autant en emporte le vent
gone with the wind
1939
réal : Victor Fleming
Vivien Leigh
Hattie Mc Daniel

Collection Christophel

Un biopic sur Hattie McDaniel, la première Afro-Américaine à avoir reçu un Oscar, va voir le jour

Hollywood va consacrer un biopic à Hattie McDaniel, la première actrice noire à avoir reçu un oscar pour son rôle dans Autant en emporte le vent. Son parcours fascinant méritait d’être porté à l’écran.

Hattie McDaniel interprétait Mammy aux côtés de Vivien Leigh dans Autant en emporte le vent. (© MGM/Théâtre du temple)

Près de quatre-vingts ans après avoir reçu l’Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle pour Autant en emporte le vent, Hattie McDaniel, décédée en 1952, va avoir droit à son biopic. Récompensée pour son rôle dans le film de Victor Fleming, adapté du roman de Margaret Mitchell, la comédienne est devenue, en 1940, la première Afro-Américaine à se voir décerner une statuette dorée. Elle jouait alors "Mammy", la servante de Scarlett O’Hara (Vivien Leigh), un second rôle féminin dans un film qui restera aussi mythique que controversé.

Publicité

Le 29 février 1940, jour de la 12e édition des Oscars, l’actrice est ainsi devenue un symbole pour toute l’industrie cinématographique :

Voici la traduction du discours qu’elle a prononcé ce jour-là :

Publicité

"Membres de l’Académie du cinéma, des arts et des sciences, de l’industrie du cinéma et chers invités : c’est l’un des plus beaux moments de ma vie et je veux remercier chacun de ceux qui ont pris part à ma sélection pour l’une de ces récompenses, et pour votre gentillesse. Cela m’a rendue très, très humble. Je le verrai toujours comme un phare m’éclairant dans tout ce que je serai à même d’entreprendre dans l’avenir.

J’espère sincèrement rester à jamais un symbole pour ma race et l’industrie cinématographique. Mon cœur est trop plein pour vous décrire mes sentiments, et je vous dirai simplement : merci et que Dieu vous bénisse."

Un rôle mythique donc, mais aussi controversé. Car pour beaucoup, Autant en emporte le vent fait, notamment à travers ce rôle de servante, l’apologie du système esclavagiste et véhicule des stéréotypes racistes. Certains à l’époque condamnaient le choix de ces Afro-Américains qui acceptaient de camper des rôles stéréotypés pour ensuite obtenir les applaudissements de Hollywood. Hattie McDaniel, avec ses apparitions dans Blonde Vénus et Autant l’emporte le vent, avait ainsi été accusée de se plier à cette logique.

Il y a quelques mois, à la suite des violentes manifestations à Charlottesville et à la demande d’associations de lutte contre le racisme, ce film aux huit Oscars a été pour la première fois déprogrammé du Memphis Orpheum Theatre, dans le Tennessee, qui le diffusait depuis trente-quatre ans.

Publicité

Les producteurs Alysia Allen et Aaron Magnani ont compris qu’il était important de revenir sur cette figure essentielle du cinéma américain, qui a écrit malgré elle, une légende fascinante. Si le projet est encore bien mystérieux, The Hollywood Reporter explique que les deux producteurs viennent de récupérer les droits de la biographie de Jill Watts, Hattie McDaniel : Black Ambition, White Hollywood, mais n’ont pas encore trouvé le scénariste qui sera chargé d’adapter le livre à l’écran.

Par Lucille Bion, publié le 11/01/2018

Copié

Pour vous :