Affaire Deadmau5 : Disney, tu n'as pas inventé la souris

Disney, vouloir écraser une souris plus petite que toi, n'as-tu pas honte ? Premièrement, la souris ne t'est pas exclusive, deuxièmement, la bataille que tu mènes (à tort) contre le Deadmau5 commence à tourner à ton désavantage. Et enfin, le DJ a récemment su te contrer.

Quand Goliath décide de s'attaquer à David, les spectateurs du combat ont tendance à se ranger du côté du plus faible. C'est le cas pour l'affaire qui oppose Disney à Deadmau5 même si, au-delà du rapport de force déséquilibré, plusieurs arguments plaident en faveur du DJ.

En avril dernier, Disney a attaqué en justice Deadmau5. La firme aux grandes oreilles ne veut pas que l'artiste canadien dépose sa marque. La raison : le logo du DJ ressemble beaucoup trop à Mickey Mouse. Selon l'avocate du musicien, la firme américaine a carrément concocté un document de 171 pages, rien que pour expliquer son opposition au dépôt légal du logo. Eh oui, pas touche à la petite souris de la grande et richissime société, que ce soit de près, ou de loin.

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Et là, c'est vraiment de très loin, voire même de nulle part, que Deadmau5 effleure l'univers Disney. Il a osé construire son image autour de ça (attention à ne pas se tromper tant la ressemblance est forte, il s'agit du logo de gauche) :

deadmau5-disney

Honnêtement... Oui, il y a deux grandes oreilles, mais elles sont beaucoup plus imposantes que celles de Mickey. Oui, il y a un grand sourire, mais il est beaucoup plus prononcé que celui de Mickey. Oui, il y a deux grands yeux, mais ils sont beaucoup plus ouverts que ceux de Mickey. Tout ça pour dire que des similitudes, on peut toujours en trouver, aussi facilement que l'on peut relever des disparités.

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À ce sujet, Deadmau5 réagissait sur Twitter :

Disney pense qu'on peut confondre un musicien électro avec une souris de dessin-animé. Ils vous prennent vraiment pour des idiots.

Cela fait un an que le logo – la mau5head – de Joel Zimmerman est déposé aux États-Unis et dans 30 autres pays à travers le monde. Encore mieux, depuis le début des années 2000, soit le début de sa carrière, Deadmau5 arbore un casque aux grandes oreilles lors de ses sorties live. Un costume en accord avec son nom de DJ, qui signifie une "souris morte" (Deadmau5, soit "dead mouse").

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deadmau5

Deadmau5 et son casque qui ressemble étrangement à... À qui déjà ?

Mais Disney, qui n'agit qu'aujourd'hui (un peu tard non ?), ne l'entend pas de cette oreille. La société souhaite désormais interdire au DJ d'utiliser cette image sur le territoire américain. Et l'affaire se réglera visiblement devant les tribunaux. En attendant un éventuel procès, c'est sur le terrain des réseaux sociaux que la bataille fait rage.

Deadmau5 réplique habilement

Aujourd'hui, un nouveau rebondissement vient mettre du piment à cette affaire qui dure depuis un petit moment. Le DJ ne se laisse pas faire, et renvoie la balle à Disney. Un revers long de ligne, qui déstabilise son adversaire pourtant monté au filet. Un point brillamment marqué avec ce tweet :

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Deadmau5 reproche à la société d'avoir utilisé son titre "Ghosts 'n' Stuff" dans la vidéo qu'il met en lien. Un document dans lequel on suit les aventures de Mickey Mouse dans un château hanté, sur un fond sonore produit par le DJ canadien. Problème : Disney n'a jamais demandé d'autorisation à Deadmau5, ne l'a jamais prévenu, et ne lui a jamais versé de royalties.

Facile, d'écraser plus petit que soi. Mais une fois pris la main dans le sac, Disney a retiré la vidéo publiée sur son site. Heureusement que les plateformes de streaming existent :

Le DJ, appuyé par son avocate, riposte, n'hésitant pas à provoquer la firme avec un petit "have a magical fucking day" :

Mickey, tu es passé du côté obscur

Pas sûr que Disney apprécie, lui qui est tant habitué à tout écraser sur son chemin. Souviens-toi, Disney, lorsque tu as racheté les droits de LucasFilm contre un gros chèque de quatre milliards de dollars, pour "relancer" Star Wars.

Ou plutôt, souviens-toi lorsque suite à ce rachat, tu t'es empressé de fermer – détruire, sabrer, tuer – LucasArts en 2013, mythique studio de développement fondé en 1982, qui a marqué l'histoire du jeu vidéo, laissant ses quelque 150 employés sur le carreau, licenciés sans pitié.

Tout ça pour réduire à minima le développement interne, de façon à faire encore et toujours plus de chiffre en te focalisant sur l'exploitation des licences que tu revends à des éditeurs tiers. Mickey, tu es passé du côté obscur de la force, dévoilant un peu plus ton vrai visage. Un visage qui ne ressemble, ni de près ni de loin, à celui de Deadmau5.

Par Rachid Majdoub, publié le 09/09/2014

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