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Shining : les affiches refusées par Stanley Kubrick

Pour son film Shining, Stanley Kubrick a fait appel au célèbre Saul Bass pour l'affiche. Internet a retrouvé les brouillons refusés par le cinéaste.

1980. Cette année-là voit le retour de Stanley Kubrick au grand écran pour adapter Shining, l'enfant lumière, un roman d'un écrivain encore jeune : Stephen King. Avec 22 millions de dollars de budget, le maître signe l'un de ses chefs-d'œuvre (un de plus) et conte le récit d'une abyssale descente aux enfers entre désintégration familiale, plongée dans l'alcoolisme et terreur psychologique. Brrr.

Pour la promotion de son film, fidèle à sa réputation de maniaque du contrôle, le cinéaste de Docteur Folamour a lui-même choisi celui qui offrirait l'affiche adéquate pour retranscrire l'angoisse qui règne à l'Overlook Hotel. Il contacte Saul Bass, célèbre dans le monde entier pour les visuels et génériques qu'il a réalisés pour Hitchcock (Sueurs Froides, Psychose...), Otto Preminger (L'Homme au Bras d'Or...) ou encore... Kubrick lui-même, lors de son Spartacus, en 1960.

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Aujourd'hui, on parie que si vous pensez à Shining, c'est cette image qui vous vient automatiquement à l'esprit. Or l'affiche originale, dessinée par Saul Bass, s'inscrit dans la lignée des illustrations pour Orange Mécanique ou bien Barry Lyndon. Pointilliste, minimal, design. Less is more.

La terreur en version extra-large, par Saul Bass, pour Kubrick

La terreur en version extra-large, par Saul Bass, pour Kubrick

Mais s'il n'avait fallu qu'un essai pour convaincre Kubrick, ç'aurait été trop beau. Pour illustrer son film d'épouvante, il reçoit plusieurs projets envoyés par l'artiste, dénichés par Open Culture. Ces cinq brouillons, rejetés par le réalisateur, ont la particularité d'être annotés selon les critiques qu'il avait à formuler.

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Loin du cinéaste froid et distancé qu'on dépeint souvent, Kubrick apparaît alors comme étonnamment concerné par le public et l'accueil qu'il fera à son film. N'empêche qu'il reste fidèle à lui-même à sa manière : ses remarques ne laissent la place à aucun doute. Quand Stanley n'aime pas, il n'aime vraiment pas.

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"La main et le vélo sont hors sujet. Le titre n'est pas bien et trop petit. On dirait que l'encre ne s'est pas imprimée là où se projette la lumière"

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"On dirait un film de science-fiction. [sous le titre] C'est difficile à lire, même à cette taille"

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"Les personnages et le labyrinthe mettent trop l'accent sur le labyrinthe. Je ne pense pas que nous devrions nous servir du labyrinthe pour les affiches"

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"Labyrinthe trop abstrait, trop l'accent sur le labyrinthe"

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"Je n'aime pas cet artwork. L'hôtel est curieux. L'atwork est trop étalé, aussi. Trop tentaculaire, pas assez compact. [puis sous le titre] Je n'aime pas les pointillés pour le logo. Ça ne rendra pas bien en petit format. Même une taille au-dessus, c'est difficile à lire"

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Par Théo Chapuis, publié le 07/08/2014