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"Chez nous" déprogrammé par un maire FN : la ministre de la Culture dénonce un acte de censure

Publié le

par Lucille Bion

(Chez Nous © Artémis Productions )

Pascal Verrelle, maire FN du Luc-en-Provence a fait déprogrammer les séances de Chez nous, le film de Lucas Belvaux sur la montée du populisme et de l'extrême droite. La SACD et la ministre de la Culture dénoncent un acte de censure.

<em>Chez nous </em>fait référence à un refrain souvent entendu dans les meetings de l'extrême droite.<em> </em>(© Artémis Productions )

Même avant de sortir, le film de Lucas Belvaux, Chez nous, faisait polémique. Souvent présenté comme un "brûlot anti-FN", le film du cinéaste belge s'intéresse à la montée de l'extrême droite dans le Nord de la France, un pays qu'il décrit comme divisé. Il est donc rapidement devenu la cible du FN, et notamment de Florian Philippot, vice-président du parti, scandalisé que l'on sorte un tel film à deux mois des élections.

Pascal Verrelle, maire du Luc-en-Provence, petite commune au cœur du Var, est allé plus loin que les mots. Chez nous avait été programmé les 15, 16 et 18 mars au cinéma de la ville mais a été immédiatement remplacé par Jackie, le biopic réalisé par Pablo Larraìn sur Jacky Kennedy.

Le maire a expliqué à Var-Matin avoir été alerté tardivement du programme culturel de sa ville par un agent municipal. Si tardivement, que les programmes du cinéma de la semaine ont du être imprimés de nouveau, remplaçant Chez nous par Jackie. Pascal  Verrelle a ensuite confirmé l'information, en assumant son choix dans une déclaration envoyée à l'AFP :

"J’ai été interpellé par un employé municipal qui s’est aperçu de cette programmation, alors j’ai fait en sorte de le déprogrammer, je ne vais quand même pas donner le bâton pour me faire battre."

La ministre de la Culture, Audrey Azoulay et la SACD (Société des auteurs et des compositeurs dramatiques) ont qualifié la décision du maire FN, comme un acte de "censure". Dans son communiqué intitulé "Le Front national de la censure", la SACD écrit :

"Censé incarner et défendre les valeurs de la République, cet élu a préféré les fouler aux pieds, en retirant ce film qui raconte l’ascension d’un parti populiste dans le Nord de la France. C’est un acte de censure politique assumé et une remise en cause intolérable de la liberté de création et d’expression. Les auteurs de la SACD apportent tout leur soutien à Lucas Belvaux et réaffirment le droit et la nécessité absolue pour la création de pouvoir continuer à user de sa liberté contre tous les obscurantismes et contre tous les totalitarismes."

La ministre Audrey Azoulay a pour sa part déclaré, selon Francetv info :

"Cette décision montre le vrai visage du Front national, celui de la censure, de la négation de la liberté de création, de l'atteinte à la liberté d'expression et du refus du débat démocratique."

En effet, si Chez nous dresse un portrait à charge contre le FN, la décision du maire du Luc-en-Provence passe mal dans un pays où la liberté est une valeur fondamentale inscrite dans la Déclaration universelle des droits de l'homme...

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