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Bong Joon-ho déclare sa flamme au terrifiant Hérédité

Publié le

par Lucille Bion

Fans du film d'horreur, vous pouvez désormais acheter le scénario intégral d'Hérédité grâce à A24.

Après Martin Scorsese qui a rendu hommage à Midsommar, au tour de Bong Joon-ho de flatter l’ego d’Ari Aster. Le cinéaste oscarisé pour Parasites a déclaré sa flamme à Hérédité, dans l’avant-propos d’un très joli livre. Disponible sur le site d’A24, cet ouvrage de 240 pages coûte 60 dollars (51 euros) et comprend également le scénario intégral du film, un essai de l’autrice Leslie Jamison et quelques plans annotés du cinéaste. 

Film d’horreur inoubliable par ses spectres terrifiants et son héroïne non moins flippante (jouée par Milly Shapiro), ce premier long-métrage d’Ari Aster a fait de ce dernier le plus prisé des réalisateurs spécialisés dans le genre horrifique. Si le pitch s’avère assez simple — puisqu’il raconte les expériences traumatisantes d’une famille, après la mort de leur grand-mère qui leur cachait un terrible secret —, Hérédité coupe le souffle pendant deux heures et fait réfléchir, même les plus résistants d’entre nous, avant de dormir. 

Pour Bong Joon-ho, Hérédité est emprunt d’une "horreur profonde", qu’il décrit en quelques lignes :

"Alors que le film est un travail impeccable du genre, dans lequel les éléments sont occultés avec intelligence et extrêmement bien ficelés, je me demande si le genre n’est pas qu’une couverture pour la véritable horreur. Parce que l’horreur réelle vient de la famille en elle-même.

L’une des scènes les plus terrifiantes dans le film est ce dîner à peine éclairé, qui n’a aucun élément caché et repose uniquement sur la performance explosive de Toni Collette. Le film parle ostensiblement de l’enfer que subit une famille, de génération en génération, mais il dit en fait que la famille elle-même (ou les liens définis par le sang) est l’enfer. Dans Hérédité, Ari Aster va au-delà des pièges du genre et livre une horreur véritable et profonde. Une horreur qui est primaire et qu’on ne peut pas fuir."

A24 n’en a pas fini avec Hérédité

Dès la sortie du film en 2018, le distributeur modèle A24 avait d’ailleurs réussi un joli coup marketing en prenant le pouls et le rythme cardiaque des spectateurs, comme pour avertir le public qu’Hérédité n’était pas de tout repos. Deux ans après, A24 prouve donc avec ce nouvel ouvrage que la politique de la maison n’est pas de sortir ses films pour passer à autre chose, mais d’accompagner aussi loin que possible ses œuvres. 

Avec ses 80 millions de dollars amassés au box-office mondial et ses excellentes critiques, le studio peut se targuer du destin d’Hérédité. Ari Aster, après son deuxième succès Midsommar, a expliqué qu’il allait continuer dans sa lancée en réalisant un film de quatre heures. Ce nouveau projet sera "soit une comédie cauchemardesque cheloue ou un gros, maladif, mélodrame familial". Frissons garantis.

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