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Ce compte Instagram met les réalisatrices à l’honneur

Publié le

par Lucille Bion

( © Ad Vitam )

Julia Ducournau, Dee Rees, Deniz Gamze Ergüven… elles viennent des quatre coins du monde et partagent la même passion pour le cinéma. @lesonzepourcent les met à l’honneur.

<em>Mustang</em>, de Deniz Gamze Ergüven. (© Ad Vitam)

11 %, c’est le pourcentage de films réalisés par des femmes parmi les 250 qui ont rapporté le plus à Hollywood en 2017. C’est peu. C’est alarmant. En optant pour ce blase symbolique, un compte Instagram – lesonzepourcent – a décidé de mettre à l’honneur les femmes du cinéma.

En promouvant leurs films à travers des stories et des photos, ces deux étudiant·e·s, Aude et John, comptent bien agir pour rétablir l’équilibre de la balance. Cette initiative féministe célèbre "l’autre moitié de l’histoire du cinéma".

Grosso modo, comme nous l’expliquait Audrey Clinet, fondatrice du label Eroïn, les écoles de cinéma respectent la parité. En revanche, c’est ensuite dans le domaine de la réalisation que l’écart se fait sentir. En ce qui concerne les courts-métrages, il ne reste plus que 35 % de femmes réalisatrices et sur les longs-métrages, 20 %.

Selon le duo, le problème "vient de la production et la distribution". Il se réfère à une étude du CNC révélant que la somme moyenne accordée à un film réalisé par une femme est inférieure de 1,2 million d’euros à celle d’un film réalisé par un homme :

"Certaines réalisatrices dont on suit le travail sont récompensées dans plein de festivals mais ça ne les empêche pas d'avoir du mal à trouver des financements. Ce qui est vraiment embêtant, c'est que ces films existent mais qu'il n'y a que très peu de communication autour."

D’un ciné-club à Instagram

Concrètement, le compte @lesonzepourcent s’intéresse à chaque fois à un film en particulier et résume rapidement le profil de la réalisatrice choisie. Ils nous a confié qu’ils ingurgitaient beaucoup de films pour élaborer une sélection éclectique et soucieuse de représenter les minorités :

"On essaie le plus possible de faire des choix diversifiés. On a à cœur de montrer le travail de réalisatrices racisées car elles sont peu soutenues par l’industrie.
On tend aussi vers des films qui ne sont pas forcément européens ou américains. Mais aussi de la diversité dans les genres : fictions, documentaires, films expérimentaux, drames, films d’action, comédies musicales… histoire de montrer que les réalisatrices sont partout, il suffit juste de chercher un peu !"
À la base, ces deux cinéphiles voulaient créer un ciné-club paritaire. En dépit d’un élan enthousiaste, ils s’aperçoivent très vite que beaucoup de films étaient signés par des réalisateurs hommes. Trop. Leur projet est un échec. Pour ne pas rester dans la passivité, ils décident de créer @lesonzepourcent :
"On a donc décidé de créer un équivalent virtuel, où chacun·e pouvait faire sa projection chez soi, grâce aux liens de visionnage qu’on fournit. À l’avenir, on aimerait organiser des projections des films des 11 %, pour pousser notre projet jusqu’au bout. Mais aussi de proposer à d’autres personnes de rejoindre notre équipe, que ce soit à l’étape de la recherche des films et des visuels, de la rédaction des contenus, ou encore de la préparation des stories !"
Bien déterminés à défendre leur projet, les mystérieux Aude et John, cachés derrière leur écran tel un Mr Robot, veulent révolutionner une industrie en pleine implosion.
 

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