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Il n'était pas que James Bond : voilà 5 rôles moins connus mais dingues de Sean Connery

Publié le

par Arthur Cios

Sean Connery nous a offert de sacrées performances que vous ne connaissez peut-être pas.

L’immense acteur britannique Sir Sean Connery nous a quittés ce samedi 31 octobre à l’âge de 90 ans. Connu pour avoir été le tout premier 007 de l’histoire du cinéma, il a aussi eu son lot de grands rôles, que ce soit dans Indiana Jones et la Dernière Croisade, où il joue le père d’Indy, mais aussi dans Les Incorruptibles de Brian De Palma, pour lequel il a eu l’Oscar du Meilleur acteur dans un second rôle, Highlander, Le Nom de la rose ou même le très bon Rock de Michael Bay.

Seulement, voilà : Connery, c’était aussi une pléthore de films moins connus, mais tout aussi intéressants. Nous aurions pu en choisir dix et vous parler de braquages de train, de roi médiéval, de dystopie, de romance ou même de farfadets, mais voilà notre sélection. Voici cinq films cultes et pas assez reconnus à notre goût.

Pas de printemps pour Marnie (1964)

Pas de printemps pour Marnie est le seul film de Sean Connery avec Alfred Hitchcock. Le réalisateur est alors au top de sa renommée avec les succès de La Mort aux trousses, Psychose et Les Oiseaux. Marnie est son film le plus dur et le plus humainement compliqué, celui qui marque la fin d’une ère dans sa carrière. On y suit les tourments de Marnie, une jeune femme kleptomane, spécialiste du mensonge et de l’escamotage, alors qu’elle entame sa psychanalyse.

Joué par la surprenante Tippi Hedren, ce personnage est le plus complexe qu’Hitchcock ait pu diriger, entre fétichisme sexuel et labyrinthe psychologique. Sean Connery y joue Mark, son mari machiste, coincé dans une attraction quasi morbide pour les troubles de sa femme. De nombreuses scènes entre eux sont totalement suffocantes, à la limite du supportable.

Hitchcock a fait exprès de choisir Sean pour jouer ce rôle charismatique et physique à la James Bond, sans cesse mis à mal par la fatalité excessive de la femme blonde. Hitchcock a pris un plaisir malsain à mettre James Bond à genoux, tout en décortiquant son obsession maladive pour son actrice fétiche, Tippi Hedren. Marnie est un film unique qu’on ne verrait plus aujourd’hui. 

The Offence (1973)

Le film maudit de la belle et grande filmographie de Sean, et pourtant, l’un des films pour lesquels il s’est le plus battu. Il a négocié un retour furtif dans le rôle de James Bond dans Les diamants sont éternels contre le financement de deux de ses projets, dont The Offence. Sauf que le film était tellement sombre qu’il a été volontairement très mal distribué, histoire de ne pas ternir l’image de l’acteur britannique. À titre d’exemple, il n’est pas sorti en France avant 2007…

Il faut dire que Connery y incarne le sergent Johnson, un flic désabusé, violent, qui ne supporte plus que les criminels lui glissent entre les doigts. Alors qu’il pense avoir trouvé le coupable de plusieurs viols d’enfants, ce dernier le tabasse en interrogatoire (et le tue). Le tout avant un final à glacer le sang. Le film donne une drôle d’impression, le rythme des deux derniers tiers semblant calqué sur la pièce de théâtre à l’origine du long-métrage – avec de longs dialogues et beaucoup d’enjeux. 

La mise en scène de Sidney Lumet (Douze Hommes en colère, Serpico, Un après-midi de chien), avec qui Connery a beaucoup collaboré (La Colline des hommes perdus, Le Dossier Anderson puis Le Crime de l’Orient-Express et enfin Family Business), l’unique BO du grand Harrison Birtwistle, et surtout un Sean Connery comme on n’en reverra jamais… C’est simple, tout est rare et mythique dans ce long-métrage sombre.

Zardoz (1974)

Tout est culte dans ce film signé John Boorman, réalisateur de Délivrance, Point Blank et Excalibur. Visuellement, déjà, avec ces costumes qui donnent une allure folle à Sean Connery, en slip de cuir rouge, cuissardes, queue-de-cheval et moustache. Surtout, Zardoz est un voyage atypique dans la science-fiction des années 1970, où le manque de moyens se confrontait aux ambitions narratives démesurées de cette époque psychédélique.

Dans un futur lointain, Sean Connery joue Zed, une "Brute" née pour tuer qui s’infiltre dans la communauté des "Éternels", des demi-dieux qui s’ennuient profondément dans leur immortalité. Avec cette fable proche de la tragédie grecque (esthétique reprise par les grosses têtes en pierre volantes), Zardoz offre de nombreuses réflexions sur la vie avec une touche de kitsch non négligeable et une violence prépondérante dans l’œuvre de Boorman. Sean Connery comme vous ne l’avez jamais vu. Un ovni iconique avec une fin que vous n’oublierez jamais.

Outland (1981)

Pas le film le plus apprécié de l’acteur, et c’est bien dommage. Car ce western SF souffre peut-être de défauts ici et là, mais la proposition est fortiche. Déjà, envoyer Sean Connery sur Jupiter, ça nous suffit. Mais s’inspirer autant du scénario du culte Le train sifflera trois fois en le transposant dans l’espace, c’est surpuissant. Ajoutez à ça les partitions du grand Jerry Goldsmith, et banco !

Connery y joue un marshal fédéral qui enquête, sur une des lunes de Jupiter, sur deux décès qui l’amèneront à déceler un trafic de drogues – oui, un trafic sur Jupiter. Malgré un tournage complexe à base de week-ends loin de l’Angleterre, où se tournait le film, pour éviter de payer des impôts supplémentaires et l’arrivée de la technique "Introvision", Outland est une pépite à l’arrière-goût poussiéreux de SF des années 1980 qu’on aime tant.

À la rencontre de Forrester (2003)

Avec ce film, Gus Van Sant propose une relecture modernisée et urbaine de son classique Will Hunting. Mais il change complètement le rôle du mentor, avec cette fois-ci Sean Connery en auteur acariâtre et confiné bien avant le coronavirus. Jamal est un jeune tiraillé entre son quotidien dangereux du Bronx et son intégration difficile dans une école prestigieuse, dont il fait partie grâce à son très bon niveau au basket. Pourtant, Jamal écrit. Et il écrit bien.

À la suite d’un pari débile, il s’introduit dans le domicile de William Forrester (Sean Connery), qui s’avère être un auteur incroyable ayant obtenu le prix Pulitzer pour son premier roman avant de disparaître de la circulation. Suite à cette effraction, les deux vont devenir amis et William va donner des conseils à Jamal pour développer son écriture.

Jouant autant des clichés qu’il s’en rapproche parfois, Gus Van Sant offre surtout un rôle sur-mesure à Sean Connery, dans la lignée de ce qu’il aura joué dans sa deuxième partie de carrière : un modèle bourru et taciturne qui met du temps à dévoiler sa vraie nature, comme dans Indiana Jones et la Dernière Croisade, Haute Voltige, Medicine Man ou même Les Incorruptibles.

Un rôle qui le portera jusqu’à son dernier film en 2003, La Ligue des gentlemen extraordinaires. Une fin en demi-teinte. À la rencontre de Forrester et sa conclusion illustrent davantage le charme précis et intemporel de tout ce que Sean Connery apportait au cinéma. Et à nos vies.

Article écrit par Aurélien Chapuis et Arthur Cios.

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