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7 choses que vous ne saviez pas sur Seven de David Fincher

Publié le

par Louis Lepron

(© New Line Cinema))

Seven a 25 ans. À cette occasion, on vous révèle sept choses que vous ne saviez (peut-être) pas sur ce film culte.

Un tuba dans des spaghettis, 15 000 dollars de livres ou la tête de Gwyneth Paltrow : voici sept anecdotes pour célébrer l’anniversaire du film de David Fincher.

1. Le premier corps

Vous vous souvenez sûrement du premier meurtre de Seven. C’est un lundi. Aux côtés d’un Morgan Freeman en fin de carrière et de la nouvelle recrue Brad Pitt, la caméra s’introduit dans une lugubre demeure alors qu’une pluie battante presse les deux agents.

Le duo de flics trouve, à table, la tête dans ses spaghettis, la première victime de Kevin Spacey. Aucun mannequin n’a été utilisé pour cette scène. Il s’agit bien d’un acteur, Bob Mack, qui a physiquement la tête dans un plat et qui respire grâce à un système façon tuba qu’il porte à même le visage.

Première victime du tueur en série John Doe (Capture d’écran de<em> Seven, C</em>rédit Image : New Line Cinema)

Dans la scène suivante, celle avec le médecin légiste, Bob Mack n’est plus de la partie, remplacé par un faux. Mais, petit détail, son acolyte a la particularité d’avoir un pénis imposant. Un choix intentionnel de David Fincher : Bob Mack ayant dû passer par dix heures de maquillage pour un passage de 30 secondes à l’écran, le réalisateur avait décidé de lui donner "au moins une grosse b***".

2. Des vrais sons de rue

Si David Fincher est connu pour une chose, c’est pour son exigence. Pour recréer les sons dans les rues (ici pluvieuses) de Los Angeles, le cinéaste a embauché des acteurs. Leur job ? Simuler des discussions de couples, des éboueurs qui travaillent ou des conducteurs qui s’engueulent. Enregistrés en studio puis étouffés, ces sons ont ensuite été joués au cours du tournage des scènes du film. L’idée : gagner en authenticité.

3. Vrais livres, fausse bibliothèque

Dans cette perspective-là, pas étonnant que David Fincher ait décidé de mettre 15 000 dollars dans la création des livres de John Doe, le tueur en série incarné par Kevin Spacey. Deux mois de travail ont donc été nécessaires à la production pour les constituer afin, là aussi, de rendre plus authentique l’histoire.

Aussi, la scène de la bibliothèque, lorsque l’agent William Somerset s’y rend, n’aurait pas vu le jour sans un travail monstrueux de l’équipe du film. À l’origine, le lieu était le bâtiment d’une ancienne banque. L’intérieur a du être reconstruit pour être transformé en une bibliothèque cosy et bordée de milliers de livres. Pour ce faire, 5 000 ont été loués et de nombreuses pièces ont été peintes afin de ressembler à des rayons de bouquins, chacun avec un titre. On n’arrête jamais l’exigence, surtout celle de David Fincher.

4. Une introduction novatrice

Si 15 000 dollars ont été mis dans les livres de John Doe, un traitement spécial a aussi été apporté à la séquence d'introduction de Seven. On le sait, David Fincher a toujours apporter un soin particulier à peaufiner ses débuts cinématographiques, du plan séquence génial de Fight Club au générique pétrolier de Millénium :

La séquence introductive de Seven aurait dû être une scène tournée dans les wagons Amtrak – du nom d’une entreprise ferroviaire américaine – avec l’agent Somerset. L'idée étant trop coûteuse, Fincher a décidé d’appeler en renfort Findlay Bunting afin de signifier aux spectateurs que quelqu’un était en train de faire quelque chose "de foutrement bizarre". Cela a coûté 50 000 dollars et été élaboré en s’aidant des livres de John Doe.

Une fois le shooting réalisé, le graphiste Kyle Cooper a et une idée : rayer le film à l’aide d’un hameçon et d’une lame de rasoir. Cela a ainsi donné l’un des génériques les plus glauques des années 1990 qui a, évidemment, influencé nombre de génériques, comme celui d’American Horror Story pour n’en citer qu’un :

5. Brad Pitt a failli ne jamais voir le jour

Dans les premières minutes de Seven, David Fincher dépeint un jeune inspecteur David Mills (Brad Pitt) à l’opposé de l’inspecteur William Somerset (Morgan Freeman). Si le début du film voit Somerset partir de chez lui avec une droiture et une rigueur de professionnel, Brad Pitt se réveille avec du bruit aux fenêtres, une chemise pas repassée. Quelques minutes plus tard, on le voit attendre sous la pluie son collègue avec un café (refusé) dans chacune de ses mains et n’arrêtant jamais de parler. Bref, un flic qui débarque, confiant mais vite recadré.

Pourtant, à l’origine, c’était à Denzel Washington qu’était destiné le rôle de l’inspecteur Mills. D’après David Fincher, cette version du script aurait alors donné un film d’action classique, un buddy movie entre flics. Pas le thriller culte qu’est devenu au fil des années Seven, qui aura rapporté dix fois son budget lors de son exploitation en salles (327 millions de dollars de recettes pour 33 millions de dollars de budget).

Et Brad Pitt n’aurait pas eu l’occasion de mal prononcer le mot "Sade" au cours d’une scène (il a pensé à la chanteuse plutôt qu’au Marquis), faisant beaucoup rire Morgan Freeman. Par la suite, le jeune acteur avait tout fait pour défendre ce défaut de prononciation. Son idée : souligner que le savoir de son personnage se limitait à… la pop culture. Bien vu.

6. La fameuse tête

On ne peut penser à Seven sans penser à la fameuse boîte. Un peu comme American History X sans son trottoir ou Trainspotting sans héroïne. Des années après la sortie du film, David Fincher a raconté s’être fait engueuler par une femme.

Cette dernière lui reprochait d’avoir montré à la fin du film la tête décapitée de Tracy, la femme de Brad Pitt, jouée par Gwyneth Paltrow. Comme vous le savez, aucun plan ne la montre, cette accusation infondée montrant bien le pouvoir de suggestion de la séquence.

D’ailleurs, cette fin mortifère a failli ne jamais voir le jour. Les premières révisions du script original ont incarné tout ce dont avait peur David Fincher : une fin heureuse. Soit Mills qui va secourir sa femme des mains de John Doe. Une solution approuvée par New Line Cinema mais refusée par le cinéaste.

Les studios n’appréciaient guère que la tête d’une femme enceinte puisse atterrir dans une boîte. Ils avaient même demandé à ce qu’elle soit remplacée par la tête du chien du détective Mills. Avec l’appui de Freeman et de Pitt, David Fincher réussit, à nouveau, son coup, bien décidé à ne pas revivre l’enfer qu’il avait traversé lors de la production d’Alien 3 sous l’égide de la Fox.

7. L’acteur Leland, jusqu’au bout

C’est l’un des derniers meurtres. Les inspecteurs Mills et Somerset se retrouvent à débouler les escaliers d’une boîte de prostituées. Sur la porte de la chambre, un mot : "Lust" ("luxure"). Sur le lit, un homme, Ansel Roth, particulièrement effrayé. Il vient d’être forcé à tuer une fille de joie.

La luxure, c’est mal (Capture d’écran de <em>Seven</em>, Crédit Image : New Line Cinema)

Cet homme, c’est l’acteur Leland Orser. Pour préparer son rôle, il est resté toute la nuit éveillé afin de paraître le plus bouleversé possible, buvant beaucoup de café, fumant comme un pompier des Marlboro. Le problème, c’est que le jour programmé du tournage, il apprend que la scène est reportée au lendemain. Il reste alors une autre nuit, seul, à attendre, à fumer et boire des cafés.

Le jour du tournage, dont une partie se déroule dans une salle d’interrogatoire, il avait développé une technique : entre les prises, il se forçait à respirer rapidement afin d’hyperventiler. Comme il le précise sur Reddit :

"J’ai fait près de 40 prises de la scène de l’interrogatoire. Et j’ai perdu conscience au cours de l’une d’elles, à cause de son intensité. Morgan Freeman a été un incroyable partenaire, il m’a dirigé de manière calme afin que je puisse trouver le bon moment pour le regarder dans les yeux."

La fameuse scène de l’interrogatoire (Capture d’écran de <em>Seven</em>, Crédit Image : New Line Cinema)

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