(© Francois G. Durand/Getty)

Selon le ministre de la Culture, un César pour Polanski serait un "symbole mauvais"

Frank Riester, notre ministre de la Culture, a expliqué en quoi récompenser Polanski aux César serait un "mauvais symbole".

Un César de meilleur réalisateur pour Roman Polanski serait "un symbole mauvais", a jugé le ministre de la Culture Franck Riester vendredi 28 février matin, jour de la célèbre cérémonie française, sur France Info.

Un César de Meilleur réalisateur pour Roman Polanski "serait un symbole mauvais par rapport à la nécessaire prise de conscience que nous devons tous avoir dans la lutte contre les violences sexuelles et sexistes, c’est à chacun et chacune des votants […] de prendre ses responsabilités", a détaillé le ministre.

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En revanche, le responsable politique ne voit pas d’inconvénient à un César de meilleur film, estimant que J’accuse est l’œuvre d’une "équipe" et qu’il n’y a "pas de raison de pénaliser le collectif par rapport à un comportement éventuellement sanctionnable d’un des artistes".

Par ailleurs, M. Riester comprend la décision — qu’il trouve "sage" — de Roman Polanski de ne pas venir assister à la cérémonie des César ce vendredi soir, expliquant sa pensée ainsi :

"Avec ce qui s’est passé, depuis de nombreuses années, avec un certain nombre de femmes qui ont dit avoir été agressées par Roman Polanski, sa présence ce soir aurait été évidemment une source de tension".

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Le ministre continue :

"C’est très compliqué cette question de Roman Polanski et du film J’accuse […], on ne doit pas faire un mélange entre les œuvres et les artistes – en tout cas les hommes qui sont des artistes — parce qu’une œuvre doit être protégée. Je suis le garant de la liberté de création et de l’accès libre aux œuvres de l’art et de l’esprit. […]

Il est important de faire en sorte, de dire, que ce n’est pas parce qu’on est un artiste, même réputé, même de talent, qu’on a une garantie d’impunité, il est important de bien différencier les choses."

La 45e cérémonie des César se tient vendredi soir sous haute tension, sur fond de réformes attendues — notamment sur la parité — et de vives protestations contre les 12 nominations du J’accuse de Roman Polanski

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Illustration de ce climat explosif, elle sera précédée dès 18 heures par un rassemblement à l’appel d’associations féministes, dont #NousToutes et Osez le féminisme, pour protester contre les nombreuses nominations de J’accuse.

Konbini avec AFP

Par Arthur Cios, publié le 28/02/2020