Ae Dil Hai Mushkil, le film de la discorde, pourra tout de même sortir en Inde, malgré l’interdiction nouvelle pour les acteurs pakistanais de jouer dans des productions indiennes (© Dharma Productions)

Sous la pression des nationalistes, Bollywood écarte les acteurs pakistanais

Dans un contexte troublé entre l'Inde et le Pakistan, Bollywood a accédé à une exigence d'extrémistes indiens, qui refusent que les acteurs pakistanais jouent dans les productions locales.

Ae Dil Hai Mushkil, le film de la discorde, pourra tout de même sortir en Inde, malgré l'interdiction nouvelle pour les acteurs pakistanais de jouer dans des productions indiennes (© Dharma Productions)

Ae Dil Hai Mushkil, le film de la discorde, pourra tout de même sortir en Inde, malgré l'interdiction nouvelle pour les acteurs pakistanais de jouer dans des productions indiennes (© Dharma Productions)

Entre l'Inde et le Pakistan, les relations sont toujours tendues. Tellement tendues, en fait, que le secteur du cinéma indien a dû se plier à certaines exigences : à la suite de pressions d'extrémistes hindous, la Guilde des producteurs de cinéma et de télévision d'Inde s'est engagée à ne plus embaucher d'acteurs pakistanais.

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Un parti nationaliste indien a menacé d'attaquer les salles de projection qui diffuseraient Ae Dil Hai Mushkil, un film de Karan Johar dans lequel figure le comédien pakistanais Fawad Khan, pourtant populaire en Inde. Sa présence à l'écran promet d'ailleurs de ne pas occulter celle des autres acteurs indiens du film, loin de là, comme il l'explique lui-même dans The Indian Express.

Mais avec la promesse de ne plus faire jouer d'acteurs pakistanais à l'avenir, la Guilde a sécurisé la sortie de ce film pour le week-end prochain, grâce à un accord passé entre les nationalistes et un représentants du syndicat de Bollywood.

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"Dans l’intérêt général, compte tenu du sentiment des habitants et des soldats du pays tout entier, nous ne travaillerons plus à l’avenir avec des acteurs pakistanais", voilà ce qu'a déclaré à la presse Mukesh Bhatt, président de la Guilde des producteurs de cinéma et de télévision d'Inde.

L'accord a été conclu à la suite d'une rencontre entre le réalisateur Karan Johar et Raj Thackeray, leader du parti d’extrême droite Maharashtra Navnirman Sena (MNS), des représentants de la Guilde et arbitrée par Devendra Fadnavis, premier ministre de l’état de Maharashtra – où est située Mumbai, capitale de l'industrie cinématographique, surnommée Bollywood.

Une amende payée à l'armée en signe de "pénitence"

Ce n'est pas tout : pour montrer patte blanche, Karan Johar a également dû s'engager à verser 50 millions de roupies (685 000 euros) à l'armée indienne, en signe de "pénitence", comme indique l'AFP. Raj Thackeray, le chef du parti d'extrême droite, a consenti à suspendre les appels à la violence qui visaient le film jusque-là.

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Début octobre, les tensions entre les deux puissances nucléaires se sont accrues à la suite de raids meurtriers dans le Cachemire en septembre et octobre qui ont notamment conduit l'Inde à l'évacuation de milliers d'habitants de localités frontalières du Pakistan.

Depuis, l'AFP indique que ce contexte de troubles déborde dans le monde de l'entertainement, avec la suspension de la diffusion d'œuvres indiennes au Pakistan et les menaces de violences en Inde contre les cinémas programmant des films affichant des acteurs pakistanais au casting.

Par Théo Chapuis, publié le 24/10/2016

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