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L'actrice Golshifteh Farahani mise à nu par le magazine Egoïste

Publié le

par Aline Cantos

La subversive actrice Golshifteh Farahani fait la Une du magazine français Egoïste après avoir été bannie de son pays d'origine.

L'Iranienne qui a conquis Hollywood a élu domicile en France. La compagne de l'acteur Louis Garrel vante les libertés du pays en posant nue pour le dernier numéro du magazine Egoïste. Connue en Iran depuis bien longtemps pour ses talents, elle débarque dans une production américaine dès 2008.

Aux côtés de Leonardo DiCaprio, elle crève l'écran dans le film Mensonges d'État, réalisé par Ridley Scott. Ce sera le début de sa carrière internationale et la fin de ses liens avec son pays d'origine. Refusant de porter le voile lors de l'avant-première du film à New York, l'actrice s'attire les foudres de l'Iran. Passeport confisqué, interdiction de territoire, de tournage sur les terres persanes, tous les moyens sont bons pour tenir Golshifteh Farahani loin du pays.

Dès 2012, la jeune actrice prend le parti de déroger aux règles de sa contrée d'origine. Aux côtés de ses concurrents au titre de meilleur espoir des Césars, Golshifteh Farahani se dénude dans une vidéo intitulée "Corps et Âmes". Elle choisit d'y montrer son sein droit mais la réaction de l'Iran ne se fait pas attendre. Sommée de ne jamais remettre les pieds dans son pays, l'actrice a piqué au vif les autorités persanes.

Elle renouvelle le scandale en posant quelques années plus tard pour la revue Egoïste. Totalement nue, elle fait la couverture et livre ses ressentis quant à la politique de son pays. Elle y clame sa liberté et son attachement à la France.

Golshifteh Farahani, <em>Egoïste</em>

Une condition de la femme déplorable

Selon elle, Paris serait "le seul endroit de la planète où les femmes ne se sentent pas coupables". Elle y compare ses terres d'origine en affirmant "en Orient, tu l'es tout le temps. Dès l'instant où tu ressens tes premières pulsions sexuelles". L'actrice dénonce l'oppression dont son victime les femmes. Soumises au port du voile et à l'autorité masculine, les Iraniennes sont encore bien loin d'avoir fait valoir leurs droits.

Le président Iranien lui-même a avoué en 2014 un bon nombre "d'insuffisances dans les droits des femmes" dans son pays. La loi islamique chiite est encore en vigueur dans ce pays, bridant les femmes dans leurs vies personnelles comme professionnelles. Le cas de Golshifteh Farahani n'est pas isolé. L'actrice Leila Hatamai, d'origine Iranienne, a elle aussi fait scandale auprès des autorités de son pays en faisant la bise à l'essayiste et réalisateur Gilles Jacob lors du Festival de Cannes de 2014.

Pendant ce temps, à l'intérieur des frontières iraniennes, des femmes sont encore brûlées à l'acide quand elles sont "mal voilées" et la censure fait rage sur internet. Le droit des femmes est une thématique encore taboue qui n'a pas sa place dans les débats nationaux et internationaux selon les autorités. Les positions radicales du pays empêchent les femmes de vivre de façon normale.

Bien loin de toutes les préoccupations de droits de l'Homme, le pays est d'ailleurs toujours dans les bons derniers du classement Reporters Sans Frontières concernant la liberté de presse. 174e sur un classement de 179 pays, l'Iran est toujours un territoire hostile pour les femmes comme pour la presse.

"La France m'a libérée" affirme ainsi Golshifteh Farahani à Egoïste. Délivrée de la pression imposée par les traditions et lois de son pays, l'actrice semble plus épanouie que jamais en France. Symbole de liberté pour certaines, elle demeure tout de même celui de "la face cachée et dégoutante du cinéma" aux yeux des dirigeants d'Iran.

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