Avec Le Chant du loup et Grâce à Dieu, le (bon) cinéma français rayonne cette semaine

Le film d'action français Le Chant du loup et le drame poignant de François Ozon sur la pédophilie font de très bons démarrages.

Alors que Qu’est-ce qu’on a encore fait au Bon Dieu ? continue de s’imposer dans les salles de cinéma françaises, Le Chant du loup et Grâce à Dieu, sortis ce mercredi 20 février, ont fait tous les deux un très bon démarrage.

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Le Chant du loup est une grosse production écrite et réalisée par Antonin Baudry, surnommé Abel Lanzac, connu pour être derrière la bande dessinée et le film Quai d’Orsay. Arrivé sur le tard, le réalisateur était d’abord diplomate, puis conseiller culturel de l’ambassade de France aux États-Unis après avoir été conseiller de coopération et d’action culturelle à l’ambassade de France en Espagne.

Avec son parcours atypique, Baudry a toutes les cartes en mains pour repimper un peu le cinéma français. On retrouve sur son plateau un trio d’acteurs prestigieux : François Civil, Omar Sy et Mathieu Kassovitz. Et 24 heures après sa sortie, avec quelques avant-premières à son actif, Le Chant du loup a enregistré un total de 80 000 entrées. Avant 14 heures, le film enregistrait déjà 1 909 entrées, indique Première.

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Au même moment, Grâce à Dieu s’imposait dans les salles avec 2 586 entrées. Si le film de François Ozon enregistre au total près de 50 000 entrées après son premier jour d'exploitation, il aurait pu connaître un tout autre sort. En effet, ce drame sur la pédophilie accuse le prêtre lyonnais Bernard Preynat d’avoir agressé sexuellement de nombreux enfants. Plus précisément, le film se concentre sur l’association de victimes La Parole libérée, fondée en 2015 par d’anciens scouts.

En nommant les accusés mais pas les victimes, le réalisateur de Huit femmes et Jeune et jolie s’est attiré les foudres de la défense du prêtre. Le tribunal de grande instance de Paris avait été saisi pour suspendre la sortie du film jusqu’au verdict du procès, puisque l’accusé est mis en examen depuis février 2016.

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Si, lundi matin, un juge parisien a approuvé la sortie en salles, il restait un deuxième obstacle, comme le raconte BFM TV. Régine Maire, ancienne bénévole du diocèse de Lyon, est également accusée pour avoir gardé secrets les agissements du pédophile présumé. Son avocat a pris sa défense dans La Croix  :

"Il n’est pas normal que son nom apparaisse dans un film grand public alors qu’elle n’a pas donné son accord ni même jamais été contactée. Régine Maire a droit à la tranquillité publique et au respect de sa vie privée. Ce film a été réalisé du point de vue exclusif des victimes. Ce n’est absolument pas conforme à ce qui s’est passé et c’est une déformation de sa personnalité."

Les attachés de presse du film ont ensuite annoncé que le film, selon la décision du juge, sortirait bien ce mercredi et pourra vivre en salles :

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Toujours selon BFM TV, la décision du tribunal correctionnel de Lyon sera donnée le 7 mars prochain.

Par Lucille Bion, publié le 21/02/2019

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