Ces 5 rôles d’enfants ont marqué le cinéma

"I see dead people."

À l’occasion des 30 ans de la Convention internationale des droits de l’enfant, France Inter et Konbini s’associent à l’UNICEF et consacrent une journée spéciale : "Les enfants d’abord !"

Maman, j’ai raté l’avion !

Un lit trampoline, des pop-corn, de la glace, un Joe Pesci qui crame, un Daniel Stern qui se prend un fer à repasser sur la tête… Noël n’aurait jamais été Noël sans les cascades des Casseurs flotteurs et surtout… la malice de Kevin McCallister. Aussi connu pour ce rôle iconique que pour les déboires qu’il a connus en grandissant, Macaulay Culkin est le premier acteur que ma génération a vu grandir (coucou la team 1990).

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Attachant parce qu’il est abandonné par sa famille, qui part en vacances en l’oubliant à la maison, le jeune héros constituait aussi un modèle pour tous les rouages qu’il pouvait mettre en place pour se défendre des cambrioleurs. Qui n’a jamais imaginé des plans machiavéliques quand ses parents s’absentaient quelques heures, au cas où un intrus s’introduisait dans la maison ?

Enfant le mieux payé du monde à cette époque, il n’a que 10 ans lorsqu’il décroche ce rôle qu’il reprendra dans Maman, j’ai encore raté l’avion !, avant d’être relayé par Alex Linz, Mike Weinberg et Christian Martyn pour Maman, je m’occupe des méchants !, Maman, je suis seul contre tous et Maman, la maison est hantée !. Pour tout vous avouer, j’ai un coffret collector de ce "Home Alone Universe", qu’il m’arrive de ressortir les soirs d’été un peu frais.

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Shining

Il y a des dizaines de gamins qui ont hanté les cauchemars des fans de films d’horreurs avant les années 1980. Qu’on parle de Damien dans La Malédiction de Richard Donner, Regan dans L’Exorciste de William Friedkin ou, si on remonte encore avant, les gosses du Village des damnées, il y a de quoi faire. Mais s’il y en a bien un qui a marqué nos rétines à tout jamais, et pas juste parce qu’il est glauque, c’est bien Danny dans l’adaptation du Shining de Stephen King par Kubrick.

Le petit garçon brille (vous l’avez ?) par un jeu absolument glaçant, alternant entre la schizophrénie, la terreur absolue causée par ses visions d’horreur, et des moments de folie pure — quand il marmonne d’une voix caverneuse "Redrum" avec un couteau de cuisine à côté de sa mère endormie, par exemple.

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Une performance d’autant plus dingue que l’acteur, Danny Lloyd, qui n’avait que 6 ans pendant le tournage, ne savait pas qu’il jouait dans un film d’horreur : il pensait que c’était une sorte de comédie familiale. L’entourage de Kubrick a fait tout son possible pour protéger le jeune Danny. L’ancien acteur a ainsi décrit un tournage sympa, où Kubrick organisait une chasse aux œufs pour Pâques et jouait à la balle avec lui. 

Il découvrira bien plus tard qu’il s’agissait d’un film d’horreur. Lloyd ne rejouera que dans un seul téléfilm, deux ans plus tard, et disparaîtra des radars — mais Kubrick a envoyé à sa famille des cartes de Noël pendant plusieurs années, et a pris des nouvelles de Danny jusqu’à ses 18 ans. Le rôle a néanmoins tant hanté les fans que Stephen King, qui a pourtant détesté l’adaptation trop libre de Kubrick, donnera une suite à son bouquin en 2013, Doctor Sleep, entièrement centrée sur ce personnage qui a désormais 45 ans et est un ancien alcoolique — d’ailleurs, l’adaptation par Mike Flanagan est sortie en salles il y a peu.

Karaté Kid

Classique des années 1980, Karaté Kid restera gravé dans les mémoires pour ses bonnes raclées, ses coups de pied en toute souplesse, ses messages subliminaux sur la tolérance et la sagesse et ses bandanas hyper tendance…

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Daniel vient de quitter le Texas pour la Californie avec sa mère. Dans son nouveau lycée, il a un peu de mal à s’intégrer mais tombe rapidement dans les bras d’Ali, ce qui ne plaît pas du tout à son ancien copain. Avec sa bande, ce dernier va lui faire vivre un véritable enfer. Pour se défendre, Daniel supplie alors son voisin, maître Miyagi, de lui enseigner la pratique du karaté. Va donc s’ensuivre un entraînement noble et long, définitivement bien ancré dans la culture mainstream.

En 1984, à la surprise générale, ce petit film d’arts martiaux bat Gremlins et Police Academy au box-office. Depuis ce succès commercial, le film a eu droit à trois sequels, un remake avec Jaden Smith et Jackie Chan, ainsi qu’une série sur YouTube. Et c’est souvent face à ces désastres industriels que l’on se rend compte à quel point les originaux ont compté dans la pop culture.

Tomboy

Laure, 10 ans, emménage dans un nouveau quartier. Le temps d’un été, elle va profiter de cette nouvelle vie pour se faire passer pour un garçon, se faisant notamment appeler Mickaël par sa nouvelle bande de copains et surtout Lisa, une jeune fille du même immeuble qui va rapidement tomber amoureuse. "Fille ou garçon ?", on ne peut effectivement trancher tant la beauté de Laure (Zoé Héran) est androgyne et tant elle reproduit avec finesse les mimiques des jeunes garçons. Sa manière de se mouvoir ou d’enlever un T-shirt, tout est subtil mais si juste.

Les quinze premières minutes du film ne répondent d’ailleurs pas à nos interrogations et on découvre la "fausse" identité de Laure avant sa "vraie". Ce "tomboy" ("garçon manqué" en anglais) est atypique à bien des égards car Céline Sciamma, la réalisatrice, laisse planer le doute sur les véritables intentions de Laure : joue-t-elle à se déguiser ou bien se travestit-elle vraiment ? Car tout le scénario repose en réalité sur un quiproquo : quand Lisa rencontre Laure, elle a les cheveux courts et un bermuda : elle sera donc pour elle Mickaël. Jeanne, sa petite sœur, est son unique complice dans ce mensonge et la belle sororité qui lie les deux enfants illumine ce film qui, sous le couvert de l’innocence enfantine, est également glaçant.

Bien que l’on voie principalement des enfants jouer, loin de ces adultes quasi absents du film, une angoisse nous saisit rapidement. On ressent comme une sorte d’étau qui se resserre avant que le couperet ne tombe : la rentrée des classes où Laure ne pourra plus faire semblant. Tomboy est un long-métrage sur la construction identitaire mais qui se passe de discours. Tout est dit dans les images et dans la gestuelle de Laure/Mickaël et c’est sur ses frêles épaules que repose toute la singularité du film.

Sixième sens

"Je vois des gens qui sont morts" n’est pas vraiment le genre de répliques que l’on attend de la part d’un jeune enfant effrayé, le visage rougi par le froid. Mais, avec le recul, quand on sait qu’elle a été écrite par M. Night Shyamalan, on ne peut s’empêcher de lui trouver une certaine poésie.

Sixième sens, le premier grand succès critique et public du cinéaste américain, est porté par l’acteur Haley Joel Osment, vu quelques années auparavant dans Forrest Gump et qui n’avait que 11 ans à l’époque tournage. Bruce Willis incarne le Dr. Malcolm Crowe, un psychologue qui suit un jeune patient, Cole Sear, qui est confronté à des mystérieuses crises de terreur impliquant des personnes décédées. 

À travers une mise en scène soignée et une horreur jamais vulgaire (mais qui prend aux tripes, la caméra suivant progressivement les terrifiantes rencontres du jeune Cole), M. Night Shyamalan propose un film d’horreur de très bonne facture, à la fois terriblement prenant mais surtout profondément humain. 

Article écrit par Lucille Bion, Arthur Cios, Louis Lepron et Manon Marcillat.

Par Konbini, publié le 20/11/2019

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