Accusé de harcèlement sexuel par Adèle Haenel, Christophe Ruggia vient d'être interpellé

Le prédateur sexuel présumé, épinglé par de nombreux témoignages, a été placé en garde à vue ce mardi afin d'être entendu.

Début novembre, Adèle Haenel accusait le réalisateur Christophe Ruggia d'"harcèlement sexuel permanent" et d'"attouchements sur les cuisses et le torse". Une longue enquête de Mediapart racontait comment l’actrice était sous son emprise, de ses 12 à ses 15 ans, après le tournage des Diables, sorti en 2002.

À la suite de son témoignage glaçant, la comédienne a reçu un soutien international de la part d’actrices comme Marion Cotillard ou Kristen Stewart et d’institutions cinématographiques. Se sentant victime de "pédophilie", Adèle Haenel a finalement décidé de porter plainte le 26 novembre dernier, "considérant qu’il est de sa responsabilité de justiciable comme de personnalité publique d’y prendre part, au regard de la gravité des faits dénoncés et des conséquences pour chacun", expliquaient ses avocats Me Anouck Michelin et Me Yann Le Bras.

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Selon les informations de LCI, le réalisateur de 55 ans aurait été placé en garde à vue ce mardi matin. À la suite de la prise de parole de l’actrice, le réalisateur a écrit un droit de réponse à Mediapart, texte dans lequel il nie toutes les accusations mais implore le pardon :

"J’ai sans doute été le premier admirateur d’Adèle Haenel et convaincu, malgré les difficultés qu’elle rencontrait, qu’elle était à l’aube d’une immense carrière. Je n’ai jamais eu à son égard, je le redis, les gestes physiques et le comportement de harcèlement sexuel dont elle m’accuse, mais j’ai commis l’erreur de jouer les pygmalions avec les malentendus et les entraves qu’une telle posture suscite. Emprise du metteur en scène à l’égard de l’actrice qu’il avait dirigé et avec laquelle il rêvait de tourner à nouveau.

À l’époque, je n’avais pas vu que mon adulation et les espoirs que je plaçais en elle avaient pu lui apparaître, compte tenu de son jeune âge, comme pénibles à certains moments. Si c’est le cas et si elle le peut je lui demande de me pardonner.

J’ai bien conscience du peu de poids que mes propos vont avoir. Votre journaliste a mené une enquête et même si aucune des personnes entendues n’a fait état du moindre geste déplacé de ma part, l’étroitesse de la relation que j’entretenais avec cette adolescente suffit à m’accabler. Mon exclusion sociale est en cours et je ne peux rien faire pour y échapper."

Par Lucille Bion, publié le 14/01/2020

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