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Chris Rock enfonce les films sur les droits civiques

Publié le

par Manon Marcillat

(© Rezo Films)

"Le racisme était bien plus crasseux qu'aucun film ne l'a jamais montré."

Star de l’humour outre-Atlantique, Chris Rock est moins connu de ce côté-ci de l’océan, à l’instar de nombreux humoristes américains. Légende du Saturday Night Live et comparse d’Eddie Murphy, il a fait entrer ses one-man-shows dans le patrimoine de la pop culture américaine. Il a également eu sa propre série autobiographique et a été l’animateur de la cérémonie des Oscars à deux reprises. On peut le dire sans rougir, Chris Rock est un véritable roc de l’humour aux États-Unis.

Parmi ses thèmes de prédilection, les relations hommes-femmes, auxquelles il a consacré son dernier spectacle, Tambourine, né de son expérience du divorce, et le racisme, qu’il ne cesse de dénoncer à la télévision, dans son stand-up et dans ses performances aux Oscars, dont les cérémonies sont souvent ternies par les polémiques sur le manque de diversité.

L’acteur n’a définitivement pas sa langue dans sa poche lorsqu’il s’agit de dénoncer les discriminations subies par les Afro-Américains et il le prouve une nouvelle fois au micro de Neal Brennan, animateur du podcast "How I Feel", relayé par IndieWire.

Très remonté contre un certain genre de cinéma, Chris Rock n’a pas hésité à émettre son opinion impopulaire sur les films qui traitent du mouvement des droits civiques, souvent chouchous des cérémonies de récompenses. 

"Je déteste les films sur droits civiques. Ne vous méprenez pas, j’applaudis l’effort et il est important qu’ils existent. Le problème, c’est qu’ils ne montrent que l’arrière du bus."

La star de Fargo dénonce une version édulcorée du racisme de cette époque, "qui était bien plus crasseux qu’aucun film ne l’a jamais montré". Sans citer un titre en particulier, il regrette que ces films présentent le racisme comme "réparable". Des critiques qui avaient notamment été adressées au film Green Book de Peter Farrelly, récompensé par trois Oscars, dont celui du Meilleur film, et accusé de recycler le cliché raciste du "sauveur blanc".

Pour anticiper le potentiel scepticisme de ses interlocuteurs, Chris Rock a notamment illustré ses propos par l’expérience de la ségrégation vécue par sa propre mère, forcée d’aller chez le vétérinaire pour se faire arracher les dents car interdite de visite chez le dentiste. "Aucun film n’a jamais montré ça."

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