vient dynamiser l’industrie cinématographique hexagonale. Malgré un risque de fuite des vedettes françaises, cette nouvelle règlementation semble laisser une chance aux acteurs moins établis, reléguant au placard les castings classiques.

Reste à savoir si l’audience suivra, mais au vu de ses performances de 2014, le grand écran semble tout de même avoir encore de beaux jours devant lui, en France.

À voir aussi sur konbini :