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Les César viennent (enfin) de couper les ponts avec Roman Polanski

Publié le

par Manon Marcillat

L'Académie a supprimé la possibilité pour des personnalités du cinéma d'être membres "de droit" de l'association.

Alors que l’Académie des César avait promis une rénovation en profondeur de son institution, Roman Polanski avait cependant gardé sa place sur les bancs des César, à la faveur de son statut de membre historique de l’Association pour la promotion du cinéma (APC).

Mais une étape importante et symbolique vient d’être franchie : l’Académie a supprimé mardi la possibilité pour des personnalités du cinéma d’être membres "de droit" de l’association qui régit cette institution. Il s’agit de la première décision d’importance prise sous la nouvelle direction de Véronique Cayla, ancienne d’Arte et du CNC élue fin septembre pour tourner la page du sexisme et de l’entre-soi.

L’assemblée générale de l’association sera désormais constituée uniquement des 164 membres élus, 82 hommes et 82 femmes. Leurs électeurs sont les 4 300 membres de l’Académie, issus de la profession et qui choisissent chaque année les récipiendaires des prix les plus prestigieux du cinéma français.

Les 18 "membres de droit", qui siégeaient jusqu’alors avec eux, notamment au titre de leurs prix et récompenses passées (l’Oscar pour Polanski, par exemple), n’y figurent plus. La modification a été adoptée par une écrasante majorité de 134 voix et cette disposition s’applique immédiatement, a précisé la direction, qui "parachève ainsi son objectif premier de rénovation".

Héritage du passé, la présence de ces membres historiques était l’un des derniers abcès de fixation contre cette institution. Des féministes dénonçaient notamment la présence parmi eux du réalisateur Roman Polanski, visé par des accusations de viol. "Il n’y a désormais plus de membres de droit. Le cinéma français a choisi pour le représenter de respecter intégralement la parité et la démocratie", a salué sur Twitter une personnalité du milieu, le producteur Marc Missonnier.

Les César vont désormais s’atteler à la préparation de leur édition 2021. Elle devra faire oublier un cru 2020 marqué par les crises : la démission en février de l’ancien patron des César, Alain Terzian, et de l’ensemble de la direction, puis quelques jours plus tard, la cérémonie elle-même et la tempête provoquée par la remise du César du Meilleur réalisateur à Roman Polanski. L’image du départ fracassant de l’actrice Adèle Haenel, quittant la salle en lançant "Bravo la pédophilie !", avait marqué la soirée.

Konbini avec AFP

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