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Ces 20 films cultes sont sortis… il y a 20 ans

Publié le

par Louis Lepron

Spoiler : vous allez prendre un coup de vieux.

Que reste-t-il du cinéma de 2001 ? À travers cet article en forme de gâteau d’anniversaire temporel en provenance des quatre coins du monde, c’est la question qu’on s’est posée en se replongeant dans les longs-métrages sortis cette année-là en France.

Si elle propose de prendre la température du cinéma d’horreur japonais, de la comédie française aux prémices du XXIe siècle ou de la qualité de l’animation américaine de l’époque, cette sélection de 20 films permet aussi de redécouvrir des chefs-d’œuvre, de prendre un coup de vieux en apprenant que le premier volet de Harry Potter a désormais le droit de boire de l’alcool depuis deux ans et de se rappeler que Mathieu Kassovitz sortait avec Audrey Tautou dans des rues de Montmartre jaunies par Jean-Pierre Jeunet.

Allez, magnéto Serge !

Training Day

Il y a vingt ans, Ethan Hawke et Denzel Washington faisaient équipe dans la police des quartiers chauds de Los Angeles. Le premier, alors novice et naïf, s’imaginait grand justicier, tandis que le second, mettant le petit nouveau à l’épreuve, lui faisait découvrir la dure réalité du métier. Si ce film d’action est désormais culte, il a immédiatement été très apprécié lors de sa sortie.

De cette trajectoire sans faute, le film a surtout été gratifié par la performance de Denzel Washington qui s’est vu distinguer de l’Oscar du Meilleur acteur, s’imposant alors comme l’un des acteurs afro-américains les plus emblématiques du cinéma.

Écrite par un certain David Ayer (coucou Suicide Squad), l’histoire fait encore écho à notre époque, puisqu’elle dénonce les rouages de la rue en s’intéressant spécifiquement à la guerre à laquelle se livrent les dealers et la police américaine. South Central, Crenshaw, Watts, Firestone, Inglewood, Echo Park… pour ce faire, l’équipe du film n’avait pas hésité à porter ses caméras dans les banlieues chaudes tout en faisant participer ses habitants, le tout sur une BO qui n’a pas pris une ride.

Ring

Trois ans après sa sortie au Japon, la France découvre Ring. Une fable horrifique réalisée par Hideo Nakata et tirée d’une nouvelle de Koji Suzuki (connu pour être le Stephen King japonais), elle-même inspirée d’une légende urbaine japonaise qui voyait une cassette maudite… tuer ceux qui la visionnent.

Ring a non seulement renouvelé le genre “yurei eiga” au Japon, entraînant des suites et des remakes américains tous les dix ans et bouleversant une partie de l’industrie du cinéma japonais (des films gros budgets aux séries B), mais a surtout profondément marqué une génération entière de cinéphiles avides de frissons.

Car ce long-métrage de 1998 ne tire pas son statut de film culte que de son histoire désormais bien connue, mais surtout des idées de mise en scène qui glacent le sang (Hideo Nakata a par exemple demandé à l’actrice qui incarne le fantôme de Sadako de réaliser ses mouvements à reculons pour nourrir une impression bizarre lorsque les images sont inversées au montage), une bande-son qui tire plus vers les ambiances sonores que des compositions classiques, et une présentation progressive des personnages (et surtout du “monstre”). Ring s’avère être un thriller d’une rare espèce, efficace et précis, sobre et foudroyant. Chef-d’œuvre ? Absolument.

Shrek

Shrek, l’Âne, Pupuce, Fiona, le Chat potté, Robin des bois, P’tit biscuit : tous ces personnages iconiques de la pop culture fêtent cette année leurs 20 ans. Au cours de ces deux dernières décennies, leurs aventures nous ont accompagné à travers des suites et des spin-off, taillant une franchise à succès incontournable pour toutes les jeunes générations.

Si on doutait encore de l’importance de Shrek dans le patrimoine culturel et l’industrie, la décision de la Bibliothèque du Congrès de conserver et protéger l’œuvre au sein du Parlement américain a apporté une réponse claire. Sur le fond, Shrek aura aussi permis de donner une tout autre image des princesses de château qui préfèrent vivre le grand amour dans un bain de boue dégueu plutôt que dans un immense palais. Cette héroïne peu conventionnelle symbolise bien l’avant-gardisme des studios DreamWorks.

Le Seigneur des anneaux : La Communauté de l’anneau

Aujourd’hui, il semble impossible d’imaginer l’heroic fantasy en dehors de la référence absolue qu’est devenue la trilogie de Peter Jackson. Avec La Communauté de l’anneau, les spectateurs assistaient en 2001 à l’avènement d’une grande épopée du cinéma, une aventure qui cristallise l’essence de toutes les histoires qui ont été, ou seront un jour, racontées.

Le Seigneur des Anneaux est un conte qui fait ressentir la force des symboles et l’ironie cruelle de la grande histoire. La photographie de Jackson se révèle intemporelle, les orques, les elfes, Fondcombe : le spectateur ne peut qu’y croire. Un véritable tour de force, réalisé par un savant mélange de maquillage, de décors réels et d’effets numériques, qui a servi l’un des plus grands spectacles jamais mis en scène. Vingt années se sont écoulées, mais personne n’est véritablement revenu de son périple en Terre du Milieu.

Donnie Darko

Il y a vingt ans, on découvrait un jeune acteur pour son tout premier rôle en tête d’affiche, un certain Jake Gyllenhaal. Celui qui sera par la suite dirigé par David Fincher, Denis Villeneuve et Sam Mendes n’est à cette époque qu’un comédien à peine âgé de 20 ans.

Dans la première scène de Donnie Darko, on le voyait dévaler aux aurores une pente alors que résonnait “The Killing Moon” d’Echo and the Bunnymen, dévoilant le réveil des habitants de la petite ville (fictive) de Middlesex, pendant la campagne présidentielle de 1988 et à quelques jours d’Halloween. La scène se terminait chez lui, alors qu’il se dirigeait vers un frigo sur lequel on pouvait lire une note : "Where is Donnie ?".

Donnie Darko est un ovni cinématographique. Le genre de film qui n’aurait jamais dû voir le jour, porté par un réalisateur inconnu au bataillon (Richard Kelly), réalisé avec un budget de 5 millions de dollars, soutenu par Drew Barrymore qui permit de le sortir en salles, assorti d’une liste de morceaux parfaitement en accord avec l’époque (couplée avec une reprise sublime de Tears for Fears, "Mad World", chantée par Gary Jules), laissant entrevoir une œuvre atypique et poétique, mélangeant science-fiction et drame de quartier, plongeant le spectateur dans un monde à la fois reconnaissable et lointain.

Comme si Donnie Darko n’avait finalement été qu’un personnage qui s’était autodétruit dans une parenthèse temporelle d’un autre monde. Et vingt ans après, il continue paradoxalement de traverser le temps.

La Revanche d’une blonde

Sa typo écarlate, ses petits stylos à paillettes, son brushing impeccable et son chihuahua : Reese Witherspoon est devenue une icône pour toutes les blondes et pour la mode. Il y a vingt ans, Elle Woods nous faisait voir la vie en rose après sa rupture brutale avec un petit ami ambitieux et méprisant.

Ce feel good movie délicieux ressemble en apparence à un gros bonbon trop sucré mais révèle sous son emballage une guerre musclée contre les clichés faciles. Cette bataille féministe aura rapporté 142 millions de dollars pour un budget de 18 millions de dollars, avant d’être développée à travers un deuxième volet et bientôt un troisième – à en croire les rumeurs hollywoodiennes.

Harry Potter à l’école des sorciers

C’est le tout premier volet de la saga qui a fédéré des cohortes de fans déjà accros aux livres de J. K. Rowling. Et pour ce premier film – de très loin meilleur que le confus numéro 2 –, c’est Chris Columbus, le réalisateur de Maman, j’ai raté l’avion, qui est derrière la caméra. C’était pourtant Steven Spielberg qui avait d’abord été approché, avant d’abandonner suite à un désaccord avec l’autrice britannique qui voulait un casting exclusivement british.

D’ailleurs, si vous souhaitez embrasser votre nostalgie et vous plonger dans des archives, il faut regarder les premières auditions de Harry, Ron et Hermione, quand ils n’étaient encore que des jeunots. Grâce à sa ressortie en salles cet été, en pleine pandémie, le film a dépassé le milliard de recettes dans le monde. Une preuve que l’on peut de nouveau regarder le film même vingt ans après, tant l’inventivité et la richesse de cet univers ne cessent de nous émerveiller.

Pourrait-on imaginer une suite à ces sept films, dont le dernier date de 2011 ? Rupert Grint, l’acteur qui joue Ron, a récemment déclaré qu’il serait lui prêt à rempiler pour un nouveau film sur l’incorrigible Potter. Reste à savoir si Emma Watson et Daniel Radcliffe seraient eux aussi partants…

La Famille Tenenbaum

Il est impossible de rester à l’écart de La Famille Tenenbaum, œuvre majeure de la filmographie de Wes Anderson, confectionnée trois ans après Rushmore, son deuxième long-métrage. Il y a déjà ce casting hallucinant, composé par Gene Hackman, Anjelica Huston, Ben Stiller, Owen Wilson, Bill Murray, Danny Glover ou encore Gwyneth Paltrow. Mais avoir un beau casting ne suffit pas.

Il y a ensuite cette famille qui semble imploser de l’intérieur, avec ses histoires, ses failles, ses romances, ses drames, comme peints par un Wes Anderson qui maîtrise déjà les plans symétriques, comme pour mieux contrôler la représentation de leur destin, à travers celui de trois frères et sœurs au beau milieu du divorce (interminable) de leurs parents.

La Famille Tenenbaum n’est pas seulement une comédie enlevée sur des morceaux des Beatles, des Ramones ou des Rolling Stones. C’est un conte familial émouvant à l’humour corrosif et dont la scène iconique restera pour toujours cette fameuse descente aux enfers dans une salle de bains bleutée avec "Needle in the Hay" d’Elliott Smith qui résonne sur un miroir mortifère. Culte, à n’en pas douter.

Les Autres

Le film fantastique du réalisateur Alejandro Amenábar est un chef-d’œuvre du genre. En vingt ans, le film est devenu culte, à tel point qu’un remake du long-métrage a été annoncé en avril dernier et il devrait également être adapté en série en cette année anniversaire.

Les Autres est un huis clos familial tendu dans un manoir normand, où une mère et ses deux enfants sont condamnés à rester enfermés chez eux à cause d’une mystérieuse maladie rare qui les empêche de s’exposer à la lumière du soleil.

Ils accueillent alors trois anciens domestiques de la maison à leur service, ces "autres" qui provoqueront leur tourmente, jusqu’à la surprenante apothéose finale. Nicole Kidman y est magistrale en mère étouffée et étouffante, dans ce film où les thèmes de l’isolement et de la paranoïa résonnent tragiquement avec l’actualité.

Le Journal de Bridget Jones

S’il y a vingt ans, on regardait de loin, le regard amusé, les déconvenues de la plus célèbre des célibataires, les années aidant et la trentaine approchant, sa situation ne nous semble aujourd’hui plus aussi marrante.

Aujourd’hui, Renée Zellweger, son interprète ingénue, s’est étoffée et a gagné en maturité, jusqu’à décrocher l’Oscar de la Meilleure actrice l’an dernier pour sa performance dans Judy. Mais le film Bridget Jones a quant à lui bien mal vieilli.

Helen Fielding, l’auteure des livres et coscénariste des films, n’assume plus vraiment sa création et son sexisme quotidien banalisé. “Le niveau de sexisme auquel était confronté Bridget, comme les mains aux fesses dans de très nombreuses scènes, rend le film assez choquant pour moi aujourd’hui”, a-t-elle déclaré sur les ondes de la BBC. Outch.

Vidocq

Dans cette liste uniquement constituée de grands films, Vidocq semble faire tache. C’est vrai que comparé à des œuvres de Spielberg, Lynch ou Miyazaki, le film de Pitof fait office d’intrus. Objectivement, il s’agit d’un film difficile à regarder en 2021. Mais cela n’enlève en revanche rien au fait qu’il s’agit d’une œuvre importante, et que son anniversaire mérite d’être souligné.

Il s’agit du premier film intégralement tourné en numérique. Oui, avant L’Attaque des clones de Lucas. Alors forcément, il souffre d’une technologie désormais vieillie et d’une volonté de profiter de toutes les qualités qu’offrait cette innovation de manière criarde et nauséabonde. C’est un film moche, qui l’était déjà à sa sortie. La vitesse des images et l’incrustation font peur.

Mais il faut voir le film comme un cobaye. Pitof était un technicien qui avait signé les effets spéciaux des deux premiers films de Caro et Jeunet (Delicatessen, La Cité des enfants perdus). Il était le mieux placé pour exploiter toutes les nouvelles caractéristiques du numérique. Quitte à ne pas se rendre compte que son scénario est trop riche, son ambition trop grande (un polar historique façon Citizen Kane qui alterne entre horreur, steampunk et les tableaux du XIXe siècle), et qu’il dirige assez mal tout son casting.

Raté, oui, mais important dans l’histoire du septième art.

Le Voyage de Chihiro

Alors qu’il occupait jusqu’à la semaine dernière la première place invaincue du box-office nippon avec 23 millions d’entrées, la rêverie du grand Hayao Miyazaki vient de se faire damer le pion par Demon Slayer. Il n’en reste pas moins que Le Voyage de Chihiro est probablement l’un des films, tous genres confondus, les plus connus du cinéma japonais.

La quête initiatique et onirique de la jeune Chihiro dans le monde des esprits figure d’ailleurs régulièrement dans les meilleurs films du XXIe siècle, comme ici pour le New York Times, probablement parce qu’il ne vieillit pas et fascine toutes les générations. Ce chef-d’œuvre a tout simplement valu un Oscar à son réalisateur, seul Japonais face à des concurrents tous américains, dans la catégorie Film d’animation.

Et bien, Miyazaki a refusé d’assister à la cérémonie pour protester contre l’invasion américaine en Irak. Quel panache ! Le Voyage de Chihiro est à ce jour le seul film d’animation à avoir remporté un Ours d’or au Festival de Berlin, ce qui prouve qu’il est absolument incontournable.

Battle Royale

Il est fort dommage que l’on réduise souvent Kinji Fukasaku à Battle Royale. Il a une filmographie qui mériterait d’être étudiée bien plus souvent, et c’est tout simplement l’un des cinéastes japonais les plus importants du XXe siècle. Mais force est de reconnaître que son bijou ultime, dernier film qu’il pondra avant de mourir (il décédera quelques jours après le début de la désastreuse suite de Battle Royale), est un coup de force.

Un coup, qui va marquer la génération suivante, sans même le savoir. Car outre le film en lui-même, qui est brillamment exécuté, c’est le concept qui deviendra central à la culture actuelle. Sans ce récit d’une classe de gamins envoyés sur une île pour s’entretuer jusqu’à ce qu’il n’en reste qu’un, pas de Hunger Games, pas de Fortnite et consorts. En 2021, cela semble difficilement imaginable. Et pourtant, tout venait d’un génial film japonais culte, qui fête ses 20 ans cette année.

A.I. Intelligence artificielle

Sans non plus dire que tous les films de Steven Spielberg méritent d’être célébrés, ni qu’il s’agit du meilleur de l’un des plus grands cinéastes de l’histoire, A.I. Intelligence artificielle n’en demeure pas moins une œuvre majeure qui mérite d’être reconnue.

Déjà parce que l’on parle d’un projet initié par Stanley Kubrick dans les années 1970, avant qu’il tente en vain de refiler le bébé à son ami Spielberg dans les années 1980. C’est à la mort de Kubrick, peu après la sortie d’Eyes Wide Shut (1999), et alors que le film se concrétisait, que Spielberg décide de reprendre le flambeau. Mais aussi tout simplement parce que c’est un très beau film.

Pinocchio moderne, le film suit un androïde au visage de petit garçon, abandonné par ses parents adoptifs, qui part à la recherche de son humanité accompagné d’un robot gigolo (Jude Law). Une très belle réflexion sur la notion de l’amour, des émotions, des pulsions humaines, voire même de l’humanité à proprement parler, à l’ambition folle et d’une intelligence dingue. Une poursuite, aussi, de l’héritage immense de Blade Runner.

Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain

Amélie a 20 ans, un âge qui lui sied bien. À l’instar de la tour Eiffel ou du Sacré-Cœur, Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain a tant voyagé que le film fait office de carte postale pour les francophiles du monde entier, tout autant que partie intégrante du patrimoine français. 8,6 millions d’entrées en France, 23 millions à l’international, quatre César et cinq nominations aux Oscars, c’est ce qui s’appelle un palmarès costaud.

Mais surtout, combien de pianistes en herbe ont appris les valses de Yann Tiersen ? Combien de couples énamourés se sont rués dans les photomatons qui hantent encore parfois les stations du métro parisien ? Quel autre réalisateur peut se targuer d’avoir fait d’une rue, la rue Quincampoix, un lieu de pèlerinage ? C’est sûrement à ça que l’on mesure le degré de culte voué à un film, quand il contamine la société de nombreux petits tocs et rituels.

La Amélie-mania a si bien fonctionné, que le rôle a collé à la peau d’Audrey Tautou pendant bien des années et même à celle de son réalisateur qui osera déclarer : "Amélie, c’est moi." S’il a refusé de voir le film adapté en série télévisée, Jean-Pierre Jeunet avait tout de même annoncé à IndieWire, en 2019, qu’il planchait sur un mockumentary, soit un faux documentaire sur les coulisses du tournage. De quoi ravir les fans d’Amélie. Et si c’est Jean-Pierre Jeunet qui vous a manqué, et bien il a commencé en octobre dernier le tournage de Big Bug, un film de SF pour Netflix.

Fast & Furious

Vingt ans, c’est le nombre d’années depuis notre première rencontre avec Vin Diesel derrière un volant, aux côtés de feu Paul Walker. C’était dans Fast & Furious premier du nom et, deux décennies et huit films plus tard, la formule est désormais bien connue des spectateurs : on plonge dans le monde merveilleux du tuning en Californie, on croise des femmes-objets, on est témoin d’une enquête de police, on met quelques scènes d’action bien senties, une grosse musique actuelle (de Ja Rule à Ashanti) et on y ajoute un énorme bol de valeurs familiales. "Voilà".

Résultat ? Une saga désormais forte de 6 milliards de dollars de recettes qui n’évolue qu’à travers les changements physiques de ses personnages (Richard Linklater l’a pressenti, Justin Lin l’a concrétisé avec des millions de dollars) et les challenges de mises en scène (sur fond vert) de plus en plus fous. Le prochain en date pour Fast & Furious 9 ? Aller dans l’espace. Évidemment.

Mulholland Drive

Il y a vingt ans, David Lynch dévoilait son puzzle illusionniste au Festival de Cannes et une fois n’est pas coutume, on a ici envie de s’exclamer : “seulement vingt ans ?”. Seulement vingt ans que Mulholland Drive est inscrit au panthéon des chefs-d’œuvre de l’histoire du cinéma. Seulement vingt ans que ce récit aussi sinueux que la célèbre route des hauteurs de Los Angeles torture les neurones des spectateurs qui le découvrent pour la première fois ou le regardent pour la 50e fois.

Il y a vingt ans, Lynch décidait de mettre en scène une histoire d’amour lesbienne et à nu une industrie hollywoodienne violente et sexiste, véritable machine à broyer les femmes. Et il y a vingt ans, c’était encore une petite révolution. Mais cela fait également vingt ans que son réalisateur se refuse à expliquer Mulholland Drive, sans cesse réinterprété, décortiqué ou analysé, interdisant ainsi à son chef-d’œuvre de vieillir.

Moulin rouge

On l’admet, le cinéma kitsch de Baz Luhrmann et ses montages épileptiques sous des couches de couleurs criardes peuvent parfois donner la nausée. Et Moulin rouge ne fait pas exception à la règle.

Si cette comédie musicale mièvre et son Paris en carton-pâte nous écœureraient à coup sûr en 2021, on garde cependant un souvenir ému de cette tartine baroque, emmenée par une Nicole Kidman déjà au sommet et dynamisée par des classiques de la pop culture revisités façon Broadway.

Vanilla Sky

2001 aura été l’année où les cinéastes ont joué avec nos nerfs et maltraité nos esprits désorientés. Après Mulholland Drive de David Lynch, Cameron Crowe nous a livré un remake, ou plutôt une reprise quasi exacte, du film du cinéaste chilien Alejandro Amenábar sorti trois ans plus tôt.

Tombé amoureux du film et de Penélope Cruz, son actrice principale, Tom Cruise a embarqué Cameron Crowe dans l’aventure et, ensemble, ils ont transposé le récit dans le monde luxueux de David Aanes, charismatique éditeur new-yorkais à succès.

Vanilla Sky s’ouvrait donc en plein rêve éveillé d’un Aanes s’épanouissant dans un triangle amoureux, entre une divine Penélope Cruz et une Cameron Diaz jalouse. Mais le film virait rapidement au cauchemar en opérant un virage à 180 degrés pour sonder la psyché de David Aanes, aussi meurtrie que son visage défiguré par un accident vengeur. Et sous ses deux strates, entre rêve et cauchemar, se jouait une tout autre dimension, celle des rêves et des illusions, un monde parallèle qui a définitivement marqué le début des années 2000.

La Tour Montparnasse infernale

Énorme succès populaire de 2001, La Tour Montparnasse infernale a révélé le duo comique de H pour la première fois au cinéma, en gang de laveurs de carreaux crétins, qui se retrouve coincé dans une prise d’otage rocambolesque.

Nos Dumb et Dumber nationaux en ont profité pour parodier les classiques de toute une génération, de Die Hard à Matrix, tout en offrant au bâtiment le plus laid de France son unique heure de gloire de l’histoire.

Éric Judor

Mais l’affreux monument pompidolien et l’humour plus que potache de ces deux idiots ont fait se bidonner deux millions de Français, tandis que leurs jeux de mots bas de plafond sont devenus des répliques cultes toujours fermement ancrées dans la culture populaire vingt ans plus tard.

Un article écrit avec passion par Arthur Cios, Lucille Bion, Hong-Kyung Kang, Louis Lepron, Manon Marcillat et Émilie Papatheodorou.

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