( © Warner Bros )

Blade Runner 2049 : Denis Villeneuve défend l’image de ses héroïnes

Femmes à poil, prostituées hypersexualisées… La représentation des femmes dans Blade Runner 2049 a pu en étonner quelques-uns. Denis Villeneuve, plutôt connu comme un cinéaste féministe, se défend et invoque un faux procès.

Après Sicario ou Premier Contact, Denis Villeneuve vient de signer la suite de Blade Runner, film culte des années 1980. Le réalisateur canadien, qui a souvent mis en avant des héroïnes badass, dépeint dans Blade Runner 2049 des femmes hypersexualisées.

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Mais si l’on remet les choses en contexte, le film dénonce avant tout la société de consommation et il n’y a donc pas de quoi s’offusquer devant cette pub géante cherchant à vendre une femme de joie, véritable objet sexuel, à Ryan Gosling.

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Le réalisateur s’est d’ailleurs exprimé dans les colonnes de Vanity Fair sur sa vision des femmes, dans le cinéma et dans ce film :

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"Je fais très attention à la manière dont je représente les femmes dans mes films. C’est mon neuvième film, et dans six d’entre eux le personnage principal était une femme. Le premier Blade Runner était très dur avec les femmes ; ça avait quelque chose à voir avec l’esthétique des films noirs. Mais j’ai essayé de donner de la profondeur à tous les personnages. Pour Joi, le personnage holographique, vous pouvez voir son évolution. C’est intéressant, je pense."

Pour sa défense, le cinéaste canadien était chargé de prolonger un Blade Runner original très misogyne (Harrison Ford qui embrasse de force l’héroïne, par exemple). Ainsi dans ce nouveau Blade Runner 2049, le vrai vilain n’est pas tant Jared Leto, que l’on voit finalement peu à l’écran, mais sa sbire badass, interprétée par Sylvia Hoeks, qui met raclée sur raclée à Ryan Gosling.

Denis Villeneuve poursuit :

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"Le cinéma est un miroir de la société. Blade Runner ne parle pas de demain, mais d’aujourd’hui. Et je suis désolé, mais le monde n’est pas tendre avec les femmes. Il y a une idée dans le cinéma américain : vous voulez dépeindre un monde idéal. C’est bien, rêver d’un monde meilleur, plaider pour quelque chose de mieux, oui. Mais si vous regardez bien mes films, ils s’intéressent aux zones d’ombre actuelles. Le premier Blade Runner est le plus grand manifeste dystopique du siècle dernier. J’ai réalisé la suite de cela, donc oui, c’est une vision dystopique d’aujourd’hui. Qui magnifie tous les défauts."

Denis Villeneuve, que nous avions interviewé à l’occasion de la sortie de Blade Runner 2049 nous avait avoué qu’il aimait écrire sur les femmes et leur pouvoir sur le monde. Pour ceux qui en doutent encore, non, Denis Villeneuve n’est pas sexiste :

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Par Lucille Bion, publié le 27/11/2017

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